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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 20:42

Lancée en 2013 par Teddy Pellerin et Mathieu Jacob, tous les deux de Supelec, Heetch (de hitch hiking) ne fonctionne que de 20h à 6 heures du matin ; et 80% de ses clients ont moins de 25 ans. Heetch met en relation des chauffeurs non professionnels avec des clients qui sortent le soir et veulent rentrer rapidement et en sécurité chez eux, même si ils ont un peu trop levé le coude.

 

Après la mobilisation des taxis contre UberPop, concurrent direct de Heetch, en juin 2015, et l'arrêté du 25 juin 2015 de la préfecture de Police interdisant « les applications de type UberPOP » et les poursuites engagées contre deux de ses dirigeants, Uber décida de suspendre son application ; cependant Heetch poursuivit son activité de son côté, en soutenant qu'elle était légale, qu'il s'agit de covoiturage urbain et non de transport à titre onéreux.

Le Conseil Constitutionnel ayant confirmé l'illégalité d'UberPop et la société de VTC de Ludovic Moulonguet qui a assigné Heetch en concurrence déloyale ayant été débouté fin 2015, le champ reste libre pour Heetch.

 

Par la voix de Teddy Pellerin qui communique fréquemment et pratique un lobbying assez intense, Heetch martelle ses messages :

- elle se place sur le plan de l'économie collaborative comme Blablacar,

- ce que perçoivent les chauffeurs est limité à 6 000 € par an, ce qui correspond au coût d'entretien de leur véhicule, il ne s'agit donc pas de rémunération,

- en fin de course, l'appli estime le prix mais le client est libre de le moduler et même de ne rien payer ; il doit toutefois indiquer le prix réel payé dans l'appli, sinon il est prélevé automatiquement du montant estimé.

Il parait que ces messages font mouche et que Heetch a une bonne image dans les ministères et auprès des politiques.

 

En fait, Heetch surfe sur une grande satisfaction de ses clients avec actuellement plus de 50 000 trajets chaque semaine et environ 5 000 chauffeurs et plus de 100 000 utilisateurs réguliers, ce qui permet un délai de réponse très court à tout moment de la nuit et quel que soit le lieu. Ce qui rend le service relativement plus rapide qu'à tout moment en journée, c'est la fluidité de la circulation de nuit.... Les clientes notamment apprécient de connaître le nom de leurs chauffeurs, au lieu d'avoir affaire à des inconnus, les chauffeurs de taxi. L'appli de Heetch se place 2ème des téléchargements derrière celle d'Uber dans la catégorie transport de l'Applestore. Elle se développe à Lyon et vient d'ouvrir une activité à Varsovie.

 

Il est certain que l'enjeu majeur pour Heetch est d'arriver à grandir vite, à prendre le marché en maintenant le même niveau de qualité et de contrôle des prestations. Les prochains mois devraient être cruciaux, avec la réussite ou non dans l'ouverture d'activité (annoncée mais non précisée) dans d'autres métropoles majeures en Europe et idéalement en Amérique du Nord. Contrairement à Uber qui déploie une stratégie de généraliste du transport urbain (transport des individus, des colis, covoiturage quotidien,...), Heetch se positionne comme un acteur de niche où la demande latente est importante, les besoins spécifiques, et en retour des prestations adaptées sont appréciées. On lui souhaite une belle réussite dans un secteur en pleine croissance.

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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 11:48

Lequel d'entre vous n'a pas entendu parler de Sigfox ? Cette jeune pousse soigne certainement sa communication et multiplie les annonces que les presses papier et en ligne diffusent à l'envi.

La dernière en date est un accord de partenariat avec Altice et SFR le 22 mars 2016, qui inclut les solutions de Sigfox pour l'Internet des Objets (IoT, Internet of Things) dans l'offre globale du Groupe Altice. Cet accord s'étend à tous les pays où Altice est présent : France, Israël, Etats-Unis, Portugal.

 

L'offre de Sigfox

 

Créée en 2009 à Labège, près de Toulouse, par Thierry Bailleul, Supelec, et Christophe Fourtet, INSA Lyon, deux anciens de Motorola, rejoints en 2011 par Ludovic Le Moan, un entrepreneur en série issu de l'ENSIMAG, Sigfox fournit un système de communication dédié aux objets connectés caractérisé par une faible consommation d'énergie, une faible quantité de données transmise, un protocole très simple et un faible coût. Ce système est particulièrement adapté pour les objets, capteurs et autres éléments autonomes et isolés, pour lesquels la durée de vie de l'alimentation (batterie) est un facteur important tout en maintenant une communication fiable.

L'objet connecté avec Sigfox peut envoyer 12 octets toutes les 10 minutes environ, soit 140 messages par jour. La technologie n'est pas figée, c'est ainsi qu'elle est bidirectionnelle depuis 2 ans.

 

L'ambition de Sigfox de bâtir un réseau mondial, se démarque des offres concurrentes comme LoRa® qui a été adoptée notamment par Orange, Bouygues Télécom, Swisscom, KPN, SK Telecom, Proximus. Les promoteurs de LoRa sont regroupés dans LoRa Alliance qui a pour objectif de le standardiser dans le monde entier. Au sein de cette Alliance, la jeune pousse française Actility, fondée par Olivier Hersent, focalise son activité sur le développement de sa plate forme ThingPark et noue des partenariats avec les opérateurs de télécommunications. A eux de construire l'infrastructure sans fil. ThingPark se positionne comme une plate forme à l'échelon d'un pays, ayant une faible consommation, une longue distance, un faible coût. Elle vise une large plage d'applications.

 

Au contraire, Sigfox construit son réseau global et noue des contrats avec des entreprises comme Securitas ou Air Liquide. Son nouveau partenariat avec Altice est différent de ceux mis en place par Actility : les filiales d'Altice (SFR, Numericable, Portugal Telecom) seront simplement des distributeurs de la connectivité Sigfox.

 

Comment bâtir ce réseau ?

 

La première levée de Sigfox en 2012 a rapporté 10 M€ auprès de Elaia Partners, Partech Ventures, Ixo et Intel Capital, lui permettant de déployer son réseau en France avec 1 500 antennes. En mars 2014, Sigfox a levé 15 M€ auprès d'IDInvest et BPIFrance et de ses précédents investisseurs ce qui lui a permis de poursuivre le déploiement de son réseau. Puis en 2015, changeant de stratégie de financement, elle a levé 100 M€ auprès d'opérateurs de télécommunications : Telefonica, SK Telecom, NTT DOCOMO, et d'industriels : Engie, Air Liquide et Eutelsat, toujours accompagnée par les précédents fonds d'investissement.

Puis Samsung a annoncé en juillet 2015 qu'elle investissait un montant confidentiel dans Sigfox en même temps qu'elle annonçait Artik, une nouvelle plateforme matérielle et logicielle pour les concepteurs d'objets connectés, directement compatible avec le réseau Sigfox.

Le déploiement aux Etats-Unis est en cours, celui de San Francisco, New York et Los Angeles étant déjà réalisé.

Pour mettre en place son réseau, Sigfox a noué des partenariats par exemple avec TDF en France, Arqiva au Royaume Uni, Albertis en Espagne, Aerea aux Pays Bas et Micronet en Russie et partage les revenus avec eux.

Fin 2015, Sigfox évoquait la possibilité d'une introduction en Bourse, au NASDAQ. Début 2016, il est question d'une levée de 500 M€.

 

A quand les applications globales ?

 

Pour l'instant, les applications obtenues par Sigfox sont nettement locales. Notons par exemple la disponibilité de 15000 places de parking à Moscou, celle du mobilier urbain à Nantes, la surveillance des panneaux publicitaires de Clear Channel en France, les alarmes incendie gérées par Securitas en Inde, le suivi des bouteilles de gaz d'Air Liquide.

Mais on peut imaginer qu'une application testée localement soit ensuite déployée à l'échelle d'un pays, d'un continent ou du monde. Le réseau global de Sigfox aura alors un avantage certain sur une solution comme LoRa.

 

Sigfox peut paraître très audacieuse de viser un réseau mondial. Sa stratégie de prendre de vitesse les autres solutions est crédible : alors que la France est couverte par Sigfox depuis plus de 2 ans, Bouygues n'annonce la couverture par LoRa que pour fin 2016 avec 4000 antennes. L'autre angle majeur de Sigfox est de viser les applications à faible demande de débit, là où nécessairement les technologies ayant une capacité plus importante ne pourront pas être compétitives.

 

Il semble que, pour Sigfox, l'enjeu majeur à court terme soit son implantation en Amérique du Nord. Et il faut bien avouer que la société est actuellement bien discrète sur les contrats et partenariats noués aux Etats-Unis ou même en discussion.

 

 

 

 

 

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 12:36

"Present Everything : The first presentation tool that displays any online content" telle est l'annonce qui apparait sur l'accueil du site www.bunkrapp.com. La promesse de Bunkr est de pouvoir réaliser rapidement et simplement une présentation en ligne avec n'importe quel contenu disponible sur Internet.

 

Début 2012, Alexis Jamet et Edouard Petit travaillent à Paris avec des agences de communication et créent des présentations tous les jours. Las de dépenser énormément d'énergie et de temps dans ces créations, et sans avoir trouvé d'outil existant qui puisse les satisfaire, rejoints par Jean-Christophe Fossati, ils décident de créer leur propre outil et en septembre 2012, de s'établir à Rouen et de se consacrer au développement de Bunkr. Ils sortent une version beta en décembre 2012 et lancent leur première version sur Internet en avril 2013 ; en 24h, ils enregistrent 3.500 connections, grâce au buzz sur le web. En août 2012, il y avait déjà 20 000 utilisateurs dans le monde.

 

Supportés par l'accélérateur The Family, ils lèvent 1,4 M€ auprès d'Idinvest Partners, Daniel Marhely fondateur de Deezer et Xavier Niel en mai 2014. Cela leur permet de renforcer leur équipe composée maintenant d'une dizaine d'enthousiastes : développeurs, "community managers", chefs de produit ... Une version plus développée de Bunkr sort en février 2015.

 

Bunkr séduit de nombreux utilisateurs parce qu'il propose bien plus qu'un simple outil de présentation riche et interactif (comme Keynote ou Prezi), un outil qui fonctionne en mode SAS : il permet avec sa Bunkr Bookmark de stocker sur le "Cloud" tous les contenus, images, videos, tweets, posts Facebook, graphiques, diagrammes provenant d’un outil de metrics, pour des présentations en cours et futures. Et il rend très facile le travail collaboratif en ligne : plusieurs personnes peuvent enrichir ensemble le même document comme avec Google Docs. Bunkr est 100% html 5, utilisable sur PC sans Flash, sur tablette et sur smartphone sans application.

 

Bunkr a maintenant largement dépassé les 100 000 utilisateurs dans plus de 150 pays, surtout en Amérique. A la question : quel est leur "business model", les fondateurs ont répondu récemment qu'ils n'en ont pas ; que d'abord il faut que "l’on construise le produit qui répond exactement aux besoins des gens et pour lequel ils seront peut être prêts à payer demain", avec en ligne de mire, la croissance la plus rapide possible du nombre d'utilisateurs. Et à court terme, leur projet est de mettre un pied aux Etats Unis, tout en conservant en France une équipe de R&D. Je suppose qu'une levée de fonds est en cours afin de pouvoir réaliser tous ces projets.

 

Bonne réussite à Bunkr !

Et bien sûr, je vous invite à devenir utilisateur de Bunkr, quitte à délaisser les difficultés de Powerpoint, qui, je vous l'avoue très franchement, n'a jamais été mon programme préféré.


 


 

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 22:48

Créée en 2009 sous le nom de Vestiaire de Copines par Sophie Hersan, Sébastien Fabre et Fanny Moizant, Vestiaire Collective revendique maintenant une communauté de 4 millions d'utilisateurs qui échangent sur la plate-forme, une vingtaine de pays alimentant le site et avec des ventes dans une quarantaine de pays.

 

A l'issue de la crise financière de 2008, plusieurs plate-formes de vente du luxe d'occasion se sont créées à côté de Vestiaire Collective comme VideDressing et Instant Luxe. Manifestement une opportunité se présentait alors : comme l'explique Fanny Moisant, co fondatrice de Vestiaire Collective, "Les placards pleins pour lesquels il fallait trouver une solution, et le fait qu'en pleine crise, les blogueuses de mode commençaient à vendre leurs propres affaires via leurs blogs",

 

Selon Sébastien Fabre, son PDG, Vestiaire Collective s'attache à respecter les codes de l'industrie de la mode afin d'assurer une cote élevée à des articles qui ont été peu utilisés ou portés et appuie son modèle sur 3 piliers : 1) sélection des articles achetés par des stylistes en fonction du style et de la saison, 2) contrôle des articles mis en vente par des experts, 3) communauté d'utilisateurs passionés de mode. Il soutient que Vestiaire Collective "revêt une forte dimension économique, sociale et environnementale" en remettant sur le marché des articles de luxe qui dormaient dans les placards et en permettant à une clientèle moins aisée d'acheter des articles haut de gamme à prix réduits.

 

Il semble que les fonds d'investissement aient été convaincus et lui font confiance depuis la première levée en 2010. En effet, elle a à son actif une succession remarquable d'opérations :

- juin 2010 : 1,5 M€ Ventech

- août 2011 : 7,5 M€ Balderton Capital

- septembre 2013 :15 M€ Condé Nast Publications, Idinvest Partners

- septembre 2015 : 33 M€ Eurazeo Croissance (20 M€), Idinvest Partners, Balderton Capital, Condé Nast et Ventech.

Le fait que Bernard Liautaud, co fondateur de Business Objects soit administrateur depuis 2011, contribue à la crédibilité du projet. Il est certain que l'arrivée de Condé Nast, un éditeur mondial de journaux de mode (Vogue, Vanity Fair, Glamour, GQ, ...) apporte également une vue étendue sur les courants de la mode sur de nombreux marchés, dont l'Amérique du Nord, que Vestiaire Collective souhaite développer avec sa dernière levée de fonds.

 

Vestiaire Collective est établie à Paris, New York, Londres, Berlin, Milan et Barcelone et emploie 180 personnes. Les ventes 2014 ont été de 46 M€, et ont cru de 85% dans la première moitié de 2015. Son catalogue est de 400 000 articles !

Vestiaire Collective ambitionne de devenir leader mondial d'ici 3 ans, soit en 2018.

Mais de l'aveu même de Sébastien Fabre en 2015, elle perd toujours de l'argent.

 

On peut lui souhaiter bonne réussite, mais le challenge parait difficile à surmonter.

L'hypercroissance est-elle durable ? Il faut bien avouer que le modèle d'Amazon peut faire des émules.

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 21:19

EasyLi créée en 2011 par François Barsacq, ingénieur Centralien, développe des solutions de stockage pour l'énergie produite par les centrales renouvelables. Ces solutions sont destinées tout spécialement aux particuliers dont les panneaux solaires produisent dans le journée alors que leur pointe de consommation se trouve le soir.

 

Ces solutions sont réalisées autour de batteries lithium-ion qui se sont imposées ces dernières années, notamment sous l'influence des constructeurs automobiles. Ces derniers ont amené les constructeurs de ce type de batterie à réduire leurs coûts et à améliorer la fiabilité, en particulier en concurrence avec les batteries au plomb. Les batteries lithium-ion sont ainsi garanties 10 ans en stockage contre 1à 2 ans pour celles au plomb, leur durée de fonctionnement est supérieure à 15 ans contre 3-4 ans pour celles au plomb. Elles sont aussi 4 fois plus légères que les batteries au plomb.

 

 

La France est en retard dans les solutions de stockage d'énergie renouvelable

 

Comme l'a indiqué François Barsacq lors d'une conférence récente, la France est en retard dans l'implantation de ce type d'équipement. Encore une fois, cela est dû à mon sens, à l'intervention de l'Etat qui a prétendu stimuler l'installation de panneaux solaires en garantissant un prix élevé de rachat par EDF de l'électricité produite. Il n'y avait donc aucune incitation à mettre en place des solutions de stockage pour une utilisation nocturne de l'électricité produite.

De plus, ce coût de rachat élevé est facturé à l'ensemble des consommateurs d'électricité via la CSPE (contribution au service public d'électricité) qui, soit dit en passant, est devenue une taxe comme une autre à compter du 1 janvier 2016 et qui contribue à la masse globale, informe et incontrôlable du budget global. A noter que la CSPE a de multiples fonctions définies par la loi comme la compensation du surcoût de l'électricité produite en Corse et dans les DOM-TOM, les aides sociales et la rémunération du médiateur de l'énergie. Dans ce fourre-tout, le rachat des énergies renouvelables est devenu dominant avec 59% de la CSPE en 2015 (3,75 Mds€ sur 6,34 Mds€ !).
Comme dans bien d'autres cas, l'Etat se mêle d'influencer le marché par le biais de transferts obligatoires, définis par la loi ; il s'aperçoit au bout de quelque temps des effets pervers de son intervention, modifie les règles du jeu (baisse intempestive des coûts de rachat qui met en déroute l'industrie de l'installation des panneaux solaires) et finalement convertit ces transferts en une nouvelle taxe qui assurément va devenir pérenne.

 

Dans le cas présent, cela a contribué au retard de la France sur la mise en place de solutions de stockage de l'électricité, qui soulagent la charge des réseaux de distribution, limitent la nécessité de démarrer des centrales électriques au gaz ou pire, au charbon (productrices de CO2).

On voit qu'en prétendant soutenir le développement des énergies renouvelables, l'Etat a forcé EDF et les autres producteurs d'électricité à faire fonctionner des centrales polluantes aux heures de pointe !

 

L'Allemagne et les Etats-Unis sont largement en avance sur la France dans la mise en place de solutions de stockage avec à fin 2015 : environ 50 MW en France (démonstrateurs programmes expérimentaux seulement), plusieurs centaines de MW en Allemagne et aux Etats-Unis, notamment en Californie où les clients professionnels sont fortement taxés lors des périodes de pointe et les particuliers bénéficient de modulations horaires amplifiées.

 

On peut penser que le retard de la France dans ce domaine, met les jeunes entreprises comme EasyLi à la merci de la concurrence étrangère – notamment allemande, américaine et coréenne, qui a pu grossir et diminuer ses coûts sur leurs marchés domestiques respectifs. Ces concurrents ont pour nom : General Electric, Tesla Motors (USA), Younicos, Energiequelle (Allemagne), ABB, LG Chem et Samsung LDI (Corée). Le français SAFT est bien seul face à cette foule d'acteurs qui ont pu s'implanter sur des marchés porteurs.

Néanmoins, il s'agit d'un marché en pleine croissance, où très probablement des segments divers vont apparaître et il reste beaucoup de place pour l'innovation technique et commerciale, c'est-à-dire des idées qui se convertissent en facturations !

 

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 21:06

Anaplan a été créée à York en 2006 par Michaël Gould, un spécialiste en architecture logicielle et Guy Haddleton. Son siège est maintenant au sud de San Francisco.

L'équipe dirigeante comprend des vieux routiers de la "business intelligence" notamment le CEO est Frédéric Laluyaux qui a été VP Opérations stratégiques chez SAP et Senior VP Ventes et Opérations de Business Objects, le responsable EMEA Laurent Lefouet a été VP Ventes France chez SAP et responsable EMEA chez Business Objects.

En janvier 2016, Anaplan a annoncé qu'elle avait levé 90 millions $ auprès de 13 capital risqueurs, valorisant la société à plus d'un milliard $, le chef de file étant Premji Invest. C'est le quatrième tour de table (série E) réalisé par Anaplan depuis 2012 pour un total levé de 234,4 millions $.

 

Anaplan ne publie ni son chiffre d 'affaires ni ses résultats mais il est évident que sa croissance est très rapide : de 20 employés en 2012, elle est passée à 600 en 2016 ; depuis 3 ans, le chiffre d'affaires double tous les 6 mois.

Anaplan a maintenant un réseau de 14 bureaux et plus de 50 000 utilisateurs au sein de nombreux grands comptes comme P&G, HP, AXA, Zynga, Faurecia, Verizon,.... Elle a ouvert un troisième centre de R&D à Paris début 2015 après ceux de York et de San Francisco.

 

Anaplan a développé un ensemble d'outils de planification, d'analyse et de simulation des données d'entreprise en vue de faciliter des prises de décision en temps réel dans tous les domaines d'activité : Finances, Ventes, Marketing, Ressources humaines, Chaîne d’approvisionnement, Opérations et IT. Cet environnement en mode cloud dispose d'une interface utilisateur conviviale et propose plus de 100 applications de planification prédéfinies sur la plateforme Anaplan App Hub. Les utilisateurs peuvent aussi créer facilement leur propre application. Ces outils permettent aux entreprises d'anticiper les événements critiques, de modéliser rapidement les impacts potentiels et de les corriger à la volée.

 

Clairement, la technologie qu'a développé Anaplan a introduit une "rupture" dans le petit monde de l'analyse des données d'entreprise, de la "business intelligence". Sans connaître intimement SAP et ce qu'elle a pu faire depuis l'acquisition de Business Objects, on peut imaginer sans trop de risque, que les technologies développées par Business Objects n'ont pas beaucoup évolué depuis l'acquisition et que cela a laissé un boulevard aux développeurs d'Anaplan qui de plus se sont associés avec des experts du marché comme Frédéric Laluyaux et Laurent Lefouet.

Cela devrait inciter le lecteur intéressé par la Bourse de suivre Anaplan avec attention et une introduction probable dans les mois à venir.

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 19:57

Le 7 décembre 2015, pendant la COP21, la Maire de Paris et le PDG d'Air Liquide ont inauguré la première station de recharge d'hydrogène place de l'Alma à Paris, destinée à la flotte de 5 taxis de la société STEP (Société du Taxi Electrique Parisien). Ces taxis sont des Hyundaï ix35 FCEV (FuelCell Electric Vehicle), surnommés "hype".

L'ix35 FCEV, un gros "SUV" 5 places, est caractérisé selon Hyundaï, par une autonomie de 594 kilomètres, une vitesse de pointe de 160 km/h et une accélération de 0 à 100 km/h en 12,5 secondes. Le plein d'hydrogène s'effectue en 3 minutes. Comme toutes les voitures à hydrogène, elle n'émet que de la vapeur d'eau.

 

Présentée pour la première fois au Salon de Genève 2010, la version à hydrogène du ix35 va être produite en 1000 exemplaires. La plupart des constructeurs ont des développements en cours sur des véhicules à hydrogène, essentiellement sur le coeur de la technologie qu'est la pile à combustible. Honda a déjà lancé la FCX Clarity en 2008 et la produit en petite série. Toyota qui a introduit la Mirai en 2015, a noué un partenariat avec Mercedes qui a commencé une petite série de Classe B en 2010. Un des obstacles qui apparait comme en partie surmonté, est le coût élevé de la pile à combustible dû à la quantité de platine utilisé.

 

Mais l'obstacle le plus important à la diffusion des véhicules à hydrogène est l'absence d'infrastructure de distribution et de stockage, un des freins étant le coût élevé des stations services (1 million €). En Allemagne qui est très engagée pour développer cette infrastructure, il n'y avait que 25 stations à la fin de 2015.

 

Créée en 2009, STEP a d'abord lancé en 2011 avec l'appui de PSA, une flotte de taxis composée de Citröen C-Zero. Cette initiative audacieuse n'a cependant pas eu le succès escompté. Cela s'explique en particulier parce que le C-Zero est un véhicule de petit taille, inférieur à la norme des taxis, notamment pour la taille du coffre à bagages. Sa faible autonomie (140km), la durée de 30mn des recharges rapides, le nombre limité de postes de recharge, sont également des facteurs négatifs.

 

Donc fin 2015, avec le partenariat d'Air Liquide, STEP tente de se relancer avec un nouveau type de taxi électrique. Il est certain qu'il est plus prometteur : le service fourni par ces voitures à hydrogène est quasiment le même que celui des taxis traditionnels, diesel ou essence. Son prix est relativement élevé : 66 000 € duquel il faut déduire un bonus de 6 300 € plus une prime de 7 000 € accordée par la Ville de Paris aux taxis électriques. STEP annonce qu'elle aura 70 ix35 supplémentaires d'ici la fin de 2016. Air Liquide indique qu'elle envisage d'installer 3 stations à hydrogène haute pression (700 bars) supplémentaires dont une à CDG et une à Orly.

 

On peut parier qu'Air Liquide va soutenir cette aventure avec détermination car l'enjeu est important pour elle qui a investi dans de nombreux pays, piloté plusieurs expériences et créé de nombreuses infrastructures d'alimentation en hydrogène (75 stations à ce jour). Par exemple au Japon, elle a déjà ouvert 6 stations et le pays envisage la construction de 100 stations d'ici 2017. L'hydrogène y est principalement obtenue à partir de résidus de bois, donc sans effet sur l'environnement.

 

Une importante question est celle de l'origine de l'hydrogène qui sera utilisé dans les transports. Air Liquide comme ses grands concurrents Air Products, Linde et autres, produit de l'hydrogène depuis longtemps pour les raffineries de pétrole : cet hydrogène rentre dans le traitement des hydrocarbures pour les rendre plus légers. Il est obtenu par réformage du gaz naturel, réaction chimique qui produit également du CO2. L'électrolyse de l'eau est une voie possible sans production de CO2, notamment associée aux installations d'énergie renouvelable - éoliennes et panneaux solaires, qui peuvent produire de l'électricité à des moments où les besoins sont faibles. Un autre voie qui semble avoir beaucoup d'avenir mais en est actuellement au stade de la recherche : l'électrolyse de l'eau à haute température dans les centrales nucléaires de 4ème génération. On peut imaginer qu'aux heures creuses, ces centrales nucléaires produisent de l'hydrogène et qu'aux heures de forte consommation, elles alimentent à 100% le réseau électrique. Les experts indiquent que l'industrialisation de ce procédé ne sera possible qu'en 2030, c'est-à-dire demain. On voit que tout un ecosystème se développe autour du transport à hydrogène, avec des possibilités de production sans effet de serre. Il contribuera certainement dans les décennies à venir à réduire la production de CO2 tout en satisfaisant les besoins de transport et de mobilité.

 

En post scriptum, on notera que quatre artisans taxis parisiens se sont équipés en 2014 de Tesla S. Les caractéristiques de la Tesla S en font un véhicule adapté au métier : autonomie de 480km, coffre de large capacité. Le prix de ces voitures : 95 000 € ne facilite pas les choses. Mais le surplus de coût par rapport aux taxis traditionnels serait compensé par l'économie en carburant et en maintenance. N'ayant pas de nouvelles de l'expérience de ces artisans, on ne peut en tirer de conclusions ...

 

 

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 21:27

Algolia, fondée en septembre 2012 par Nicolas Dessaigne et Julien Lemoine, qui viennent d'Exalead, un moteur de recherche racheté par Dassault Systèmes, s'impose comme le spécialiste des outils de recherche pour les sites Internet, les sites marchands et les applications pour mobiles. Il a maintenant plus de 1200 clients dans plus de 100 pays.

 

D'abord accompagné par The Family en France, Algolia s'est installée à San Francisco – tout en gardant une équipe à Paris, et a intégré l'accélérateur Y Combinator en janvier 2014. Algolia a d'abord levé 1,5 millions $, en octobre 2013 auprès des fonds Index Ventures, Point Nine Capital et Alven Capital et d'investisseurs privés comme d’Ilan Abehassera, fondateur de Producteev et Thibaud Elzière, fondateur de Fotolia ; elle a ensuite levé 1,2 M$ auprès de Storm Capital en juin 2014, puis 18,3 M$ en mai 2015. Cette levée de fonds menée par Accel Partners, comprenait des investisseurs existants comme Alven Capital, Point Nine Capital et Storm Capital et de nouveaux partenaires comme Lead Edge Capital. L'objectif annoncé est d'accélérer le développement des produits, l'expansion internationale et le recrutement pour accompagner une croissance rapide.

 

A l'origine d'Algolia, le constat que les champs de recherche intégrés aux sites Internet sont lents et peu pertinents : ils font pâle figure face aux moteurs de recherche comme Google.

Algolia a conçu un API qui permet d'obtenir des résultats de recherche sur un site Internet ou avec une application pour mobile en moins de 10 millisecondes en moyenne : les résultats apparaissent aux utilisateurs au fur et à mesure qu'ils tapent sur leur clavier. La perception des utilisateurs en est considérablement améliorée, ce qui augmente notamment la conversion en ventes des recherches sur les sites marchands. En vue de fournir des résultats instantanés aux utilisateurs des sites de ses clients, Algolia a mis en place un réseau de 12 centres de données avec des temps de réponse inférieurs à 50 millisecondes.

A titre d'exemple, après la mise en place d'Algolia, le site Growthhackers a constaté que le volume de recherche avait augmenté dans un rapport 4, que les utilisateurs avaient visité 2 fois plus de pages et passé 5 fois plus de temps sur le site.

 

Jusqu'où va aller Algolia ? Considérant le nombre de sites Internet, surtout les sites marchands, dans le Monde : voilà sa clientèle potentielle !

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 20:51

La maison connectée est considérée comme l'une des applications ayant le plus fort potentiel sur le marché en pleine explosion des objets connectés. Fondée en mai 2011 à Boulogne-Billancourt, Netatmo bénéficie de cet engouement et vient de lever 30 millions € auprès de ses premiers investisseurs – Iris Capital, le fond Ambition Numérique de la BPI, et de Pascal Cagni via son fond C4 Ventures et du groupe Legrand, spécialiste du matériel électrique. Selon le dirigeant de Legrand, cette participation a pour objet de renforcer la stabilité de l'actionnariat de Netatmo, de créer des produits en commun et d'en faciliter l'interopérabilité. L'objectif de cette levée de fonds est de soutenir la croissance rapide de l'activité et le développement de nouveaux produits pour la maison connectée.

 

Frédéric Potter, fondateur de Netatmo, n'en est pas à sa première aventure entrepreneuriale : en 1998, avec Jean-Pierre Dumolard, un ancien de Matra et Nortel, il a repris une activité de l'opérateur longue distance Kaptech, avec une équipe de spécialistes de la commutation et des logiciels de télécommunication, qui a été appelée Cirpack. Cirpack est un fournisseur de solutions de télécommunications en voix sur Internet (voix sur IP) pour les opérateurs et les grandes entreprises. Nos deux fondateurs, qui étaient majoritaires et associés avec les fonds Siparex Ventures, Iris Capital et Endeavour L.P, ont vendu Cirpack à Technicolor (ex Thomson Multimedia) en avril 2005. Cirpack avait alors 45 clients et 60 employés. Frédéric Potter a ensuite participé à la création de Withings avec Eric Carreel et Cédric Hutchings.

 

Netatmo a été créée avec un apport de 2 millions €, puis a levé 4,5 millions en janvier 2013. Dès janvier 2012, une filiale américaine a été créée puis une filiale à Hong Kong en janvier 2013. La jeune entreprise est très présente sur le marché américain et a gagné à plusieurs reprises des prix au CES (Consumer Electronics Show) de Las Vegas.

 

Après le lancement en 2012 d'une station météo contrôlée par téléphone mobile commercialisée dans plus de 100 pays, Netatmo a introduit un thermostat connecté, dessiné par Philippe Starck et une caméra de surveillance reliée à Internet et capable de reconnaître les visages (Welcome).

Le thermostat dont la gamme de réglage s'étend de 5º à 30º par pas de 0,5º est entièrement contrôlable à distance via une application téléchargeable sur l'App Store, Google Play ou Windows Phone Store et peut servir à réguler une chaudière au fioul, au gaz ou à bois avec des scenarii programmables. Selon Netatmo, ce thermostat permettrait d'économiser 37% sur le coût du chauffage.

 

Selon les dirigeants de Netatmo, les ventes doubleraient actuellement tous les ans, les dépenses de R&D se monteraient à 20/25% du chiffre d'affaires, et les effectifs, actuellement de 100 personnes, passeraient à 150/180 d'ici un an. 80% des ventes sont actuellement réalisées à l'export, dans 175 pays ; Netatmo vise d'atteindre 94% des ventes à l'international grâce à une croissance forte en Chine et aux Etats-Unis.

 

A l'évidence, les dirigeants de Netatmo ont convaincu leurs investisseurs de leur capacité à poursuivre un développement échevelé, dans le monde entier et à réaliser des nouveaux produits à une cadence accélérée qui seraient à chaque fois des innovations de rupture, capables ainsi de s'imposer sur tous leurs marchés. Ils ambitionnent de détenir rapidement des positions de leader, ce qui facilitera l'adoption des produits.

 

On notera un élément qui, à terme, risque de limiter le potentiel : les dirigeants de Netatmo paraissent très attachés à conserver la majorité des parts. Il est certain que cela rend plus aisée la prise de décisions, mais cela limite le recours aux ressources en fonds propres nécessaires pour financer une croissance rapide.

 

A quand l'introduction en Bourse ? Si tout va bien, et que la conjoncture soit favorable, cela est prévisible dans 2 ou 3 ans ...

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 23:46

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