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31 août 2021 2 31 /08 /août /2021 13:42

Comme chacun sait, la taxe d'habitation va complètement disparaître cette année. Sauf pour les résidences secondaires. L'État a ainsi réduit les capacités de financement et de gestion des communes : bien sûr, l'absence de taxe d'habitation va être compensée par un versement supposé équivalent de Bercy vers les communes. Mais les vieux routiers des collectivités locales savent bien que ces versements ont tendance à se réduire année après année.

 

Ainsi cette mesure qu'on peut considérer comme démagogique puisqu'elle soulage les ménages d'un impôt direct, aura surtout comme effet de réduire l'indépendance des communes et leur capacité de gérer leurs investissements et leurs services. Il s'agit clairement d'une mesure où l'Etat centralise encore plus.

 

Heureusement 1130 communes (sur un total de 33 000 – autant que l'ensemble de tous les autres pays d'Europe) qui sont considérées comme zones de tension immobilière, peuvent recourir à une majoration de la taxe d'habitation pour les résidences dites intermittentes (c'est-à-dire secondaires pour le commun des mortels). Cette majoration de 60% maximum fixée par la loi a fait place à une majoration de 20%. Initialement la majoration de 20% était supposée inciter les propriétaires de ces résidences soit à les louer soit à les vendre. Selon la coutume, aucune étude d'impact n'a été faite et les financiers des collectivités et de l'Etat, ont été surpris de découvrir que le retour de cette mesure a été de 0,01%. 

 

La loi va maintenant durcir la situation avec une majoration de 60%. Ce qui dans une grande ville comme Lyon va conduire à une surcoût de 210 € en moyenne pour les propriétaires concernés. De l'aveu même de l'adjointe lyonnaise aux finances citée par Les Echos, si cette mesure n'a pas d'effet sur la libération de nouveaux logements, cela rapportera au moins 3 millions d'€ aux finances de Lyon. En effet, elle sait sans doute pertinemment que 210€ de plus par an n'aura aucune incidence sur la libération de nouveaux appartements.

 

La boucle est ainsi bouclée : cette majoration démagogique sous le contrôle de certaines municipalités (1130 sur 33000) va leur permettre d'améliorer leurs finances sans pour autant réduire la tension immobilière. Contrairement à ce qu'annoncent les maires qui majorent la taxe d'habitation des résidences intermittentes, cela ne va pas améliorer la situation du logement dans leur ville.    

 

En fait, on peut s'interroger sur la réalité du manque de logement dans les grandes villes évoqué par de nombreux acteurs. Cette question ne traite-t'elle qu'un facteur parmi d'autres qui interagissent tous dans la vie des grandes villes ? Ces autres facteurs comprennent notamment l'emplacement des entreprises, des bureaux et des usines – les sites d'emploi, les zones et centres commerciaux – les sites d'achat, les secteurs de loisir et d'événements culturels et enfin ce qui relie tous ces facteurs c'est-à dire les transports en commun et la facilité de circulation des transports individuels. Un seul concept devrait les regrouper tous : l'urbanisme.

 

 

 

 

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30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 21:34

Trois jours de visite à Copenhague il y a quelque temps m’ont convaincu que cette métropole est un paradis pour les cyclistes. L’aménagement des rues, des avenues et des croisements parait optimisé pour les cyclistes. Les trottoirs sont devenus étroits pour les piétons et ceux-ci doivent faire attention à ne pas empiéter sur les pistes cyclables.

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 43% des trajets domicile-travail et domicile-école sont faits en vélo, 25% en voiture, 25% en transports en commun et seulement 6% à pied. L’objectif pour 2025 est de faire progresser les déplacements en vélo jusqu’à 50%. La ville ambitionne de devenir la meilleure cité pour les déplacements en vélo.

 


Il est certain que des conditions favorables étaient présentes quand la ville a décidé dans les années 60 de mettre tout en oeuvre pour faciliter l’usage des vélos : la plupart des rues sont nettement plus larges que ce que nous connaissons en France et la Copenhague est en grande partie plate avec seulement quelques zones modérément élevées. Une voirie large a permis d’aménager une grande majorité des rues avec la partie centrale pour la circulation des véhicules, et de chaque côté: un emplacement pour garer les véhicules, une piste cyclable large souvent d’environ 1,50 m et enfin le trottoir sans différence de niveau avec la piste.

Les croisements de rues sont soignés avec le parcours des vélos représenté par des bandes bleues

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9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 21:46

Alors qu'un grand débat a été mené sur le plan national où tous pouvaient contribuer, un autre débat a cours avec les partenaires sociaux sous la houlette d'un haut-commissaire. Et pourtant ce débat concerne tout le monde et on peut s'interroger sur la légitimité de ces partenaires sur cette question : il s'agit de réformer une fois de plus notre système de retraite en perdition.

 

Ce système a été institué en 1945 alors qu'à l'époque, les personnes en activité qui arrivaient en fin de carrière n'avaient pas de retraite. La solution trouvée est bien simple : ce sont les cotisations réglées par les personnes en activité qui allaient financer les retraites des personnes âgées. A ce moment là, le rapport entre le nombre de personnes en activité et le nombre de personnes retraitées était de l'ordre de 5/1. La durée de vie moyenne ne dépassait pas 62 ans, on partait à la retraite à 65 ans et on commençait à travailler tôt, souvent avant 20 ans, une petite proportion de jeunes poursuivant des études supérieures. Donc les cotisations étaient peu élevées et la retraite d'un niveau apprécié.

 

Depuis la création de ce système il y a plus de 70 ans, la situation a complètement changé et un effet de ciseau continu a mis le système en perdition ; de plus, en 1981, une décision politique a été prise à contresens de l'évolution démographique et qui s'avère catastrophique pour la survie du système : l'âge de départ à la retraite a été porté à 60 ans, augmentant d'un coup le montant des retraites à verser et diminuant le montant global des cotisations perçues. C'est un effet de ciseau brutal qui s'est ajouté à l'évolution continue de la démographie et de la baisse de la durée de la vie active.

Année après année, la durée de vie moyenne augmente, augmentant le nombre de personnes touchant une retraite et le montant global à verser ; ainsi en 2018, l'espérance de vie moyenne à la naissance est de plus de 82 ans et l'espérance de vie à 65 ans est de plus de 86 ans ! En parallèle, les jeunes poursuivent de plus en plus tard des études supérieures, retardant le moment où ils commencent à travailler et donc à cotiser, ce qui amoindrit la population active.

 

Pour la plupart des pays avancés comme le nôtre, en vue de maintenir un régime de retraite viable et compatible avec la durée de plus en plus longue de la vie après le départ à la retraite, la solution évidente est de reporter au plus vite l'âge de départ à la retraite à 65 ans et par la suite à 67 ans ou même 70 ans. Ceci a en particulier, l'avantage d'avoir un effet structurant immédiat. Cette décision devrait être couplée avec des mesures renforcées pour les personnes ayant eu un métier pénible et/ou une carrière très longue, leur permettant un départ largement prématuré. La peur des politiques de mettre en place une telle mesure est proprement scandaleuse ; elle confirme une absence de courage, de vision et une propension à reporter à plus tard les décisions difficiles.

Cette mesure permettrait de maintenir l'indexation de toutes les retraites au moins sur l'inflation et peut-être même sur l'augmentation moyenne des salaires, sans augmenter les cotisations. La politique actuelle de bloquer les retraites et d'augmenter les cotisations si nécessaire, est récessive – dans le sens où elle diminue la richesse de tout le monde. En fait, elle contribue à la situation de croissance faible à laquelle nous sommes confrontés depuis plusieurs années.

 

Un autre mesure dont l'effet se ferait sentir plus lentement, est de mettre en place de véritables fonds de pension qui prendraient le relais des retraites par répartition lesquelles sont d'un rendement global faible. On constate d'ailleurs que le rendement actuel des retraites par répartition est négatif, puisqu'un montant de cotisation donné conduit à une retraite dont le montant diminue, une fois l'inflation prise en compte. Les fonds déposés pour les retraites par capitalisation bénéficient en fait de la croissance globale de l'économie qui depuis le début de la révolution industrielle, a été plus rapide que l'inflation et donc plus rapide que le potentiel des retraites par répartition. Vous noterez que dans de nombreux pays, les retraites par capitalisation via des fonds de pension ou autres, obtiennent des résultats bien meilleurs que notre système ; la différence est absolument effarante selon la proportion de capitalisation par rapport à la répartition : ainsi les taux de cotisation à la retraite (employé plus employeur) en pourcentage du salaire mensuel moyen sont en Nouvelle-Zélande, aux Pays-Bas, en Allemagne et en France, respectivement 6 %, 12 %, 18 % et 27 %, avec 100% de capitalisation en Nouvelle Zélande et 100% de répartition en France, et un système mixte aux Pays-Bas et en Allemagne. En parallèle, la durée de vie active est de 40 ans en Nouvelle Zélande et 35 ans en France. Au bout, le montant des retraites est similaire dans les deux pays. Et les dépenses de retraite représentent 6 % du PIB en Nouvelle-Zélande et 13 % en France soit une différence de 160 milliards d'euros pour la France (*).

 

Qui a raison ? Que pourrions-nous faire de ces 160 milliards au lieu de les engloutir chaque année dans ce merveilleux système par répartition, modèle dont parait-il nous sommes si fiers mais que personne n'imite ?

 

(*) estimations de Xavier Fontanet, ancien PDG d'Essilor

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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 21:13

L’utilisation d’inventaires de cycle de vie issus de différentes sources de données (Base Impacts, Ecoinvent et jeux de données d’inventaires comme SRP et Recylum-Eco-systèmes-ADEME qui n’étaient pas encore intégrés à la Base Impacts au moment de l’étude) peut conduire à des biais méthodologiques : règles de modélisation différentes (comme le type d’allocation à préférer) et données d’arrière-plan différentes. 

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31 juillet 2018 2 31 /07 /juillet /2018 20:15

Un mois après l'entrée en vigueur du RGPD européen, le Congrès californien a voté à l'unanimité le "California Consumer Privacy Act" immédiatement signé par le gouverneur Jerry Brown. Cette loi deviendra effective le 1er janvier 2020. En fait le congrès était sous la pression d'une résolution plus contraignante qui avait déjà reçue plus de 600 000 signatures et qui risquait d'être soumis au vote des électeurs lors des élections de novembre prochain.

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30 juin 2018 6 30 /06 /juin /2018 20:57

Depuis des mois que les robots, l'intelligence artificielle, les véhicules autonomes, la transition numérique font la une des media, ces derniers ne font que répéter que des milliers d'emplois sont menacés par les changements apportés par ces évolutions techniques.

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29 décembre 2017 5 29 /12 /décembre /2017 22:01

Un récent article de Roger-Pol Droit, philosophe et chroniqueur au Monde des livres, aux Échos, au Point, à Clés, intitulé "Tu as vu ? l'École s'effondre..." sonne l'alarme : les résultats des jeunes Français de CM1 sont en baisse au dernier classement PIRLS (Progress in International Reading Literacy Study) publié le 5 décembre 2017 par l'IEA. Créé en 2001, ce classement évalue tous les 5 ans les compétences en lecture et en compréhension de textes des jeunes de 50 pays.

 

Depuis 2001, le déclin des jeunes Français est régulier ; alors que la plupart des pays présentent des résultats stables ou en amélioration, le score français est en baisse continue depuis 2001 : 525 en 2001, 522 en 2006, 520 en 2011 et 511 en 2016 et la chute s'accélère. En parallèle, ceux qui ont obtenu les meilleurs résultats, la Russie et Singapour ont progressé le premier de 528 à 581 et le second de 528 à 576, entre 2001 et 2016. Sauf exception (notamment la Belgique), les pays d'Europe et d'Amérique du Nord obtiennent des scores réguliers dans la fourchette 537-555, toujours supérieurs à la France, la Finlande se distinguant par des scores supérieurs à 560.

 

Un grand soin parait avoir été apporté à cette étude : pour chaque pays, les échantillons représentatifs ont été d'environ 4 000 élèves de 150 à 200 écoles. Au total, 319 000 élèves, 310 000 parents et 16 000 enseignants ont participé. Au delà de produire la meilleure information possible pour améliorer l'enseignement et l'apprentissage de la lecture, l'objectif de PIRLS est d'aider les jeunes élèves à devenir des lecteurs accomplis.

 

L'IEA ?

 

L'IEA (International Association for the Evaluation of Educational Achievement (*)) est une association de droit belge, dans laquelle coopèrent des instituts de recherche, des ministères de l'éducation, des enseignants et des analystes de plus de 60 pays dont les pays d'Europe, la Russie, les Etats-Unis, le Canada, la Chine, le Japon, Singapour, l'Arabie Saoudite, les pays du Golfe, etc. L'objet de l'IEA est l'étude, la compréhension et l'amélioration de l'éducation dans le monde entier. Depuis 1958, l'IEA conduit à travers le monde, des études comparatives des systèmes scolaires et de la maîtrise des élèves dans les domaines des maths, de sciences, de la lecture, de l'éducation civique, de l'informatique.
Son siège est à Amsterdam et son centre de recherche d'une centaine de spécialistes à Hambourg.

Chaque membre institutionnel est responsable a) du financement des études dans son pays et de la contribution du pays à l'activité de l'IEA et b) de la diffusion des résultats des études auprès des politiques, des chercheurs et des éducateurs.

Le membre pour la France est le ministère de l'éducation nationale. Je remarque que, par exemple, le membre finlandais est le Finnish Institute for Educational Research à l'Université de Jyväskylä et le membre allemand, l'Institut allemand de recherche internationale en éducation.

 

J'observe qu'il n'y aucun Français parmi les experts de l'IEA, les membres du comité permanent, du groupe technique opérationnel et du comité des publications, pas plus que parmi les membres honoraires. Il semble que le ministère considère les enquêtes PISA dont on parle ci-dessous, comme étant une meilleure référence.

Les études de l'IEA visent à évaluer l’acquisition de connaissances fixées par les programmes scolaires, alors que les enquêtes PISA évaluent les compétences ou aptitudes jugées nécessaires pour mener une vie d’adulte autonome. On peut donc considérer que les enquêtes PISA seront plus affectées par l'environnement social des élèves que les études de l'IEA d'où des différences importantes selon l'origine des élèves ...

 

Et les résultats de TIMMS ?

 

En novembre 2016, ont été publiés les résultats d'une autre étude de l'IEA : TIMMS (Trends in Mathematics and Science Study), qui évalue les performances des élèves de 8ème (9-10 ans, "grade 4"), de 4ème (13-14 ans, "grade 8") et de terminale (Advanced) en mathématiques et en sciences, tous les 4 ans depuis 1995.

Il est plus difficile de comparer les résultats entre pays qu'avec PILS, car la participation varie d'une étude à l'autre ; ainsi en 2015, la France a participé à TIMSS grade 4 avec 48 autres pays et à TIMSS Advanced avec 9 autres pays seulement.

Pour TIMSS grade 4, la variabilité des scores est très supérieure à celle observée avec PILS : de 353 (Koweit) à 618 (Singapour). Avec 488, la France est la lanterne rouge des pays européens qui ont en moyenne un score de 526, le score moyen global de TIMMS étant de 500. Les 5 pays d'Asie orientale du classement (Singapour, Hong Kong, Corée du Sud, Taïwan, Japon) se détachent des autres pays par plus de 20 points !

L'an dernier, lors de la publication des résultats, les politiques français se sont rejetés les uns sur les autres la médiocrité de ces résultats, notamment sur ces fameux programmes que l'on refait périodiquement, désorganisant le système.

En fait TIMSS a clairement identifié un problème majeur de l'enseignement des maths à l'École primaire : c'est la façon d'enseigner les maths qui est en cause ; les enseignants français avouent être beaucoup moins à l'aise en maths ou sciences que leurs collègues européens et ceci particulièrement en ce qui concerne la compréhension ou l‘aide à apporter aux élèves.

Ne faudrait-il pas regarder du côté de la formation des maîtres ?

 

Et bonne chance à Cédric Villani et à Charles Torossian, inspecteur général de l'éducation nationale, à qui le ministre Jean-Michel Blanquer a confié le 19 octobre 2017, une mission pour améliorer l'enseignement des maths !

 

Et PISA ?

 

PISA (Programme for International Student Assessment (**)) est une enquête internationale organisée par l'OCDE depuis 2000, tous les 3 ans et dont le but est d'évaluer les systèmes scolaires dans le monde entier en faisant passer des tests de compétences et de connaissances aux élèves de 15 ans. Comme pour la plupart des membres de l'IEA, ce sont les ministères de l'éducation qui prennent en charge les enquêtes de leur pays et contribuent au financement de l'organisation internationale de PISA.

En 2015, le dernier test a été passé par 540 000 élèves de 72 pays (dont 6 000 Français), dans les domaines de la science, des maths, de la lecture, de la capacité à traiter des problèmes en groupe et des connaissances financières.

En maths, les résultats des élèves français sont en baisse depuis le début des enquêtes : 511 en 2000, 495 en 2012, 493 en 2015.

PISA met particulièrement en avant que le système scolaire français est le plus inégalitaire de l'OCDE : ainsi en sciences, 118 points séparent le résultat de l’enfant de milieu favorisé (558) de celui d’origine très modeste (441) dans PISA 2015.

 

PISA, PILS et TIMMS : des résultats similaires

 

Bien que comme on l'a noté plus haut, les enquêtes PISA, PILS et TIMMS ne visent pas à évaluer les mêmes éléments (d'un côté les compétences ou aptitudes jugées nécessaires pour mener une vie d’adulte autonomes, de l'autre les acquis scolaires) elles sont complémentaires en ce qu'elles s'adressent à des élèves d'âges différents (respectivement 15, 10 et 10-14-18 ans), pour l'essentiel dans les mêmes domaines : science, maths et lecture. Le fait que ces études donnent des résultats similaires pour la France ne fait que confirmer la situation médiocre de l'École française.

 

Que faire ?

 

Longtemps les résultats de ces enquêtes n'ont pas vraiment été traités en France. Depuis 5 ans, les media s'en sont emparés, obligeant les politiques à réagir. En parallèle, leur sérieux n'est plus contesté.

 

Il semble que notre nouveau ministre de l'Education Nationale soit conscient de la situation et de l'urgence d'un redressement.

Plusieurs étapes paraissent avoir déjà été franchies comme l'abandon de la méthode globale d'apprentissage de la lecture et le retour à la méthode syllabique ...

La mission de Cédric Villani sur l'apprentissage des maths devrait déboucher sur un plan d'amélioration de la formation des maîtres pour enseigner les maths à l'École primaire.

 

Dans de nombreux pays, il apparait qu'on sait maintenir ou améliorer la qualité globale de l'enseignement, tout en permettant aux élèves en difficulté de progresser. C'était l'objectif du ministre Jean-Pierre Chevènement quand il a fixé l'ambition de porter 80% de chaque classe d'âge au niveau du bac. Cet objectif a été complètement manqué : le niveau du bac a baissé progressivement à un point que ce diplôme n'a plus guère de rapport avec ce qu'il était dans les années 80. Cette constatation ressort notamment de l'étude récente "Crise de l'École française" de l'Institut Diderot.

C'est certainement le facteur structurel qui doit être corrigé avec le plus d'énergie.

 

(*) Association internationale pour l'évaluation des performances scolaires

(**) Programme d'évaluation internationale des élèves

 

 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 21:13

Notre « modèle » d’enseignement supérieur et de recherche est-il le bon ? Ne faudrait-il pas envisager des évolutions ...

 

Un exemple à suivre ?

 

Une université américaine que je connais bien puisque j’en suis diplômé : Northwestern, présente des caractéristiques et des résultats qui montrent une voie à suivre.

 

C’est une université de taille moyenne avec 21 000 étudiants et 3344 enseignants, située à Evanston sur les bords du Lac Michigan, à la lisière de Chicago ; en plein Midwest, au sein de l’Amérique profonde, loin de la Silicon Valley et des universités élitistes de la côte est. Elle a été fondée en 1851. Université privée, elle est financée par les « tuitions » (frais d'inscription) des étudiants eux-mêmes et par les dons des diplômés, de ses partenaires et mécènes. Elle ne dépend pas de l'argent public.

Elle a lancé un nouveau plan stratégique et une campagne de levée de fonds en 2011. L’objectif de levée de fonds de 3,75 milliards $ est déjà atteint à 85 %.

 

Les résultats sont là : en 2017, elle est classée 22ème à Shanghaï et 20ème en ingénierie, soit devant toutes les universités françaises.

 

Un autre exemple : l'université du Wisconsin (UW)

 

Non loin de Chicago, à Madison, capitale de l'Etat du Wisconsin, l'université du Wisconsin est aussi un cas remarquable. Il s'agit d'une université publique, largement financée par l'Etat du Wisconsin mais aussi par des dons comme Northwestern, avec un budget annuel de près de 3 milliards $ dont 1,12 milliards en recherche et développement. La différence notable avec Northwestern est le montant relativement faible des tuitions payés par les étudiants de niveau licence (undergraduates) vivant dans le Wisconsin : $10 500 par an ($32 730 pour les non résidents). Avec 43 500 étudiants et 21 750 enseignants, chercheurs et autres personnels, elle est d'une taille sensiblement plus importante que Northwestern, avec un engagement dans la recherche notable, parmi les 5 premières universités américaines. Elle n'est pas loin dans le classement de Shanghaï, à la 28ème place.

 

Ces deux universités devancent la première université française du classement : UPMC – Pierre et Marie Curie (Paris 6), qui n'est pas trop loin à la 40ème place. Avec 35 600 étudiants et 10 895 enseignants, chercheurs et autres personnels, UPMC est de taille similaire. Elle obtient des résultats remarquables dans de nombreux domaines, ainsi dans le classement thématique 2017 de Shanghaï, elle est 3ème mondiale en mathématiques derrière Princeton et New York University, et 42ème en ingénierie mécanique, devant tous les autres acteurs français notamment le deuxième : Centrale Supélec (52ème).

 

Là où cela fait mal, c'est la différence entre les budgets :

celui d'UPMC est de 507 million € (fonctionnement + investissement en 2015, dernier rapport d'activité publié) comparé aux 3 milliards $ de l'université du Wisconsin soit 14 240 € par étudiant pour UPMC contre $68 965 (81 351 €) pour l'Université du Wisconsin ! Manifestement la différence de moyens entre les deux institutions est tellement énorme qu'on peut considérer qu'elles ne jouent pas dans la même cour.

Et l'origine de la différence se situe surtout dans le financement privé par des dons.

 

Alors qu'on débat chez nous pour savoir si l'ANR - Agence Nationale de la Recherche, va voir son budget augmenté de 10 ou 20% pour mieux financer la recherche des laboratoires universitaires, qu'on multiplie les instituts Carnot pour favoriser les contrats avec les entreprises, c'est de l'impérieuse nécessité d'un changement de culture qu'il s'agit, que les diplômés fiers de leur université se mettent à lui donner régulièrement, dès leur sortie (comme c'est le cas à Oxford par exemple) et que les universitaires s'orientent vers les donateurs au lieu de tirer les sonnettes d'un Etat impécunieux.

 

Mais c'est un sujet qui n'est pratiquement jamais évoqué par les politiques et les media.

 

Seules quelques institutions comme HEC, INSEAD ou Polytechnique lèvent des fonds significatifs qui s'ajoutent d'ailleurs à des budgets ordinaires déjà largement plus élevés que ceux des universités (3 à 4 fois par étudiant), creusant encore plus l'écart de moyens avec elles.

 

 

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 17:26

Depuis des mois, les media répètent en boucle ce que des gurus sans doute bien intentionnés leur ont inculqué : que les produits français ont une image de milieu de gamme, similaire aux produits espagnols alors que les coûts français sont au niveau allemand, alors que les produits allemands ont une image haut de gamme qui justifie sans difficulté des prix plus élevés. Ce positionnement défavorable des produits français serait un élément majeur empêchant la croissance et la baisse durable du chômage. En filigrane, il y a une critique des entrepreneurs français : ces derniers seraient incapables de réaliser et de positionner leurs produits en haut de gamme. Cette vision simpliste semble plaire aux media et peut-être implicitement aux politiques, et on n'entend guère de voix qui la remettent en question.

 

L'étude Made-In-Country 2017 de Statista

 

Une étude annuelle de Statista tend à prouver largement le contraire – Statista fondée en 2007, est un des leaders mondiaux en statistiques et études sur Internet avec plus de 250 experts, statisticiens et analystes. A l'origine de Statista, deux jeunes pousses allemandes situées à Hambourg, qui ont su s'imposer auprès de plate-formes Internet qui reprennent leurs analyses en tant que partenaires : Mashable.com, Business Insider, Wall Street Journal, The Independent et Forbes. On observera la forte présence de partenaires américains, ce qui fait supposer qu'une grande partie de l'activité de Statista provient de l'Amérique du Nord.

 

L'étude réalisée début 2017 auprès de 43 000 consommateurs de 52 pays, correspondant à 90% de la population mondiale, a porté sur les propriétés que ces consommateurs associent aux produits de chacun des pays et sur les réponses à une question plus globale : "Sur de nombreux produits, vous trouvez une indication sur le pays où chaque produit est fabriqué ; quel est votre opinion sur les produits "Made in ...?"

 

Le meilleur score a été obtenu par les produits allemands (100/100), suivis de très près par les produits suisses (98/100), puis par un concept introduit par l'UE et qu'a repris Statista : les produits fabriqués en Europe (92/100). Ensuite : Royaume-Uni (91), Suède (90), Canada (85), Italie (84) et groupés au 8è rang avec le même score : Japon, France et Etats-Unis (81). L'Espagne se trouve au 20ème rang avec un score de 64 derrière la Finlande, la Norvège, les Pays-Bas, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Danemark, l'Autriche, la Belgique et l'Irlande ... mais devant la Corée du Sud et Singapour. Curieusement, la Chine se trouve au 51ème et avant-dernier rang avec un score de 28, derrière le Bangladesh et suivie par l'Iran ! Autre anomalie, Israël est 44 ème (36) au même niveau que l'Inde.

 

Que penser de l'étude de Statista ?

 

On peut se demander – sans mauvaise foi, si Statista étant une société allemande, cela n'explique pas en partie l'excellent score de l'Allemagne ... N'oublions pas l'un des atouts des entreprises allemandes à l'international : elles savent chasser en meute !

Le bon score obtenu par les produits fabriqués en Europe s'explique à mon sens par le poids important de l'Allemagne dans le commerce mondial : les produits allemands sont les plus connus dans le monde entier et leur excellente image s'étend aux autres produits européens, appuyée par la très bonne image d'autres origines comme la Suisse, le Royaume-Uni, la Suède et l'Italie. Et la France n'est pas loin, ce qui au total doit dépasser les 80% du commerce des pays d'Europe avec le reste du monde.

On peut également penser qu'une forte proportion de consommateurs interrogés sont des européens, Statista se gardant bien d'indiquer leur répartition par pays. Il en résulte que les pays européens sont globalement bien classés, parce que leurs produits circulent d'abord au sein de l'Europe et sont mieux connus des Européens que ceux venant du reste du Monde.

On ne peut s'empêcher de juger qu'il y ait un biais négatif dans l'étude à l'égard de certaines origines comme la Chine et Israël. Pourtant la Chine se détache dans l'étude avec une très bonne image de rapport qualité-prix ... Le faible score signifie sans doute qu'à part cet attribut, la Chine ressort avec de faibles scores : malgré le fort courant d'achat de produits chinois dans de nombreux pays comme la France, ils ont probablement de faibles scores sur des propriétés comme le design d'excellence, l'originalité, le symbole de prestige, l'authenticité et la durabilité.

Quant à Israël, il souffre sans doute d'une connotation politique, notamment vis-à-vis des européens, ce qui pénalise l'image de ses produits auprès des consommateurs.

 

Et le Made In France ?

 

D'après l'étude, on voit que la France se détache nettement par rapport à l'Espagne sur le plan de l'image des produits, avec un score nettement supérieur, ce qui contredit les déclarations des media.

Sur le plan des échanges avec l'Espagne, la France est un exportateur net (à hauteur de 1 milliard € en 2015), ce qui démontre que, malgré la faible compétitivité supposée de la France, cette dernière réussit à vendre plus qu'elle n'achète ...

Je suis tenté d'affirmer que les media perdent toute crédibilité, en citant l'Espagne comme un concurrent direct proposant des produits comparables à la France, avec lequel elle serait en position de faiblesse.

Ce qui est certain, c'est que la France est en position de faiblesse avec son premier partenaire commercial : l'Allemagne. Avec un niveau des ventes et des achats entre les deux pays largement supérieur à ce qu'il est avec n'importe quel autre pays : exportations 71,4 Md€, importations 86,7 Md€ en 2015 (nº2 export Etats-Unis 32,6 Md€, nº2 import Chine 46,8 Md€), le solde est négatif à hauteur de 15,3 Md€, soit la moitié du déficit de la balance commerciale française.

Les propriétés associées aux produits français qui se détachent le plus, sont les suivantes : la haute qualité, le design d'excellence et le symbole de prestige ; pour ces propriétés, les scores de la France sont égaux ou supérieurs au double du score moyen. Il est très probable que les produits soient considérés comme chers puisqu'associé à un score élevé en haute qualité, on observe un rapport qualité-prix inférieur à la moyenne.

 

 

 

 

 

L'intérêt de ce diagramme est de permettre d'identifier des domaines où les producteurs français pourraient investir afin d'améliorer leur image et leur potentiel dans d'autres pays : notamment en termes de durabilité qui apparait comme rarement citée, et rapport qualité prix.

 

On notera au passage que les produits allemands obtiennent leurs meilleurs scores en haute qualité (1,5 fois le score français) et normes de sécurité élevées (double du score français), les japonais en technologie de pointe (+165% du score français), les suisses en symbole de prestige et authenticité (quasiment à parité avec les produits français sur ces propriétés : 22/20 et 21/19) et les italiens en originalité (les produits français ne sont pas loin) et design d'excellence. Cela ne vous étonnera certainement pas !

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 22:23

La France se trouve dans le trio de tête des nations les plus innovantes mais que cela signifie t'il ? En effet, depuis quelques années, Clarivate Analytics classe la France sur le podium des nations les plus innovantes. Naturellement tout le monde, media et politiques notamment se réjouit de ce beau résultat. Mais on peut se demander à quoi cela correspond quand la croissance se traîne à 1,1% comme cela vient d'être annoncé par l'INSEE pour 2016.

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