Notre cher institut de la statistique et des études économiques – l'INSEE, nous répète à longueur d'année et plus particulièrement à cette époque des voeux que la
consommation est le moteur de la croissance de l'économie française. Naturellement, les médias reprennent en coeur ce leit-motiv. Consommez, consommez, consommez, voilà le refrain que l'on ne
cesse de chanter aux oreilles des Français, et grâce à la croissance de la consommation, le chômage diminuera et tout ira mieux.
Et pourtant, il est sûr qu'une croissance de la consommation contribue à gonfler les importations et à pousser dans le rouge la balance des paiements. Ceci en fait conduit à un appauvrissement du
pays.
Et pourtant, un facteur est potentiellement beaucoup plus efficace pour générer de la croissance : ce sont les exportations ; elles constituent environ 1/4 du PIB et peuvent croître beaucoup plus
rapidement que la consommation puisque le marché auquel elles s'adressent est le marché mondial ! Une croissance de 10% des exportations induirait donc une croissance d'environ 2% du PIB et bien
sûr les emplois qui vont avec.
Quand on constate ce qui se produit chez nos amis allemands : leurs exportations peuvent redémarrer rapidement avec des progressions de plusieurs dizaines de %, et alors leur économie s'en trouve
dynamisée de manière incomparable.
Bien sûr, le problème est que l'INSEE a bien des difficultés pour prévoir l'évolution du commerce extérieur alors qu'il possède une surabondance d'outils pour prévoir la consommation ! Quand on pense à l'importance du commerce extérieur pour l'économie francaise, le tuteur de l'INSEE qui est l'Etat serait bien avisé de l'engager à améliorer sérieusement ses outils de mesure et de prévision du commerce extérieur. Les industriels (qui font plus 80% des exportations) en seraient bien reconnaissants.