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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 15:45

Un communiqué publié le 8 juin 2011 par l'Oakland Institute, un groupe de réflexion et d'étude californien (un « think tank ») tire la sonnette d'alarme : l'achat de terres en Afrique par des étrangers se poursuit à une échelle toujours croissante. Ainsi en 2009, 60 millions d'hectares de terres cultivables, équivalents à la surface de la France, sont passés sous contrôle étranger, contre moins de 4 millions d'hectares par an avant 2008.

 

Avec le communiqué, l'Oakland Institute a publié trois rapports détaillés sur l'Ethiopie, le Mali et le Sierra Leone. D'autres rapports suivront dans les prochains mois sur le Mozambique, le Soudan Sud, la Tanzanie et la Zambie.

 

Il apparaît que d'importantes universités américaines comme Harvard et Vanderbilt confient leurs fonds à des hedge funds – dont le londonien Emergent asset management, qui à leur tour négocient des accords pour acheter ou louer d'énormes zones de terre africaine cultivable. Les prix de location pratiqués sont ridiculement bas : $2 par hectare par an en Sierra Leone et $6,75 en Ethiopie. Ceci conduit à l'exclusion des fermiers et au remplacement des cultures vivrières nécessaires aux populations par des cultures industrielles pour l'exportation telles que la production de biocarburant ou de fleurs coupées !

 

Selon l'Oakland Institute, les investisseurs ramassent les terres les plus fertiles et en attendent des rendements financiers de l'ordre de 25% par an. Le programme d'achat le plus important aurait pris place au Soudan sud où 9% du pays a été acheté sur plusieurs années par une société texanne Nile Trading and Development.

 

« Personne ne peut croire que ces investisseurs viennent pour aider les africains, pour créer des emplois ou améliorer la situation alimentaire. » a déclaré Obang Metho de Solidarity Movement for New Ethiopia. « La conversion des petites exploitations agricoles et des forêts africaines en investissements à haut rendement fondés sur l'exploitation d'actifs naturels ne peut que provoquer une inflation des prix alimentaires et augmente l'impact sur le climat. » ajoute Anudradha Mittal, directeur de l'Oakland Institute.

 

On s'aperçoit que ce sont les gouvernements eux-mêmes notamment en Ethiopie et en Tanzanie qui négocient ces accords avec des investisseurs étrangers. Que faire pour que cela cesse ? Faut-il attendre que les populations se révoltent contre cette spoliation organisée ? Une des difficultés est que le droit de propriété dans la plupart des pays africains est mal ou pas du tout établi. Deux voies paraissent les plus aptes à faire bouger les choses : d'une part communiquer comme le fait l'Oakland Institute vers les médias occidentaux et d'autre part aider les agriculteurs africains à développer leurs exploitations tout en les incitant à renforcer leur droits sur les terres qu'ils exploitent.

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 21:30

Le microcredit popularisé par Muhammad Yunus au Bengladesh depuis les années 70, permet à des entrepreneurs pauvres des pays émergents de financer des projets, de créer des activités ou d'améliorer l'efficacité d'une production, par exemple acheter une machine agricole ou un métier à tisser. Les microcredits sont généralement distribués par des institutions dites de microfinance (MFI). Ces institutions se déplacent jusque dans les endroits les plus isolés, valident les projets, prêtent les fonds et collectent les remboursements. Les sommes prêtées sont toujours des petits montants, à partir de 20€ jusqu'à 500 € et les institutions se rémunèrent via les intérêts. La conjonction du petit montant des prêts et des méthodes diffuses de distribution, fait que les taux d'intérêt sont élevés entre 20 et 30%. Les MFI ont d'abord été financée par des subventions et trouvent maintenant leur fonds auprès des banques et d'investisseurs institutionnels.

 

Depuis plus de 5 ans, des plate-formes se sont mises en place sur Internet qui permettent aux particuliers comme vous et moi, de sélectionner des projets et de prêter des petites sommes en quelques clics. Créée en 2005 par Matt Flannery et Jessica Jackley, Kiva est la plus importante de ces plate-formes avec plus de 500 000 membres, plus de 500 000 emprunteurs situés dans 60 pays et un montant total prêté de 217 millions $. Lancée en septembre 2008 en France, Babiloan a actuellement 10 000 membres et a prêté près de 2 millions €. Et fin 2010, PlaNet Finance, l'ONG de Jacques Attali, a lancé Microworld qui a maintenant plus de 2 000 membres.

 

Les membres prêtent de petites sommes sans intérêt qui sont agrégées par la plate-forme pour constituer le financement de l'ensemble d'un projet. Une fois le financement obtenu, celui-ci est transféré à l'institution de microfinance qui le verse directement au porteur du projet.

 

Naturellement de nombreux prêteurs sont séduits par l'idée de contribuer quasiment directement au financement d'un projet de micro-entrepreneur dans un pays émergent. Grâce à Internet, une foule de projets sont proposés et le prêteur choisit le projet qu'il souhaite financer ; il a le sentiment d'intervenir directement. On s'attachera bien sûr à vérifier la transparence de la plate-forme et comment elle est elle-même financée.

 

Avec Muhammad Yunus, on peut penser que financer des projets grâce au microcrédit est plus pérenne que verser des subventions. Prenons l'exemple d'un tisserand qui souhaite lancer son activité. Au lieu de donner au tisserand un métier à tisser via une subvention, avec le microcrédit, on lui donne les moyens d'acheter ce métier, espérant que les revenus de son activité lui permettront de rembourser le prêt. Cela amène le tisserand à gérer son entreprise de sorte qu'elle crée de la valeur et se développe. Si le tisserand reçoit son métier sans avoir rien à donner en retour, l'incitation à créer et développer sera très probablement moins forte.

 

Le microcrédit en ligne participe d'un phénomène que l'on constate ailleurs avec les business angels et certaines sociétés de capital risque (comme ISAI, Jaina, Kima Ventures) : le rapprochement des financeurs personnes physiques et des entrepreneurs. Est-ce que nous n'assistons pas à la décadence des états (subventions à l'efficacité douteuse, surtout dans le domaine de l'aide au développement) et des banques (toujours plus de régulation, Bâle III,...) dans le financement de l'économie ? Il est certain que, avec le microcrédit en ligne, à condition que la transparence soit garantie, la chaîne d'intermédiation sera plus courte et son coût plus faible et le financement atteindra plus certainement son objectif. Sans risque, on peut souhaiter beaucoup de succès au microcrédit en ligne !

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 10:46

Le 2 mars 2011, la Banque Centrale du Bangladesh a révoqué Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix 2006, de sa fonction de directeur de la Grameen Bank qu'il a fondée en octobre 1983. Le motif invoqué pour son éviction est qu'ayant aujourd'hui 70 ans, il a dépassé l'age de la retraite fixé à 60 ans. Cette décision a été confirmée par la Cour suprême du Bangladesh le 8 mars 2011. Auparavant, Muhammad Yunus a comparu en janvier pour une affaire de diffamation en sommeil depuis 2007, suite à une déclaration à un journaliste selon laquelle la politique au Bangladesh était simplement une affaire de «pouvoir pour faire de l'argent». Et un documentaire danois « Caught in Micro debt » présenté par la télévision norvégienne a rapporté en décembre 2010 que des aides accordées à la banque auraient été détournées ; après enquête, le comité Nobel norvégien a démenti ces allégations et a réitéré son soutien à Muhammad Yunus et à la Grameen Bank, mais le dommage était fait.

 

Suite à des suicides de paysans pauvres endettés dans la région indienne d'Andhra Padresh, les politiciens et les médias ont attaqué le micro crédit dans son ensemble. Le premier ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina a accusé les institutions de micro finance de « sucking the blood from the poor in the name of poverty alleviation », de sucer le sang des pauvres au nom du combat contre la pauvreté.

 

De là à penser qu'un complot s'organise pour disqualifier Muhammad Yunus, la Grameen Bank, et la micro finance en général, c'est un pas que ses nombreux amis et supporters dans le monde entier sont prêts à franchir.

 

La réputation de Muhammad Yunus est devenue mondiale en 2006 lorsqu'il a reçu le prix Nobel de la Paix, conjointement avec la Grameen Bank. C'est en 1976, alors qu'il dirigeait le département d'économie rurale de l'Université de Chittagong, que Muhammad Yunus a initié son idée d'un établissement de crédit pour les plus pauvres habitant la campagne autour de l'Université. Cette idée s'est transformée en la création en 1983 de la Grameen Bank, littéralement la « Banque des Villages ». La Grameen Bank a maintenant plus de 8 millions de clients à qui elle a accordé des micro crédits d'un montant moyen de 160 € sans condition de caution ou de nantissement, avec un taux de défaut des remboursements proche de 0%. Chaque emprunteur doit faire partie d’un groupe de cinq personnes, qui est là pour suppléer au défaut éventuel de l’emprunteur.

 

L'objectif de la Grameen Bank est de rendre accessible aux plus pauvres et tout particulièrement aux femmes (97% des clients de la banque) des possibilités de financements qui les aident à sortir de la misère et plus généralement de restaurer la dignité des plus pauvres. C'est un projet social réalisé avec l'aide d'outils capitalistiques. La banque finance aujourd'hui 100% de ses prêts par les dépôts qu'elle reçoit, provenant en grande majorité des emprunteurs eux-mêmes. Elle est détenue par ses clients, les emprunteurs, et par l'état du Bangladesh (à hauteur de 25%) qui reçoivent chaque année ses bénéfices distribués sous la forme de dividendes.

 

Convaincu que le concept d'entreprise sociale est le moyen de transformer la société de son pays, à partir du début des années 90, Muhammad Yunus fonda plus de 30 entreprises et fondations : pêcheries, opérateur téléphonique, atelier de tissage, service Internet, énergies renouvelables, centres de soins, … Avec des groupes internationaux apportant leur savoir-faire et leur technologie, la Grameen Bank finance des entreprises sociales dans la fabrication locale de yaourts (avec Danone), de moustiquaires (avec BASF) ou la construction de petites installations de production d'eau potable (avec Veolia).

 

La Grameen Bank a servi de modèle à la création d'institutions de micro crédit bien au-delà des frontières du Bangladesh, en Chine, au Zimbabwe, à New York, à Glasgow, à Sydney, à Bombay, ...

Plusieurs Fondations Grameen ont été formées pour aider au financement d'institutions de micro finance qui à leur tour aident des petites entreprises à se développer dans les régions les plus pauvres.

 

Le succès de la Grameen Bank et de ses émules démontre l'efficacité des entreprises sociales à travers le monde pour s'attaquer à la misère et aux problèmes sociaux d'une manière durable. Comme le déclare Muhammad Yunus, "Your money will be recycled again and again. Much greater impact can be derived from it than from charity. The charity dollar has only one life; you give and it never comes back.", Votre argent sera recyclée de nombreuses fois. Il en découle un impact bien plus important que des dons. L'argent des dons n'a qu'une seule vie : vous le donnez et il ne revient jamais.

 

Quand on regarde le chemin parcouru, les nombreuses initiatives au Bangladesh et dans le monde, les projets en cours, les milliers d'entreprises sociales qui s'inspirent de la philosophie de Muhammad Yunus, on peut raisonnablement penser que la Grameen Bank n'est pas menacée par la querelle actuelle, que son héritage sera bien transmis et continuera de grandir.

 

Le micro crédit est simplement en pleine crise de croissance.

 

Selon Muhammad Yunus dans un article du New York Times du 14 janvier 2011, depuis 2005, de nombreux organismes de crédit ont fait évoluer leurs pratiques de micro crédit pour augmenter leur rentabilité. En 2007, une banque mexicaine de micro credit, Compartamos, a pour la première fois en Amérique latine fait appel au marché boursier. Et en août 2010, SKS Microfinance, la plus grande banque de micro crédit en Inde, a été introduite en bourse en levant 358 million $. Pour garantir la rentabilité des micro prêts, ces banques sont conduites à augmenter les taux de manière abusive et à poursuivre des politiques commerciales agressives. Comme le recommande Muhammad Yunus, dans tous les pays où le micro crédit s'est largement développé, il est temps de mettre en place un organe de régulation qui contrôlera notamment les taux d'intérêt et les pratiques commerciales. Bangladesh possède déjà un tel organe de régulation. Et l'Inde doit certainement faire de même rapidement.

 

 

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 23:01

Cette année, le lapin du zodiaque chinois s'aligne avec le métal, ce qui est peu fréquent et survient souvent lors d'événements historiques, suivant la tradition chinoise.

 

Selon un article récent de Business Week, cette année va être vraiment historique pour la Chine, car ses lapins en métal, c'est-à-dire ses trains à grande vitesse, vont pouvoir bénéficier de nombreux nouveaux tronçons de ligne qui vont rendre le réseau chinois de la grande vitesse extrêmement performant. Il y a déjà plus de 5000 km de lignes à grande vitesse en Chine (contre 2000 en France), mais ce sont des segments qui ne sont pas encore interconnectés. En 2011, cela va changer : en juin, la LGV Shanghaï-Pékin va être mise en service (1318 km), en décembre Pékin sera reliée à Wuhan (1107 km) et à Shenyang au nord (684 km), ainsi que Shanghaï à Chengdu à l'ouest (2078 km). L'on estime que l'Etat chinois va dépenser 113 milliards de $ dans les 4 années à venir en infrastructure et en matériel roulant.

 

L'auteur de l'article, David Michael, responsable du cabinet de conseil en stratégie BCG (Boston Consulting Group) pour l'Asie, est admiratif devant ces résultats alors qu'aux Etats Unis, le chantier de la première ligne à grande vitesse d'une longueur de 1300 km entre San Francisco et Los Angeles va seulement démarrer en 2012. On annonce que les premiers trains circuleront en 2020. On notera au passage que ce projet d'un coût estimé de 43 milliards de $ a fait l'objet d'un accord de partenariat entre l'autorité californienne pour le train à grande vitesse (CHSRA) et le ministère allemand des transports – les allemands ne seront-ils pas les mieux placés pour emporter des contrats autour de ce projet ? Le financement provient de subventions fédérales, d'un emprunt de l'Etat californien approuvé par les électeurs et de partenariats publics-privés. On peut craindre cependant que ce projet soit remis en question si Obama n'est pas réélu Président en 2012 …

 

Du côté de la Chine, comme en Europe, l'engagement de développement d'un réseau ferré à grande vitesse ne fait aucun doute. Mais en Chine, ce type de projet est réalisé avec une grande efficacité et une rapidité inégalée : il a suffi par exemple de 2 ans pour construire la LGV Shanghaï-Hangzhou (150 km). Il est certain que cela va rendre l'intérieur de la Chine plus proche des zones côtières, favorisant leur développement et permettant notamment aux entreprises qui investissent en Chine d'accéder plus facilement à ces régions.

 

L'Europe ne devrait-elle pas cependant prendre exemple sur la Chine et projeter un vrai réseau européen de la grande vitesse ? Il semble qu'en Europe, on avance à une allure de tortue : le projet de ligne Lyon-Turin (la Transalpine) démarré en 1994 doit être terminé en 2020 ! Nous européens, devrions essayer d'apprendre des chinois comment ils arrivent à mener ces projets à bien en si peu de temps.

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 14:54

Air Liquide vient d'annoncer qu'elle allait fournir l'hydrogène, la station de distribution et l'infrastructure d'approvisionnement pour alimenter la flotte des 37 chariots élévateurs du centre d'embouteillage de Coca-Cola à San Leandro en Californie. Ces chariots élévateurs seront équipés de piles à combustible à la place des batteries au plomb traditionnelles. Air Liquide a déjà mis en place une station à hydrogène dédiée à une flotte de chariots élévateurs pour Walmart au Canada.

 

Toujours selon la société, d'autres projets hydrogène sont en cours dans le monde : à Oslo, pour cinq bus d'une société de transport ; au sud du Japon, dans la province de Saga, afin de démontrer la faisabilité d'une chaîne complète d'"hydrogène vert", de la production d'hydrogène à partir des copeaux de bois jusqu'à son utilisation dans le transport. 

Depuis 2006, Air Liquide anime le projet européen Hychain-Minitrans qui a pour objet de tester 158 véhicules : scoooters, tricycles, fauteuils roulants et minibus, équipés d'une pile à combustible. Ces tests ont lieu dans quatre régions : Grenoble Alpes Métropole, Modène en Italie, Soria et León en Espagne, et Emscher Lippe en Allemagne. La distribution de l'hydrogène s'effectue par des bouteilles spéciales de 20 et 2 litres avec de l'hydrogène sous 700 atmosphères que l'on échange à des « Points hydrogène ». L'autonomie des scooters serait de 100 à 120 km. Entre mai 2009 et novembre 2010, les trois bus en test en Allemagne et en Espagne avaient parcouru 45 000 km. 

Aux États-Unis, cinq stations Air Liquide de distribution d’hydrogène (projet Driveway) à New York, Los Angeles et Washington DC, permettent de tester 100 véhicules fonctionnant à l’hydrogène. Au Canada, à l'occasion des Jeux Olympiques et Para-Olympiques de Vancouver, à partir de février 2010, un contrat de 7 ans  à démarré pour l’exploitation de 20 bus BC Transit à Whistler fonctionnant à l’hydrogène.

A ce jour, plus de 45 stations Air Liquide distribuent de l'hydrogène dans le monde. 

 

Linde

Linde, le grand concurrent allemand d'Air Liquide, est très présent également sur les applications transport de l'hydrogène. C'est ainsi qu'il accompagne le tour du monde de trois Mercedes classe B alimentées par une pile à combustible F-Cell ; ces Mercedes viennent de partir le 30 janvier de Stuttgart. Ce raid de 30 000 km sur quatre continents et 14 pays doit durer 125 jours. Linde et Mercedes ont développé pour ce raid un système spécial d'alimentation en hydrogène sous 700 atmosphères, monté sur une camionette Sprinter. Depuis 1994, Mercedes poursuit ses travaux de développement de la filière hydrogène et a déjà fait parcourir à ses véhicules d'essai plus de 4,5 millions de km !

  

Linde, Mercedes, Shell, Total, OMV, Vattenfall et EnBw collaborent depuis 2009 dans le programme « H2 Mobility » – Air Liquide s'y est associée en janvier 2010, dont l'objectif est de mettre en place en Allemagne un réseau de stations à hydrogène afin d'assurer l'alimentation des premières voitures de série en 2015.

Linde a déjà en service plus de 70 stations à hydrogène dans 15 pays différents.

 

 

Air Products

L'américain Air Products & Chemicals, le troisième acteur majeur des gaz industriels, est lui aussi très actif dans la promotion de l'hydrogène, et développe des éléments d'infrastructure aux fins d'alimenter les véhicules à pile à combustible. Il vient d'équiper une flotte de 25 chariots élévateurs dans le centre de distribution de Kimberley Clark à Graniteville en Caroline du Sud. Une flotte de 5 bus roule à l'hydrogène dans le secteur d'Alameda près de San Francisco. Et en décembre 2010, Air Products a mis en service la première station de distribution d'hydrogène permanente à Londres – une deuxième est prévue en 2011. 

 

 

Et en France ?

Mes lecteurs se demandent peut-être : que se passe-t'il dans la filière hydrogène en France ? Les constructeurs automobiles Renault et PSA ont peut-être des projets dans leurs cartons mais le secret en semble bien gardé. Ces temps derniers, on ne parle que de voitures électriques et hybrides à batterie au lithium, une filière qui parait bien moins attractive à long terme. Il y a quelques 5 ans, Renault poursuivait un projet de véhicule équipé d'un convertisseur direct de gaz naturel en hydrogène associé à une pile à combustible et un moteur électrique. Ce projet devait déboucher sur une commercialisation dans la décennie 2010. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Et pourtant de nombreuses jeunes pousses s'intéressent en France à la filière, par exemple l'EPSA qui est un essaimage de l'Ecole Centrale de Lyon et qui a pour projet de participer eux 24 h du Mans en 2020 avec une voiture à hydrogène.

 

Il est pour le moins curieux que le pôle de compétitivité Alphéa hydrogène qui fédère de nombreux partenaires pour développer la filière, ne comprend parmi ses membres ni Air Liquide, le producteur et le systémier français numéro un, ni les constructeurs automobiles, ni des utilisateurs potentiels tels que Danone ou Carrefour (pour leurs chariots élévateurs dans leurs centres logistiques). Selon Alphéa, un milliard € devrait être consacré à la filière hydrogène dans les transports par le "grand emprunt". Qu'en est-il exactement ? 

 

On peut penser que, ne rencontrant que peu d'intérêt notamment de la part de Renault et PSA, et plus généralement de la part des acteurs potentiels importants, Air Liquide poursuit sa route hors de France et développe sa technologie sur tous les marchés accueillants notamment aux Etats-Unis, en concurrence avec les autres industriels qui détiennent les clefs techniques essentielles : la production, la distribution, le stockage d'hydrogène et la génération d'électricité.

Quand l'Allemagne aura son réseau de stations services à hydrogène et que les Mercedes rouleront là-bas avec un bilan carbone meilleur que la meilleure hybride et une autonomie 5 à 10 fois supérieure aux voitures électriques, quand des bus à hydrogène circuleront en grand nombre dans les rues de Londres, peut-être se réveillera-t'on ? 

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 13:06

Il y a quelques semaines, mes lecteurs ont pu être informés des menaces pesant sur les Serres d'Auteuil ( Les Serres d'Auteuil menacées par Roland-Garros ). La situation est devenue critique, le Maire de Paris se démenant comme un beau diable pour garder Roland-Garros au sein de son Paris congestionné, surpeuplé et si pauvre en espaces verts. Il est étrange que la décision entre rester dans Paris en massacrant les Serres d'Auteuil, supprimant le stade Hébert et en empiètant éventuellement sur le malheureux Bois de Boulogne et déménager vers un autre site tel que Versailles, Marne-la-Vallée ou Gonesse semble revenir à la Fédération Française de Tennis. Celle-ci, vous serez d'accord avec moi, représente tout à fait l'intérêt général ! (pardonnez-moi mon ironie)

 

Quel est le sens du concept de Grand Paris proclamé par notre Président et son gouvernement ? Ne doit-il pas imposer un déménagement dans un souci de rééquilibrage entre un Paris saturé et des territoires de l'Ile de France où l'espace ne manque pas ?


Si vous souhaitez manifester votre indignation et essayer d'arrêter la machine de destruction en train de s'emballer, allez vite signer la pétition à 

http://www.petition24.net/serresdauteuil
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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 12:02

Lors du forum de Davos en janvier 2010, le Centre de recherche en politique et droit de l'environnement de l'université de Yale associé au Réseau international d'information en science de la terre de l'université de Columbia, a publié la version 2010 de son indice EPI qui est sensé évaluer l'efficacité des efforts de protection de l'environnement de 163 pays. Cet indice dont c'est la troisième édition après 2006 et 2008, est composé de 25 indicateurs dont les émissions de CO2 ou le taux de déforestation.

 

Le tableau ci-dessous reproduit les 20 premiers pays apparaissant dans les trois classements :


EPI 2006

1 Nelle Zélande 88.0

2 Suède 87.8

3 Finlande 87.0

4 Tchéquie 86.0

5 Royaume Uni 85.6

6 Autriche 85.2

7 Danemark 84.2

8 Canada 84.0

9 Malaisie 83.3

10 Irlande 83.3

11 Portugal 82.9

12 France 82.5

13 Islande 82.1

14 Japon 81.9

15 Costa Rica 81.6

16 Suisse 81.4

17 Colombie 80.4

18 Norvège 80.2

19 Grèce 80.2

20 Australie 80.1

EPI 2008

1 Suisse 95.5

2 Suède 93.1

3 Norvège 93.1

4 Finlande 91.4

5 Costa Rica 90.5

6 Autriche 89.4

7 Nelle Zélande 88.9

8 Lettonie 88.8

9 Colombie 88.3

10 France 87.8

11 Islande 87.6

12 Canada 86.6

13 Allemagne 86.3

14 Royaume Uni 86.3

15 Slovénie 86.3

16 Lithuanie 86.2

17 Slovaquie 86.0

18 Portugal 85.8

19 Estonie 85.2

20 Croatie 84.6

EPI 2010

1 Islande 93.5

2 Suisse 89.1

3 Costa Rica 86.4

4 Suède 86.0

5 Norvège 81.1

6 Ile Maurice 80.6

7 France 78.2

8 Autriche 78.1

9 Cuba 78.1

10 Colombie 76.8

11 Malte 76.3

12 Finlande 74.7

13 Slovaquie 74.5

14 Royaume Uni 74.2

15 Nelle Zélande 73.4

16 Chili 73.3

17 Allemagne 73.2

18 Italie 73.1

19 Portugal 73.0

20 Japon 72.5

 

Le communiqué qui accompagne la publication de l'indice 2010 indique que les chercheurs ont utilisé les meilleurs données possibles provenant d'organisations internationales telles que la Banque Mondiale, la FAO, l'UNICEF ou l'OMS et des groupes de recherche comme le World Resource Institute ou l'Université de Colombie britannique. Mais il fait état des grandes difficultés rencontrées, notamment en raison du manque de cohérence entre les méthodes utilisées dans les différents pays, des difficultés de vérification des données fournies par les gouvernements eux-mêmes et de l'absence d'enregistrement de séries de données en fonction du temps et avec des méthodes constantes. Les auteurs avouent humblement que leur travail est un chantier permanent, susceptible d'améliorations considérables.

 

Cependant, malgré l'instabilité des données et de la méthode, les indices 2006, 2008 et 2010 permettent certaines observations : quelques pays apparaissent régulièrement aux premières loges. C'est le cas de la Suède et de l'Autriche. En général, les pays européens sont bien placés. On peut se demander pourquoi la France progresse régulièrement de la 12è à la 10è puis à la 7è. A l'inverse, pourquoi la Nouvelle Zélande passe-t-elle de la 1ère place à la 15è ?

Par contre, les Etats-Unis se placent au 61è rang en 2010 !

On ne sera pas étonné de trouver la Chine à la 121è place (EPI=49.0) et l'Inde à la 123è (EPI=48.3)

 

Si la qualité de cet indice s'améliore, sa renommée se développera au sein de la communauté internationale et cela amènera les gouvernements à le prendre en considération. Le passage à une publication annuelle conduirait à coup sûr à renforcer sa notoriété. On peut souhaiter à cet indice un bel avenir et de devenir aussi connu et remarqué que les classements de l'université Jiao Tong de Shanghai, du Financial Times ou de Business Week. Alors, il pourra espérer avoir une influence sur les politiques publiques et engendrer une saine émulation entre pays.

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 21:59

La presse s'est fait récemment l'écho de projections démographiques portant la population de l'Afrique de 1 milliard aujourd'hui à 2 milliards en 2050. De ce fait, on peut se demander si la pauvreté et le marasme économique ne risquent pas de continuer d'affecter ce continent dans les décennies à venir.

 

Selon une récente étude du cabinet McKinsey, il n'en est rien et au contraire l'Afrique est le continent dont l'économie décolle maintenant et qui a le plus fort potentiel. Entre 2000 et 2008, le taux de croissance de l'économie africaine a été de 4,9% par an et en 2008, le produit intérieur brut (PIB) du continent a été équivalent à celui du Brésil ou de la Russie autour de $1,6 milliards. Seulement 1/3 de cette croissance est due aux ressources naturelles (minerais, pétrole, céréales …). Les autres secteurs en croissance comprennent notamment le commerce, l'agriculture, la logistique, les télécommunications et l'industrie. Ce qui a engendré cette croissance, ce sont surtout : la fin de nombreux conflits armés, de meilleures conditions macroéconomiques (réduction de l'inflation, baisse des déficits publics et de la dette des Etats) et la création d'un climat plus favorable aux entreprises (privatisations, renforcement de l'environnement réglementaire et légal, baisse des impôts sur les sociétés, développement des infrastructures, zones de libre-échange). La pauvreté des africains a commencé à diminuer.

 

La question essentielle est de savoir si cette croissance va se poursuivre. L'Afrique va continuer à bénéficier de la demande croissante en matières premières avec 10% des réserves en pétrole, 40% de l'or et 80% du chrome ou du platine. Ces ressources se dirigent de plus en plus vers l'Asie : entre 1990 et 2008, le commerce de l'Afrique avec l'Asie est passé de 14% à 28% de son commerce global, alors que la part de l'Europe a baissé de 51% à 28%. De nouvelles formes de coopération se mettent en place entre la Chine, l'Inde, le Brésil, le Moyen Orient et les pays africains, l'accès aux ressources minières donnant lieu à des compensations en termes d'investissements en routes, chemins de fer, hôpitaux et écoles. La course aux ressources améliore la capacité de négociation des gouvernements africains. L'investissement direct étranger en Afrique qui est passé de $9 milliards en 2000 à $62 milliards en 2008 s'est dirigé non seulement vers les ressources naturelles mais aussi le tourisme, l'industrie textile, la construction et les télécommunications.

 

D'ici à 2040, la population active va augmenter de 500 millions à 1,1 milliards : le challenge pour l'Afrique est de former sa jeunesse. En 2040, 1/5 de la jeunesse mondiale sera africaines. En conclusion, l'étude indique que le marché des consommateurs africains croit 2 à 3 fois plus vite que dans les pays de l'OCDE (dits « développés »), la rentabilité des investissements est plus élevée que dans tous les autres régions émergentes.

 

Il semble que la France a conscience de l'opportunité qui se présente à elle. La récente réunion des chefs d'Etat africains à Nice le 30 mai et 1er juin, peut être l'amorce de nouvelles relations. La Françafrique a t'elle vraiment vécue ? Nos gouvernants ont-ils vraiment abandonné les vieilles habitudes de soutien aux régimes dictatoriaux et corrompus dont le principal souci était de faire grossir leurs comptes à numéro en Suisse, l'objectif étant de préserver l'accès au ressources naturelles moyennant des subsides et une « aide au développement » qui atteignaient rarement leurs buts. Mais ce n'est pas encore gagné quand on observe les manoeuvres d'Areva (derrière qui on ne peut s'empêcher de voir se profiler son actionnaire archi-principal, l'Etat français) au Niger pour préserver son accès aux mines d'uranium.

 

Face aux autres pays comme la Chine, qui investissent directement dans les infrastructures et les équipements, en échange de relations économiques de long terme, la France doit avoir un comportement d'investisseur « adulte » et absolument cesser de se mêler de la politique intérieure des pays africains. Les entreprises françaises ont encore souvent un avantage compétitif. On ne peut que souhaiter qu'elles poursuivent une stratégie d'investissements et de développement des marchés avec la même éthique qu'ailleurs dans le Monde, mais avec plus d'efforts car il y a en Afrique, plus de potentiel qu'ailleurs.

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 16:12

A une époque où il est généralement convenu que les ressources en combustibles fossiles sont limitées et que l'on a très probablement dépassé le pic de production de pétrole, l'arrivée du gaz naturel dit « non conventionnel » sur le marché apparaît presque comme une provocation. C'est sans doute pourquoi l'on en parle si peu ou pas du tout (en France du moins), sauf bien sûr dans les milieux pétroliers et gaziers.

 

Avec le gaz non conventionnel, on assiste, grâce au progrès technique notamment dans le domaine de l'exploitation des gisements de gaz, à un saut quantitatif très important en termes de ressources disponibles de gaz naturel. L'industrialisation de deux techniques nouvelles : le forage horizontal et surtout la fracturation hydraulique des formations de schistes, a rendu économique leur mise en oeuvre au niveau actuel du prix du gaz naturel et a ainsi permis de réaliser une percée exceptionnelle. Le gaz piégé dans ces roches étanches est devenu accessible. Avec la mise en exploitation rapide de ces nouveaux gisements, les Etats-Unis sont devenus en 2009 le premier producteur mondial de gaz naturel. Les prix du gaz se sont mis à baisser, se déconnectant de l'indexation sur le prix du pétrole. Les experts américains et le Département de l'Energie estiment que les réserves prouvées ont augmenté de 40% en deux ans. La consommation actuelle de gaz naturel aux Etats-Unis étant de 740 milliards m3, les ressources qui sont évaluées maintenant à 65 000 milliards de m3, correspondent à 90 ans de production. De nombreux autres pays qui possèdent des gisements similaires et notamment la Chine, vont suivre.

 

Au delà du gaz de schistes, il est aussi envisagé l'exploitation du gaz présent dans les mines de charbon (le grisou) et de celui qui est piégé dans les sables et carbonates. Le pétrole est aussi concerné : avec un prix du baril de pétrole stabilisé autour de $70-80, la mise en oeuvre d'autres techniques telles que l'injection de vapeur dans les anciens puits devient économique ; ces puits retrouvent alors une nouvelle jeunesse. C'est ainsi que Business Week cite le champ de Kern River en Californie qui produit depuis 1899. En 1942, on estimait son potentiel à 54 millions de barils. Entre 1942 et 1995, il en a produit 736 millions et on pensait alors que le potentiel restant était de 970 millions de barils. En novembre 2007, la production cumulée avait atteint 2 milliards de barils et aujourd'hui, on estime le potentiel du champ à 480 millions de barils.

 

D'autres techniques dont l'objectif est généralement de diminuer la viscosité du pétrole brut, sont maintenant couramment utilisées ou en cours de développement : l'injection de gaz carbonique, d'azote, d'agents chimiques et même de micro organismes. Actuellement seulement 35% du pétrole présent dans les gisements peut être récupéré : il y a donc une marge considérable d'amélioration.

 

Comme pour toutes les ressources naturelles, la conjonction du progrès technique et d'un prix plus élevé rend possible l'accès à des gisements nouveaux. L'évaluation des ressources disponibles publiée par les organismes officiels, tient toujours compte du prix actuel, de l'état des techniques et bien sûr de l'inventaire actuel des gisements. Il est certain que ces données publiées par les organismes comme l'U.S. Geological Survey, n'ont rien à voir avec les projections que des acteurs tels que les compagnies pétrolières utilisent pour leur planification stratégique.

 

A l'évidence, en augmentant, les prix vont permettre de poursuivre les investissements en R&D, le progrès technique va se poursuivre et les ressources disponibles en gaz et en pétrole vont continuer à croître ; les promoteurs des énergies alternatives qui annoncent la fin du pétrole et du gaz pour demain, doivent en tenir compte au risque de perdre leur crédit. 

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 22:43

Les médias européens, les observateurs et la plupart des dirigeants européens se sont largement fait l'écho de la conférence de Copenhague comme d'un échec. Mais d'autres considèrent que le bilan est positif; ainsi Nicolas Sarkozy a déclaré le 6 janvier 2010 que « Copenhague c'est infiniment mieux que Kyoto ». Pour beaucoup, ce serait avant tout un échec de l'Europe qui n'a pas su promouvoir ses innovations et ses normes ; les Etats-Unis et la Chine, le G2, qui génèrent à eux deux 50% du CO2 de la planète se seraient mis d'accord ensemble pour ne s'engager sur rien.

 

Selon Christian de Perthuis lors d'une conférence le 26 janvier, c'est surtout l'échec d'un processus de négociation de 2 ans mené par l'ONU. A l'inverse de Kyoto qui a été essentiellement une négociation Europe – Etats-Unis, le processus de Copenhague a été une négociation globale où les autres pays ont eu leur mot à dire : le centre de gravité de la négociation climatique s'est déplacé. Le monde change et le tandem Europe – Etats-Unis ne peut plus imposer à tous ses schémas et ses politiques. Par contre, toujours selon C. de Perthuis, la diplomatie américaine a réussi à ramener à elle les BRIC et d'autres pays émergents majeurs.

 

L'échec majeur, c'est qu'aucun instrument économique contraignant n'a pu être établi, garantissant que chaque pays se conformerait à ses engagements. En cela Copenhague est tel que Kyoto. Comme toujours, les engagements n'engagent vraiment que ceux qui les croient.

 

L'Europe risque d'être marginalisée par les Etats-Unis qui ont en projet un dispositif plus complet traitant à la fois des émissions fixes et mobiles (moyens de transport). Le marché européen des permis de CO2 ne traite actuellement que des émissions fixes (les usines, les bâtiments).

 

L'Europe doit se ressaisir, reprendre le leadership en matière de politiques climatiques et ensuite prendre son bâton de pèlerin pour convaincre. Sinon les normes américaines vont s'imposer. Les entreprises internationales ont besoin de certitudes, et ce serait à l'avantage de nos entreprises européennes d'être établies là où les normes se définissent.

 

L'Europe doit poursuivre ses efforts pour arriver à un accord consensuel à 27 et s'y tenir, afin d'éviter la cacophonie de Copenhague où chaque dirigeant national a souhaité tirer la couverture à lui, face à ses médias nationaux. Il est sûr qu'une représentation européenne émiettée ne facilite pas les choses. On comprend que le reste du monde ait beaucoup de mal à discerner, qui du Président du Conseil Européen, du Président de la Commission, du pays qui préside le Conseil européen – l'Espagne, qui des 27 chefs d'Etat est le porte-parole de l'Europe ? Il faut surmonter ce handicap ! C'est possible, en effet à l'OMC où les enjeux sont aussi importants, cela fonctionne depuis plusieurs années. Alors pourquoi pas pour les négociations climatiques ?

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