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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 16:45

Depuis 1999, Barclays Capital publie un index des gratte-ciel qui suit la tendance de leur construction dans le monde en comparaison avec les cycles économiques. Barclays a constaté que la construction du gratte-ciel le plus haut du monde à une époque donnée, correspond à chaque fois à la survenance d'une crise financière majeure.

 

Le premier gratte-ciel haut de 42m construit en 1885 à Chicago par William Le Baron Jenney (ingénieur diplômé de l'Ecole Centrale Paris en 1856), le Home Insurance Building coincide avec une récession qui a duré cinq ans. Pour ne citer que les plus connus, le Chrysler Building (319m) et l'Empire State Building (381m) à New York ont été construits en 1930 et 31, lors de la grande crise des années 30 ; le One World Trade Center à New York (417m) en 1972, presqu'immédiatement dépassé en 1974 par la tour Sears (442m, maintenant nommée Willis Tower) à Chicago correspondent aux chocs pétroliers des années 70 ; les tours jumelles Petronas (452m) à Kuala Lumpur ont été terminées lors de la crise asiatique de 1997 qui vit la chute des monnaies de la région ; à TaïWan, le Taïpei 101 (509m) commencé en 1999 et terminé en 2004, a vu l'explosion de la bulle du début des années 2000 ; et le dernier en date à Dubaï, Burj Khalifa (828m), dont les travaux de terrassement ont débuté en janvier 2004, a poursuivi sa construction pendant la crise financière mondiale de 2008 et a été inauguré en janvier 2010, alors qu'une crise financière éclatait à Dubaï ; il aurait coûté à son promoteur plus de 4 milliards $.

 

Fort heureusement, il n'y a pas actuellement de gratte-ciel en construction qui surpasserait Burj Khalifa. Il faut cependant noter qu'Adrian Smith, son architecte, a annoncé en août 2011, qu'il était en train de concevoir la Kingdom Tower de 1001m destinée à Djeddah (Arabie Saoudite).

 

A l'évidence les excès économiques et la spéculation, plus particulièrement les bulles immobilières conduisent au lancement de projets très ambitieux comme les plus hauts gratte-ciel. Les travaux sont parfois interrompus en raison de problèmes de financement.

 

Barclays ajoute qu'il est important de considérer aussi le nombre de gratte-ciel en construction.

Sur les 124 gratte-ciels de plus de 240m en construction dans le monde dans les 6 années à venir, 53% se trouvent en Chine, augmentant de 84% le nombre de gratte-ciel dans les villes chinoises.

Les projets se diffusent vers l'intérieur de la Chine, montrant que la bulle immobilière se répand au-delà de la zone côtière. Et l'Inde, qui n'a aujourd'hui que 2 des 276 gratte-ciels de plus de 240m au monde, projette d'en terminer 14 dans les prochains 5 ans. Barclays en conclut qu'il peut s'agir d'une mauvaise utilisation des capitaux et en résulter une crise économique majeure dans ces pays dans les 5 ans à venir.

 

Beaucoup plus près de nous, à Paris, les tours d'habitation du 13è et du 15è, furent construites dans la décennie 70, la tour Montparnasse (210m) en 1972, et à La Défense, les premières hautes tours comme Areva (184m) le furent également au début des années 70, comme les plus hautes tours à New York et à Chicago ! On constate depuis une dizaine d'année, une nouvelle et intense frénésie d'activité à La Défense avec les tours GDF Suez et Granite construites en 2008, la tour AXA (225m) en 2010, la tour First (231m) qui vient d'être terminée ; avec les tours en construction : Phare (296m), Carpe Diem (162m), D2 (171m). La liste des projets à La Défense est longue avec notamment les deux tours jumelles Hermitage Plaza face à Neuilly, qui auraient juste un mètre de moins que la Tour Eiffel, un projet cher au promoteur russe et dont le contrat a été signé en 2010 en présence de Dmitri Medvedev et du Président de la République.

Ces projets se développent sans qu'aucun planning d'urbanisme à l'échelle du Grand Paris ne soit évoqué. Ce sera aux systèmes de transport, déjà saturés, de s'adapter, avec toujours plus de voyageurs, résidant là où il y a de l'espace à un prix abordable (comme en Seine-et-Marne) et traversant la moitié de l'Ile de France deux fois par jour pour aller travailler dans ces tours. On notera au passage que le chantier des tours Hermitage n'a pas démarré, parce que les résidents des Damiers que ces tours pourraient remplacer, ne veulent pas abandonner leurs logements.

Le seul frein à cette frénésie, semble être la capacité de financement des promoteurs. C'est ainsi que le projet de la tour Signal a été abandonné en 2010 faute d'investisseurs et la tour Generali (265m) en 2011 par l'assureur lui-même.

 

Ce n'est pas tellement mieux à Paris, avec un Maire amoureux des immeubles de grande hauteur et qui essaye de passer en force contre l'avis général des parisiens. Il y a de quoi s'inquiéter avec sa prétention à rehausser la hauteur maximale des immeubles dans Paris, ses projets aux Batignolles (TGI de Paris - 180m) et à la Porte de Versailles (tour Triangle – 180m). On a beau nous raconter qu'il n'y a pas de bulle immobilière en région parisienne. Cette activité intense dans le domaine des gratte-ciel en est pourtant la preuve. Si on se réfère à l'étude de Barclays, cela peut déboucher sur une grave crise financière et économique. Quel que soit le bord politique, il semble que l'on n'en a cure. Même si tous ces immeubles vont peut-être rester vide, les entreprises s'en allant vers d'autres territoires, là où les loyers sont moins chers, à Saint Denis par exemple.

 

Pourquoi construit-on des gratte-ciel ?

 

Je livre à mes lecteurs quelques réflexions sur les avantages et inconvénients des gratte-ciel et pourquoi on les construit. Il est certain qu'un gratte-ciel de très grande hauteur flatte l'ego d'un pays, d'une ville ou d'une grande entreprise. La volonté de réaliser cette sorte d'ouvrage est clairement l'expression de l'hubris de ses initiateurs. Un ensemble de gratte-ciel comme le front du lac Michigan à Chicago ou le front de mer à Shanghaï, est porteur de notoriété et d'image surtout si l'architecture des gratte-ciel est originale.

Pour les grandes entreprises, il peut y avoir un intérêt à regrouper tous les services du siège dans un même bâtiment. Et là où l'espace constructible est restreint, comme à Hong Kong ou au Japon, l'intérêt des gratte-ciel s'avère considérable. Par contre, en plein désert à Dubaï ou à Djeddah, ou même en France, ce n'est pas le cas.

 

Les inconvénients sont nombreux : coût élevé de la construction et de la maintenance, difficulté de circulation des personnes notamment pour leur évacuation et l'accès des secours ; à partir d'une certaine hauteur (une dizaine d'étages), nécessité d'accorder de plus en plus d'espace aux services nécessaires : escaliers, ascenceurs, gaines de ventilation, gaines électriques, toilettes, etc...

La présence d'un gratte-ciel modifie les conditions de son environnement en provoquant des courants d'air turbulents, en faisant de l'ombre aux voisins et en cachant toute vue. Les premiers gratte-ciel se caractérisaient par un grand gaspillage d'énergie (chauffage, climatisation, ascenseurs, éclairage, etc...). Récemment des efforts ont été faits mais certainement au prix d'un coût de construction encore plus élevé.

 

Les hommes ne peuvent s'empêcher de toujours reconstruire Babel ! Mais gare au Déluge !

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 23:02

La mission des écoles d'ingénieurs (30 000 diplômés en France chaque année) est de former les meilleurs ingénieurs possibles, essentiellement en vue d'exercer des métiers de recherche et de conception de produits, d'industrialisation, de fabrication et de maintenance. De plus en plus d'ingénieurs s'orientent vers des activités de service où les mêmes métiers se retrouvent, plus ou moins développés. Mais la vocation première de l'ingénieur est véritablement de servir l'industrie, celle qui conçoit, produit et commercialise, potentiellement dans le monde entier.

 

Il est maintenant bien établi que le tissu industriel français s'est affaibli ces dernières années. Nos politiques s'en inquiètent, se demandent comment y remédier, comment « réindustrialiser » la France.

 

Naturellement, et c'est l'évidence pour tous, nous n'allons pas faire repartir les industries matures, celles qui ont succombé à la concurrence internationale, celles où le potentiel d'innovation est relativement faible ou le marché accessible décline. On peut citer l'acier : la plupart des clients cherchent à le remplacer par un matériau plus léger ou à utiliser des alliages haute performance, ce qui aboutit dans les deux cas à un tonnage produit en baisse.

 

La solution dont on parle beaucoup, c'est d'aider les PME industrielles (PMI) à grandir. Mais nombre d'entre elles végètent depuis des années, sans croissance significative, avec des services de R&D dopés par le crédit impôt-recherche ou les subventions européennes. Qu'on les aide plus ne changera pas grand chose : leurs dirigeants n'ont sans doute pas la volonté ou la capacité de les faire se développer plus. Par exemple, leurs produits sont conçus pour un marché local ou national et leur organisation est en place pour adresser ce marché ; cela demanderait un investissement démesuré en personnel et en développement produit pour aborder les marchés internationaux.

 

La création d'entreprises industrielles apparaît comme une voie bien plus prometteuse. Les Etats-Unis nous montrent la voie dans ce domaine : les Apple, Cisco, Intel et les autres créés il y a moins de 40 ans, ont su se développer pour prendre des positions très fortes sur le marché mondial. Les vieilles entreprises industrielles qui n'ont pas su se réinventer, ont disparu tels Kodak ou Gould.

 

Mais comment faire ? Là encore, les Etats Unis nous montrent la voie : plus de 4000 entreprises ont été créées par des diplômés du MIT, générant plus de 1 million d'emplois dans le monde entier. L'esprit d'entreprise est promu au sein de l'université, notamment par des enseignants ayant fondé leur propre entreprise. Le MIT encourage ses étudiants à prendre des risques, à se lancer dans des aventures à fort potentiel.

 

La voie semble tracée : c'est à nos écoles d'ingénieurs que revient de devenir des creusets de création d'entreprises industrielles. Et ce sont ces nouvelles entreprises industrielles qui contribueront avec force à la réindustrialisation de la France. Plusieurs éléments favorisent le succès de la création d'entreprise au sein des écoles : l'implication de vrais entrepreneurs pour aider et former les étudiants, l'essaimage de technologie développées dans les labos de recherche, la constitution dès le départ d'équipes aux compétences complémentaires, des structures d'accompagnement facilitant l'accès rapide aux financements et aux clients.

 

Un site en région Rhône-Alpes présente des caractéristiques particulièrement favorables pour devenir un pilote de la création d'entreprises industrielles : il s'agit du Campus Lyon-Ouest qui regroupe l'Ecole Centrale de Lyon et l'EMLyon Business School, auquel s'ajoutera bientôt une école d'un type nouveau : IDEA, Innovation Design Entrepreneuriat Art. De nombreux centraliens ont déjà créé des entreprises et peuvent revenir sur le campus pour encourager et former les étudiants. Les laboratoires de l'Ecole Centrale de Lyon en connexion avec le réseau étendu de la recherche lyonnaise peut constituer une mine de technologies pour les entrepreneurs en herbe. Le campus dispose d'un incubateur avec un programme d'accompagnement évolué pour le financement et le développement commercial. La combinaison des 3 écoles sur un même campus permettra la formation d'équipes complètes capables de mettre en musique la croissance rapide d'entreprises industrielles.

 

Afin d'augmenter l'efficacité du processus d'émergence des jeunes pousses, on peut imaginer soit un partenariat de ce campus avec un accélérateur de start-up comme Le Camping de Silicon Sentier ou même la création d'un accélérateur sur site lyonnais, pourquoi pas sur le Campus Lyon-Ouest lui-même. Le concept d'accélérateur, généralement dédié aux technologies high-tech, permet de faire passer rapidement (en 6 mois) un certain nombre d'étapes cruciales à des jeunes pousses ayant déjà réalisé un prototype (proof of concept) : levée de fonds, industrialisation, mise en place d'un réseau international. L'accélérateur insuffle aux jeunes pousses un élan qui les conduit sur une rampe de croissance rapide, ouverte sur un marché mondial.

 

D'autres sites peuvent émerger dans les grandes métropoles comme Nantes, Lille, Marseille et former des creusets de création qui développeront une nouvelle dynamique industrielle au niveau de chaque région. N'est-ce pas un beau programme pour nos politiques ?


 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 21:56

La location d'équipement est une alternative à l'achat qui s'avère généralement très intéressante pour les entreprises. Au lieu d'avoir à puiser dans la trésorerie, d'avoir recours à l'emprunt ou même à une augmentation de capital pour acheter un bien d'équipement, l'entrepreneur qui loue, intégrera les versements des loyers dans ses charges d'exploitation et financera ainsi l'équipement tout au long de son utilisation. Cela relève particulièrement du bon sens quand le bien d'équipement apporte un gain de productivité ou permet d'augmenter la production.

 

Afin que cette belle histoire ne puisse pas se terminer en cauchemar, il importe de veiller particulièrement aux termes du contrat dans lequel s'engage l'entreprise et de s'assurer de la pérennité des prestations qui seraient nécessaires au bon fonctionnement du bien d'équipement.

En effet, le scenario type se déroule ainsi : le fournisseur du bien d'équipement approche l'entreprise, convainc l'acheteur que son produit est la bonne solution et lui propose une location.

C'est alors qu'intervient la société de location qui, pratiquement toujours, est un tiers indépendant juridiquement du fournisseur mais souvent lié à lui par des arrangements commerciaux. C'est-à-dire que le fournisseur présente le loueur au client et va parfois même jusqu'à transmettre l'offre de location à ce dernier.

 

Fréquemment, le client signe un seul contrat : avec la société de location qui elle-même achète le bien d'équipement au fournisseur. Et typiquement : les conditions de la location stipulent que le loueur n'est pas responsable du bon fonctionnement du bien d'équipement, qu'il est seulement un intervenant financier qui a engagé la valeur du bien et entend bien compenser cet engagement par les loyers qu'il va percevoir de la part du locataire.

 

Que se passe-t'il si le fournisseur disparaît soit par liquidation judiciaire soit par arrêt de son activité et que des prestations apportées par ce dernier, ne sont plus assurées ? Le client ne peut plus faire fonctionner le bien d'équipement et, logiquement arrête de payer les loyers. Le loueur réclame alors ses loyers tout en se fondant sur le contrat pour affirmer qu'il n'est pas responsable du bon fonctionnement du bien. Comme les loyers ne sont plus réglés, le loueur résilie le contrat et enjoint au client de payer la totalité des loyers restant, comme le prévoient les conditions du contrat en cas de résiliation aux torts du client.

 

Afin d'éviter que cette histoire si bien commencée se termine en procès, il est recommandé de s'assurer au moment de la signature du contrat que la délivrance des prestations est prévue et qu'en cas de défaillance du prestataire, le loueur se doive de trouver une solution qui assurera la continuité du service.

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 21:49

Depuis un an, les grues dominent ce qui s'appelait le stade Jean Bouin. Le maire de Paris fait construire à grands frais et en totalité aux frais du contribuable parisien, un stade de 20 000 places dédié au rugby professionnel pour le Stade Français de son ami Max Guazzini. Le coût global atteindra les 200 millions €, y compris l'aménagement de la pelouse d'Auteuil pour accueillir quelques uns des 4 000 membres du Paris Jean Bouin qui ont été mis dehors pour les beaux yeux du sport professionnel. Nous aurons de la chance si le nouveau stade sert 30 fois par an, car on peut parier que, pour les grandes occasions, l'on ira au Stade de France comme c'est déjà le cas.

 

Pendant les travaux, le Stade Français joue à Charlety que la Mairie de Paris a complétement rénové en 1994 pour 120 millions €. Charlety ne convenait pas au Stade Français alors on a rasé Jean Bouin et on construit un autre stade. Pourtant le Stade Français joue à Charlety en ce moment ! Pourquoi lui convient-il maintenant ? Mystère ! Il faut savoir aussi que la gestion de Charlety a été reprise par la Mairie en 2006, les gestionnaires à l'époque ayant jeté l'éponge, et qu'il s'y tient une ou deux compétitions d'athlétisme par an. Il serait intéressant de connaître combien la gestion de Charlety coûte aux Parisiens, alors qu'il est très largement sous-utilisé et que le Stade Français n'en a pas voulu.

 

Comme la ville est riche, cela n'a pas beaucoup d'importance ; on peut se permettre cette gabégie ! Par ailleurs, le Stade Français a dores et déjà annoncé qu'il ne pourrait pas payer la redevance de 35 000 € pour chaque match dans le nouveau stade Jean Bouin : alors la Mairie c'est-à-dire le contribuable parisien comblera le déficit. Pour tenter de rentabiliser l'équipement, la Mairie a prévu une zone commerciale, qui, on peut le parier, ressemblera à un désert sauf peut-être les jours de match, car, le quartier étant déjà bien pourvu de commerces, avec notamment un hypermarché à 500 mètres : on se demande qui oserait s'y installer.

 

Pendant ce temps, dans les Hauts de Seine, le président du club Racing Metro Jacky Lorenzetti met en musique le projet ambitieux d'un stade de 32 000 places : Arena92, pour lequel les municipalités et le département ne donneront pas un sou ; le financement à hauteur de 320 millions € sera assuré en capital par Jacky Lorenzetti et d'autres investisseurs (130 millions €) et par un emprunt de 190 millions €. Jusqu'à maintenant, Racing Metro jouait dans un très vieux stade de 6 000 places qui tombe en ruines : le stade Yves du Manoir à Colombes. Cela ne l'a pas empêché d'obtenir ces temps derniers des résultats en Top14 bien supérieurs au Stade Français. Arena92 pourra aussi accueillir 15 000 à 40 000 personnes pour des spectacles. Situé à proximité de la Grande Arche de La Défense, Arena 92 bénéficiera du noeud de transports en commun existant : RER A, T2, Métro 1, 15 lignes de bus et TGV ! (on notera que la seule ligne proche de Jean Bouin est la ligne #10 du métro qui est loin d'être la plus rapide et le mieux connectée du réseau de la RATP).

 

 

L'exploitant d'Arena92 sera Stadôme détenu par Jacky Lorenzetti, Marc Ladreit de Lacharrière (patron du groupe Fimalac) et Pascal Simonin. En sus du stade, il y aura 30 000 m2 de bureaux à louer intégrés à l'ensemble. On peut facilement imaginer que ces bureaux trouveront preneur sans aucun problème et que l'opération sera dans l'ensemble une réussite. Un dernier point : en attendant la livraison d'Arena92 en 2014, le Racing Metro va très probablement jouer au Parc des Princes, étant en voie de trouver un accord avec le PSG, ce que le Stade Français ne pouvait pas faire non plus.

 

D'un côté, des hommes d'affaires qui financent à 100% un équipement polyvalent (sportif et spectacles) et qui ont toutes chances de le rentabiliser. De l'autre côté l'argent du contribuable déversée à flot pour un projet à vocation unique (le rugby professionnel) et qui continuera de coûter cher au contribuable après sa mise en service. Où va votre préférence ?

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 21:51

Les travaux d'Adam Galinsky, professeur de psychologie à Kellogg (Evanston – Illinois) et d'autres chercheurs dont William Maddux, professeur à l'INSEAD, ont démontré qu'il existe une forte corrélation entre créativité et le fait d'avoir vécu à l'étranger (et non avoir simplement voyagé). Le lien entre l'expérience de vie à l'étranger et la créativité est d'autant plus important que l'on s'est fortement intégré aux différentes cultures. Les études ont été conduites en Europe et aux Etats Unis et ont donné des résultats cohérents sur plusieurs mesures de la créativité : l'inspiration créatrice, la capacité d'association et la génération d'idées.

 

Dans l'une de ces études, les étudiants de Kellogg devait passer le test Duncker de la bougie, qui est un test classique d'inspiration créatrice : les participants reçoivent une image présentant plusieurs objets sur une table : une bougie, une boîte d'alumettes et une boîte de punaises, près d'un mur en carton. Le problème à résoudre est de trouver un moyen d'attacher la bougie au mur sans qu'aucune cire ne tombe sur le sol. Trouver la solution (1) est une mesure de l'inspiration créatrice, parce qu'elle fait intervenir la capacité d'imaginer que des objets aient une fonction différente de celle qui est habituelle. Les chercheurs déterminèrent que, plus les participants avaient vécu à l'étranger, plus il était probable qu'ils réussissent le test de Duncker.

 

« Cela montre, selon Galinsky, qu'il y a une sorte de transformation psychologique qui se produit quand une personne vit dans un pays étranger et qui permet de renforcer la créativité. Cela peut arriver quand une personne s'efforce de s'adapter à la nouvelle culture »

 

On observe que de plus en plus d'écoles, d'universités et d'organisations encouragent les échanges et les transferts multiculturels. Pour quelles raisons le font-elles ? Au premier niveau, on peut supposer qu'il s'agit d'améliorer la compréhension des différentes cultures, d'apprendre de nouvelles méthodes et de nouveaux savoirs, d'acquérir une vision plus globale d'une organisation internationale, … Il sera sûrement très utile aux dirigeants qui favorisent ces transferts, d'apprendre qu'ils développent la créativité. Il en résulte qu'il paraît bien utile et même nécessaire que les chercheurs et les scientifiques aillent vivre et poursuivre leurs travaux successivement dans différents pays ; ce qui serait une révolution pour nombre de nos compatriotes, dans les labos du CNRS et des universités. De même, les professeurs d'université devraient bien aller enseigner dans d'autres pays.

 

En prolongeant ces réflexions, on peut penser qu'une raison majeure pour laquelle la créativité est si efficace aux Etats-Unis, provient du « melting pot », le creuset multi-culturel où des immigrants venant de pays différents s'adaptent à la culture américaine tout en bénéficiant de leur culture d'origine. A l'inverse, les pays comme le Japon caractérisés par une grande homogénéité culturelle, auront moins de capacité créatrice. Ces observations démontrent que la fermeture des frontières aux immigrants n'est vraiment pas une bonne idée, si l'on souhaite favoriser la créativité qui est notamment à la base de l'innovation et du progrès économique.

La créativité est aussi importante pour les artistes et les écrivains. C'est ainsi que Gertrude Stein a écrit que « les écrivains doivent avoir deux pays : celui auquel ils appartiennent et celui dans lequel ils vivent réellement. ». Et on observera que de nombreux artistes et écrivains ont vécu successivement dans plusieurs pays et cultures différentes.

 

(1) la solution est de vider la boîte de punaises, de la fixer au mur avec une punaise et de mettre la bougie dans la boîte.

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 23:13

Depuis de nombreux mois, la presse notamment économique se fait l'écho de tractations en cours sur la directive européenne Solvabilité II. Comme souvent, sur ce sujet comme sur d'autres, les discussions à Bruxelles sont difficiles à comprendre pour l'européen moyen et –ce qui est beaucoup plus lourd de conséquences, ne semblent soulever aucun intérêt de la part de nos politiques. Venant de ces mêmes politiques, nous entendons régulièrement des plaidoyers ou des annonces visant à favoriser et à développer le financement en fonds propres des entreprises, notamment des PME. Hors actuellement, les sociétés d'assurance en sont justement parmi les plus importants contributeurs. Les contraintes nées de la mise en place de Solvabilité II, risquent de conduire à une diminution importante de l'engagement des assureurs dans ce domaine.

 

De Solvabilité I à Solvabilité II

 

Depuis plus de 30 ans, le secteur des assurances en Europe est réglementé par la directive Solvabilité I. Avec des produits d'assurance devenant de plus en plus complexes, des compagnies d'assurance d'envergure toujours plus internationale, de nouvelles règles comptables, cette directive assez simple s'est avérée de moins en moins adaptée, notamment comme ne pouvant pas garantir une sécurité suffisante en cas de crise. En janvier 2007, la Commission européenne a lancé l'élaboration d'une nouvelle directive : Solvabilité II. Après avoir été votée par le Parlement européen, cette directive a été adoptée en mars 2009. Depuis cette date, les mesures d'application sont en débat avec une forte implication des assureurs de l'Europe entière. Elles doivent entrer en vigueur le 1er janvier 2013.

 

En réaction directe à la crise financière de 2008, le comité européen des superviseurs (Ceiops) a avancé des dispositions très conservatrices qui ont conduit à une vive réaction des assureurs. Ceux-ci n'ont pas manqué de souligner que les banques et les assurances n'ont pas le même modèle économique, que leurs risques sont différents, donc que les règles auxquelles elles devraient être soumises ne peuvent être les mêmes.

 

Bernard Spitz, président de la FFSA (Fédération française des sociétés d'assurance), a indiqué que « les assureurs ne portent pas la responsabilité de la crise financière de 2008-2009, ils ont été victimes de la crise, ils ont joué un rôle essentiel dans la stabilisation du système financier pour combattre la crise et ils ont un rôle clef à jouer dans la sortie de crise, par leur contribution au financement de l'économie. » Il a ajouté que les assureurs qui ont failli pendant la crise, l'ont été à cause de leurs activités financières et non leurs activités assurantielles. Le cas d'AIG vient naturellement à l'esprit : sa chute catastrophique en Bourse en septembre 2008 a été causée par l'annonce de pertes abyssales sur des produits financiers dérivés de créances immobilières pourries (les « subprimes »).

 

Fin 2009, les assureurs se sont manifestés, notamment au cours d'un colloque organisé le 3 décembre 2009 par la FFSA et ont intensifié leur lobbying auprès de la Commission européenne. Ils ont notamment souligné que le caractère extrêmement complexe de la directive (le texte totalise 690 pages !) ne permet pas de prévoir son impact avec fiabilité dans l'environnement très fluctuant qui est est le nôtre au XXIè siècle. En parallèle, la Commission a mené plusieurs études quantitatives d'impact (QIS1 à 4) et en poursuit actuellement un cinquième dont les résultats doivent sortir en mars 2011.

 

Prévisible : une diminution des investissements en actions

 

En mai 2010, le cabinet Aedian a réalisé un sondage auprès de 166 assureurs. Il en ressort que Solvabilité II est un projet très sensible dans la plupart des sociétés d'assurance et est traité au plus haut niveau de leur direction. Les assureurs devront mobiliser des fonds propres supplémentaires : pour 40% d'entre eux, plus de 80% de fonds propres en plus, et pour 20%, de 20% à 80% de fonds propres en plus. Une très large majorité (87%) des assureurs interrogés annoncent qu'ils vont modifier leur allocation d'actifs, notamment en diminuant leurs investissements en actions.

 

Lors de la deuxième édition du colloque de la FFSA, le 3 décembre 2010, il est apparu qu'on s'achemine vers un compromis. Le commissaire européen au Marché Intérieur a notamment déclaré que la date de mise en application du 1er janvier 2013 serait maintenue mais que « certains aménagements temporaires » seraient nécessaires  et que la Commission se doit de « trouver des solutions correctes appropriées, par exemple sous forme d'aménagements transitoires et aussi de simplification ». Mais il est clair que cela signifie simplement que les assureurs auront un peu plus de temps pour diminuer la composante actions de leurs portefeuilles d'investissement.

 

Une étude prospective récente d'Accenture sur « le marché de l'assurance en 2020 » prévoit qu'avec l'entrée en vigueur de Solvabilité II, la rentabilité des sociétés d'assurance va baisser de 9,3% actuellement, à 7,5%. Cela serait dû à une augmentation des fonds propres de 19% rendue nécessaire par la nouvelle réglementation. Accenture a considéré que la composition des portefeuilles des sociétés d'assurance passerait de 25% d'actions aujourd'hui, à 5% en 2020.

 

Bruxelles vient de dévoiler le 19 janvier 2011 sa proposition de directive « Omnibus II » qui précise les mesures de transition conçues pour lisser le passage à Solvabilité II. Cette directive prévoit notamment une période de 10 ans pour se mettre aux normes sur l'exigence de capital cible (SCR) qui détermine les besoins en fonds propres. Ce texte doit encore être approuvé par le Parlement et le Conseil européens.

 

Impact sur le capital-investissement

 

Il est un secteur qui va être tout particulièrement impacté par Solvabilité II (et par Bâle III pour les banquiers), c'est celui du capital investissement, que cela soit le capital-risque, -développement ou -LBO. Actuellement plus du tiers des fonds investis par ces opérateurs proviennent des assureurs et des banquiers. Cette source essentielle de financement pour le développement des jeunes pousses et des PME et pour la reprise d'entreprise risque de se tarir. Et ni le FSI dont les moyens sont très limités ni les particuliers qui préfèrent la Caisse d’Épargne, l'immobilier ou l'assurance-vie (qui sera justement moins investie en actions) ne constitueront des voies de recours.

 

Quid des fonds de pension ?

 

Dans l'état actuel du projet, les fonds de pension ne seront pas soumis à Solvabilité II mais à la directive européenne sur les institutions de retraite professionnelle (IRP). Cette directive impose des ratios de capitaux règlementaires qui sont beaucoup moins élevés que Solvabilité II et qui ne reposent pas sur une approche fondée sur les risques (n'est-ce pas étrange si ces fonds investissent dans les mêmes actions que les assureurs ?). Les assureurs font bien sûr du lobbying pour que les fonds de pension soient soumis aux mêmes règles qu'eux et Bruxelles a annoncé qu'elle ferait converger IRP vers Solvabilité II. Mais on peut penser que les fonds de pension anglo-saxons vont se battre pour que cela ne se produise pas.

 

Et si nos gouvernants saisissaient enfin cette opportunité pour lancer sérieusement des fonds de pension : l'avantage serait double, 1) favoriser le développement de retraites par capitalisation qui viendraient compléter nos retraites par répartition manifestement à bout de souffle 2) financer nos entreprises avec des capitaux de long terme, ce dont elles ont besoin et ce que les fonds de pension ont pour vocation d'apporter. Il conviendrait alors qu'ils se battent pour que l'IRP reste favorable à l'investissement en actions. Mais ont-ils conscience de l'enjeu ?

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 23:03

Un jury d'économistes et de journalistes présidé par Jacques Delors a décerné le 1er décembre 2010 au Collège des Bernardins le premier Grand Prix de l'économie à Wolfgang Schaüble, l'actuel ministre des Finances de l'Allemagne. Comme l'indique l'un des membres du jury, Henri Gibier, il leur « est apparu important d'honorer un des plus fervents militants de l'intégration européenne et un grand défenseur de la relation privilégiée franco-allemande au sein de l'Union .»

 

Malgré son handicap qui l'a atteint suite à un attentat commis le 12 octobre 1990, Wolfgang Schaüble poursuit une carrière politique exceptionnelle. Il est député d'Offenburg en face de Strasbourg depuis 1972, a été ministre d'Helmut Kohl dès 1984 et a présidé le parti Démocrate Chrétien après son départ. Si il n'y avait eu l'affaire des caisses noires de la CDU en 1999, il aurait brigué la chancellerie à la place d'Angela Merkel en 2005.

 

Wolfgang Schaüble est incontestablement doté d'une énergie peu commune et d'une force de conviction encore plus exceptionnelle. C'est lui qui a mené avec succès en quelques mois les négociations d'unification entre les deux Allemagnes en 1990 et a fait passer en 1991 l'idée du déménagement du gouvernement et du parlement de Bonn à Berlin. Au début de l'année 2010, il a porté l'idée du fonds monétaire européen à son aboutissement. Parmi les hommes politiques de haut niveau au pouvoir, il est sans doute celui qui poursuit avec le plus de force l'idée d'une intégration européenne plus avancée.

 

On peut sans se tromper avancer qu'aucun homme politique français actuel ne possède la même vision et ne la porte avec une telle conviction, à l'épreuve des aléas du court terme et de la prochaine élection. Pourtant il aurait pu être certain qu'un homme comme le Président de la République Française avec ses origines hongroises soit un européen convaincu, promoteur d'une intégration plus poussée ; or il faut bien avouer que personne ne le sait vraiment. La famille gaulliste qui le soutient n'a jamais été un élément moteur de l'intégration européenne. C'est peut–être pourquoi, il ne dévoile pas avec autant de force que Wolfgang Schaüble sa vision de l'Europe. Du côté des socialistes qui pourtant ont été longtemps des européens convaincus, on ne trouve guère que Dominique Strauss Kahn qui plaide pour plus d'Europe, en particulier pour une meilleure coordination des budgets et donc des politiques économiques.

 

Wolfgang Schaüble cherche à approfondir l'amitié franco-allemande, qu'il considère comme le moteur de l'Europe, à juste titre il est vrai. Lors d'un récent discours, il a indiqué que l'Allemagne soutiendrait les initiatives françaises lors de sa présidence du G20 en 2011. Depuis quelques mois, Wolfgang Schaüble est très présent en France : il a participé en juillet à un Conseil des ministres à Paris, ce qui ne s'était jamais vu auparavant ; il rencontre très fréquemment Christine Lagarde, a développé avec elle d'excellents rapports et de ce point de vue, il est bon que cette dernière soit restée ministre des Finances lors du dernier remaniement ; il est intervenu en français le 2 novembre dans le Grand Amphi de la Sorbonne pour les 20 ans de l'unification allemande. Il a notamment déclaré que la création de l'euro n'a "jamais été une 'contrepartie' à la réunification allemande", ce fut "une étape délibérée et logique vers un approfondissement de l'intégration européenne". Il a poursuivi en indiquant "Je considère que les défis actuels sont un chance supplémentaire d'approfondir le processus d'intégration. En effet, jusqu'à présent, l'intégration européenne est toujours sortie renforcée des crises."

 

Rétrospectivement, on ne peut qu'approuver la justesse de cette déclaration. Et les difficultés actuelles vont très probablement conduire à des décisions qui vont rapprocher les européens, vers plus d'intégration en particulier dans le domaine fiscal et budgétaire. Wolfgang Schaüble pourra être considéré comme le grand contributeur de cette évolution, qui va dans le sens de l'histoire depuis la fin de la deuxième guerre mondiale

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 23:28

  

Depuis des mois, la Mairie de Paris poursuit des tractations intenses et fait feu de tout bois pour empêcher les Internationaux de France de tennis de quitter Paris et le site de la Porte d'Auteuil. De son côté, afin de poursuivre le développement du tournoi, la Fédération française de tennis étudie la possibilité de déménager à Versailles (le premier choix semble t'il), Marne-la-Vallée ou Gonesse.

 

Jusqu'à maintenant, on évoquait la suppression du stade Hébert à la Porte Monitor, stade qui accueille les sportifs scolaires toute l'année et à la place la construction de stades de tennis qui serviraient 15 jours par an au sport spectacle et d'une passerelle en béton qui survolerait les serres d'Auteuil. Il semble que devant les protestations que soulève ce projet, la Mairie de Paris ait changé son fusil d'épaule et vise maintenant l'empiètement du site classé des Serres d'Auteuil. Le 17 novembre 2011, elle a présenté ce nouveau projet. Cette annonce a été faite avec une extrême discrétion, telle que les médias ne s'en sont quasiment pas aperçus. On peut penser que les associations de défense vont reprendre rapidement la nouvelle et lui donner la publicité qu'elle mérite.

 

Il s'agirait d'un nouveau court de tennis de 5 000 places, non couvert et semi enterré, qui selon la Mairie se situerait à la place d'une serre de travail de la Direction des espaces verts et d'une « serre chaude » accueillant des plantes tropicales, qui ne sont pas classées. La Mairie affirme donc qu'il n'est pas question de porter atteinte aux Serres historiques et à leur environnement paysagé. En un mot : circulez, il n'y a rien à craindre ! Et puis la Mairie va mettre toute la pression possible sur la commission des sites comme elle l'a fait pour la transformation de l'espace de l'hippodrome d'Auteuil en vue d'accueillir les sportifs de Jean Bouin expulsés pour les beaux yeux de l'ami du Maire de Paris, M. Guazzini.

 

Si la Fédération accepte cette solution, on peut supposer qu'elle demandera de pouvoir poursuivre le développement de Roland Garros dans deux, trois ou 4 ans avec de nouveaux terrains. Pourquoi s'arrêter ? Les mêmes raisons seront avancées : il y va de la compétitivité des Internationaux de France. Et si on ne s'agrandit pas, le Master en terre battue risque d'aller à Madrid. Alors on empiètera sur le Bois de Boulogne ou on supprimera les tennis du fond des Princes qui sont utilisés toute l'année par les sportifs. Que ne ferait-on pour sacrifier au sport spectacle ?

 

On constate là que la Mairie de Paris continue de mener sa politique sans se soucier du long terme et sans vision d'aménagement global de la région parisienne, avec seulement une vue courte qui ne dépasse pas le périphérique. Mais d'un autre côté, on peut la comprendre quand on voit la manière dont elle est traitée par l'Etat avec le déménagement programmé de l'Agro, de l'Ecole des Mines, de Télécom Paris, ce qui constitue un déshabillage organisé du Quartier Latin pour compléter le complexe « Paris-Saclay » où il y a déjà Polytechnique, Supélec, HEC, Sup Optique, et bientôt Centrale, l'ENSAE, Normale Sup Cachan, les Ponts … Ce « campus » va bientôt ressembler à un mastodonte au milieu d'un désert francilien de l'enseignement supérieur. Mais que ne ferait-on pour remonter dans le classement de Shanghai ? Au passage, je me demande si on a pensé où logeraient les étudiants et les enseignants. On souhaite peut–être recommencer comme pour la Défense, avec plusieurs centaines de milliers de personnes transportées tous les jours d'un bout de la région à l'autre ?

 

Revenons aux Serres d'Auteuil et Roland Garros : ayons le courage, comme New York l'a fait en 1977 de Forest Hills à Flushing Meadows, de quitter un site qui ne pourra jamais grandir suffisamment pour satisfaire son potentiel de développement. Naturellement pour l'US Open, c'était plus facile car les deux sites sont dans New York. Nous retrouvons là notre problème bien français avec nos 33 000 communes qui cherchent chacune à défendre leurs positions. On peut se prendre à rêver qu'une fois le déménagement réalisé à Versailles, Gonesse ou Marne-la-Vallée, le Bois de Boulogne soit agrandi en prenant la place des stades actuels de tennis qui ne servent que 15 jours par an.

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 14:57

Une récente étude de l'économiste Nadia Bensaci de la fondation iFRAP, démontre qu'à population égale, on enregistre en France plus de 5 millions d'emplois en moins dans le secteur marchand (emplois hors administration publique, santé, éducation, action sociale, etc.) qu'en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis. Alors qu'il y a en France un peu moins de 20 millions d'emplois marchands, dans ces trois autres pays, le niveau d'emploi est de plus de 25 millions à population égale.

 

Au début des années 1980, ces pays avaient des positions similaires entre 17 et 19 millions d'emplois marchands. La position de la France s'est ensuite constamment détériorée face aux trois autres pays entre 1983 et 1997, jusqu'à atteindre le différentiel de 5 millions que l'on constate encore aujourd'hui. Comment s'explique cette différence : d'une part l'emploi public correspond à 24,1% de l'emploi total en France alors qu'il est de 18,4% au Royaume-Uni et 12,1% en Allemagne et le taux de chômage y est plus élevé que dans les trois autres pays. Des économistes comme Pierre Cahuc ont montré que, lorsque l'on crée un emploi public, on détruit un nombre bien supérieur d'emplois marchands. En effet, pour créer un emploi public, il faut opérer un transfert de fonds du secteur marchand vers le secteur public et comme la création de cet emploi public n'est pas soumise à 100% à un impératif de besoin, il y a destruction de richesse. Dans le secteur marchand, la création d'un emploi correspond véritablement à un besoin, sinon elle ne peut être financée. On peut en conclure que lorsqu'on continue à augmenter l'emploi public, ce qui est la politique poursuivie en France ces trente dernières années, l'on augmente le chômage car le secteur marchand est privé de ressources susceptibles de créer des emplois.

 

Les seuls emplois créateurs de valeur qui financent les retraites, les politiques de santé, la réduction du déficit public, ce sont les emplois marchands. Comment croire que nous pouvons continuer à supporter toutes ces charges alors que nous avons 20 à 25% d'emplois marchands (toujours à population égale) de moins que nos concurrents et partenaires directs ?

 

Il apparaît donc qu'il faut s'attaquer sérieusement à la réduction de l'emploi public en France et pas seulement, comme l'a annoncé le Président de la République, par le non remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux. C'est une mesurette totalement insuffisante qui n'aura d'effet que dans 20 ou 30 ans ; d'ici là la France aura eu le temps de s'appauvrir et de perdre son rang dans le concert des nations.

 

En fait nos politiques, qu'ils soient de droite ou de gauche, n'ont pas conscience de la situation et vivent sur leur petit nuage. On peut se demander quel tsunami pourra les en faire descendre ?

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 22:12

La célébration de l'année France-Russie 2010, si l'on s'en tient au site http://www.ambafrance-ru.org/france_russie, comporte avant tout un ensemble d'événements culturels. Mais ce n'est pas que cela : à l'occasion du 13ème Forum Economique de Saint-Pétersbourg où le Président de la République s'est rendu, plus de 20 accords ont été signés ou officialisés entre entreprises françaises et russes. Le Président de la Russie a tenu un discours très encourageant à l'attention des investisseurs et des entrepreneurs. Mais la Russie est-elle vraiment le paradis ?

 

Depuis sa prison, Khodorkovski, l'ancien dirigeant de Ioukos, multiplie les avertissements aux entrepreneurs étrangers : dans un entretien avec Les Echos, il recommande notamment aux entrepreneurs français de tout faire pour minimiser l'attractivité de leurs investissements aux yeux de ceux qui pourraient vouloir se les approprier. Il leur conseille également de ne pas compter sur la loi pour défendre leurs droits.

 

Pourtant, il est indéniable que la Russie et ses dirigeants se rendent compte que la dépendance importante du pays à l'égard des ressources naturelles qu'elle détient et qui sont gigantesques, n'est pas satisfaisante pour assurer un progrès économique harmonieux. Les variations brutales des cours mondiaux sur les métaux, le pétrole et le gaz naturel impriment un régime difficile à tolérer. Le prix du gaz naturel – dont la Russie est le premier producteur, est maintenant durablement menacé à la baisse par l'émergence du gaz non conventionnel (voir http://0z.fr/E3D7l ).

 

Par ailleurs, elle a subi une fuite des cerveaux après la fin de l'ère soviétique, de nombreux scientifiques étant parti vers des cieux où de meilleures conditions leur étaient offertes pour poursuivre leurs travaux. Elle a pris un retard technologique considérable, en sont témoins l'achat de navires de guerre à la France et les partenariats noués avec les pétroliers occidentaux pour exploiter les champs de gaz dans l'Arctique.

 

Tout indique donc que le nouveau discours est fondé sur une bonne foi certaine et une volonté de s'en sortir grâce notamment aux investissements et aux échanges internationaux. On peut toujours penser que Vladimir Poutine reste en embuscade mais Dimitri Medvedev prend chaque jour plus de poids surtout si sa politique économique est une réussite. Et on peut parier sans trop de risque que la Russie fera bonne accueil dans les années à venir aux entreprises qui apportent un savoir-faire faisant défaut dans le pays.

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