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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 21:19

EasyLi créée en 2011 par François Barsacq, ingénieur Centralien, développe des solutions de stockage pour l'énergie produite par les centrales renouvelables. Ces solutions sont destinées tout spécialement aux particuliers dont les panneaux solaires produisent dans le journée alors que leur pointe de consommation se trouve le soir.

 

Ces solutions sont réalisées autour de batteries lithium-ion qui se sont imposées ces dernières années, notamment sous l'influence des constructeurs automobiles. Ces derniers ont amené les constructeurs de ce type de batterie à réduire leurs coûts et à améliorer la fiabilité, en particulier en concurrence avec les batteries au plomb. Les batteries lithium-ion sont ainsi garanties 10 ans en stockage contre 1à 2 ans pour celles au plomb, leur durée de fonctionnement est supérieure à 15 ans contre 3-4 ans pour celles au plomb. Elles sont aussi 4 fois plus légères que les batteries au plomb.

 

 

La France est en retard dans les solutions de stockage d'énergie renouvelable

 

Comme l'a indiqué François Barsacq lors d'une conférence récente, la France est en retard dans l'implantation de ce type d'équipement. Encore une fois, cela est dû à mon sens, à l'intervention de l'Etat qui a prétendu stimuler l'installation de panneaux solaires en garantissant un prix élevé de rachat par EDF de l'électricité produite. Il n'y avait donc aucune incitation à mettre en place des solutions de stockage pour une utilisation nocturne de l'électricité produite.

De plus, ce coût de rachat élevé est facturé à l'ensemble des consommateurs d'électricité via la CSPE (contribution au service public d'électricité) qui, soit dit en passant, est devenue une taxe comme une autre à compter du 1 janvier 2016 et qui contribue à la masse globale, informe et incontrôlable du budget global. A noter que la CSPE a de multiples fonctions définies par la loi comme la compensation du surcoût de l'électricité produite en Corse et dans les DOM-TOM, les aides sociales et la rémunération du médiateur de l'énergie. Dans ce fourre-tout, le rachat des énergies renouvelables est devenu dominant avec 59% de la CSPE en 2015 (3,75 Mds€ sur 6,34 Mds€ !).
Comme dans bien d'autres cas, l'Etat se mêle d'influencer le marché par le biais de transferts obligatoires, définis par la loi ; il s'aperçoit au bout de quelque temps des effets pervers de son intervention, modifie les règles du jeu (baisse intempestive des coûts de rachat qui met en déroute l'industrie de l'installation des panneaux solaires) et finalement convertit ces transferts en une nouvelle taxe qui assurément va devenir pérenne.

 

Dans le cas présent, cela a contribué au retard de la France sur la mise en place de solutions de stockage de l'électricité, qui soulagent la charge des réseaux de distribution, limitent la nécessité de démarrer des centrales électriques au gaz ou pire, au charbon (productrices de CO2).

On voit qu'en prétendant soutenir le développement des énergies renouvelables, l'Etat a forcé EDF et les autres producteurs d'électricité à faire fonctionner des centrales polluantes aux heures de pointe !

 

L'Allemagne et les Etats-Unis sont largement en avance sur la France dans la mise en place de solutions de stockage avec à fin 2015 : environ 50 MW en France (démonstrateurs programmes expérimentaux seulement), plusieurs centaines de MW en Allemagne et aux Etats-Unis, notamment en Californie où les clients professionnels sont fortement taxés lors des périodes de pointe et les particuliers bénéficient de modulations horaires amplifiées.

 

On peut penser que le retard de la France dans ce domaine, met les jeunes entreprises comme EasyLi à la merci de la concurrence étrangère – notamment allemande, américaine et coréenne, qui a pu grossir et diminuer ses coûts sur leurs marchés domestiques respectifs. Ces concurrents ont pour nom : General Electric, Tesla Motors (USA), Younicos, Energiequelle (Allemagne), ABB, LG Chem et Samsung LDI (Corée). Le français SAFT est bien seul face à cette foule d'acteurs qui ont pu s'implanter sur des marchés porteurs.

Néanmoins, il s'agit d'un marché en pleine croissance, où très probablement des segments divers vont apparaître et il reste beaucoup de place pour l'innovation technique et commerciale, c'est-à-dire des idées qui se convertissent en facturations !

 

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 21:06

Anaplan a été créée à York en 2006 par Michaël Gould, un spécialiste en architecture logicielle et Guy Haddleton. Son siège est maintenant au sud de San Francisco.

L'équipe dirigeante comprend des vieux routiers de la "business intelligence" notamment le CEO est Frédéric Laluyaux qui a été VP Opérations stratégiques chez SAP et Senior VP Ventes et Opérations de Business Objects, le responsable EMEA Laurent Lefouet a été VP Ventes France chez SAP et responsable EMEA chez Business Objects.

En janvier 2016, Anaplan a annoncé qu'elle avait levé 90 millions $ auprès de 13 capital risqueurs, valorisant la société à plus d'un milliard $, le chef de file étant Premji Invest. C'est le quatrième tour de table (série E) réalisé par Anaplan depuis 2012 pour un total levé de 234,4 millions $.

 

Anaplan ne publie ni son chiffre d 'affaires ni ses résultats mais il est évident que sa croissance est très rapide : de 20 employés en 2012, elle est passée à 600 en 2016 ; depuis 3 ans, le chiffre d'affaires double tous les 6 mois.

Anaplan a maintenant un réseau de 14 bureaux et plus de 50 000 utilisateurs au sein de nombreux grands comptes comme P&G, HP, AXA, Zynga, Faurecia, Verizon,.... Elle a ouvert un troisième centre de R&D à Paris début 2015 après ceux de York et de San Francisco.

 

Anaplan a développé un ensemble d'outils de planification, d'analyse et de simulation des données d'entreprise en vue de faciliter des prises de décision en temps réel dans tous les domaines d'activité : Finances, Ventes, Marketing, Ressources humaines, Chaîne d’approvisionnement, Opérations et IT. Cet environnement en mode cloud dispose d'une interface utilisateur conviviale et propose plus de 100 applications de planification prédéfinies sur la plateforme Anaplan App Hub. Les utilisateurs peuvent aussi créer facilement leur propre application. Ces outils permettent aux entreprises d'anticiper les événements critiques, de modéliser rapidement les impacts potentiels et de les corriger à la volée.

 

Clairement, la technologie qu'a développé Anaplan a introduit une "rupture" dans le petit monde de l'analyse des données d'entreprise, de la "business intelligence". Sans connaître intimement SAP et ce qu'elle a pu faire depuis l'acquisition de Business Objects, on peut imaginer sans trop de risque, que les technologies développées par Business Objects n'ont pas beaucoup évolué depuis l'acquisition et que cela a laissé un boulevard aux développeurs d'Anaplan qui de plus se sont associés avec des experts du marché comme Frédéric Laluyaux et Laurent Lefouet.

Cela devrait inciter le lecteur intéressé par la Bourse de suivre Anaplan avec attention et une introduction probable dans les mois à venir.

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 19:57

Le 7 décembre 2015, pendant la COP21, la Maire de Paris et le PDG d'Air Liquide ont inauguré la première station de recharge d'hydrogène place de l'Alma à Paris, destinée à la flotte de 5 taxis de la société STEP (Société du Taxi Electrique Parisien). Ces taxis sont des Hyundaï ix35 FCEV (FuelCell Electric Vehicle), surnommés "hype".

L'ix35 FCEV, un gros "SUV" 5 places, est caractérisé selon Hyundaï, par une autonomie de 594 kilomètres, une vitesse de pointe de 160 km/h et une accélération de 0 à 100 km/h en 12,5 secondes. Le plein d'hydrogène s'effectue en 3 minutes. Comme toutes les voitures à hydrogène, elle n'émet que de la vapeur d'eau.

 

Présentée pour la première fois au Salon de Genève 2010, la version à hydrogène du ix35 va être produite en 1000 exemplaires. La plupart des constructeurs ont des développements en cours sur des véhicules à hydrogène, essentiellement sur le coeur de la technologie qu'est la pile à combustible. Honda a déjà lancé la FCX Clarity en 2008 et la produit en petite série. Toyota qui a introduit la Mirai en 2015, a noué un partenariat avec Mercedes qui a commencé une petite série de Classe B en 2010. Un des obstacles qui apparait comme en partie surmonté, est le coût élevé de la pile à combustible dû à la quantité de platine utilisé.

 

Mais l'obstacle le plus important à la diffusion des véhicules à hydrogène est l'absence d'infrastructure de distribution et de stockage, un des freins étant le coût élevé des stations services (1 million €). En Allemagne qui est très engagée pour développer cette infrastructure, il n'y avait que 25 stations à la fin de 2015.

 

Créée en 2009, STEP a d'abord lancé en 2011 avec l'appui de PSA, une flotte de taxis composée de Citröen C-Zero. Cette initiative audacieuse n'a cependant pas eu le succès escompté. Cela s'explique en particulier parce que le C-Zero est un véhicule de petit taille, inférieur à la norme des taxis, notamment pour la taille du coffre à bagages. Sa faible autonomie (140km), la durée de 30mn des recharges rapides, le nombre limité de postes de recharge, sont également des facteurs négatifs.

 

Donc fin 2015, avec le partenariat d'Air Liquide, STEP tente de se relancer avec un nouveau type de taxi électrique. Il est certain qu'il est plus prometteur : le service fourni par ces voitures à hydrogène est quasiment le même que celui des taxis traditionnels, diesel ou essence. Son prix est relativement élevé : 66 000 € duquel il faut déduire un bonus de 6 300 € plus une prime de 7 000 € accordée par la Ville de Paris aux taxis électriques. STEP annonce qu'elle aura 70 ix35 supplémentaires d'ici la fin de 2016. Air Liquide indique qu'elle envisage d'installer 3 stations à hydrogène haute pression (700 bars) supplémentaires dont une à CDG et une à Orly.

 

On peut parier qu'Air Liquide va soutenir cette aventure avec détermination car l'enjeu est important pour elle qui a investi dans de nombreux pays, piloté plusieurs expériences et créé de nombreuses infrastructures d'alimentation en hydrogène (75 stations à ce jour). Par exemple au Japon, elle a déjà ouvert 6 stations et le pays envisage la construction de 100 stations d'ici 2017. L'hydrogène y est principalement obtenue à partir de résidus de bois, donc sans effet sur l'environnement.

 

Une importante question est celle de l'origine de l'hydrogène qui sera utilisé dans les transports. Air Liquide comme ses grands concurrents Air Products, Linde et autres, produit de l'hydrogène depuis longtemps pour les raffineries de pétrole : cet hydrogène rentre dans le traitement des hydrocarbures pour les rendre plus légers. Il est obtenu par réformage du gaz naturel, réaction chimique qui produit également du CO2. L'électrolyse de l'eau est une voie possible sans production de CO2, notamment associée aux installations d'énergie renouvelable - éoliennes et panneaux solaires, qui peuvent produire de l'électricité à des moments où les besoins sont faibles. Un autre voie qui semble avoir beaucoup d'avenir mais en est actuellement au stade de la recherche : l'électrolyse de l'eau à haute température dans les centrales nucléaires de 4ème génération. On peut imaginer qu'aux heures creuses, ces centrales nucléaires produisent de l'hydrogène et qu'aux heures de forte consommation, elles alimentent à 100% le réseau électrique. Les experts indiquent que l'industrialisation de ce procédé ne sera possible qu'en 2030, c'est-à-dire demain. On voit que tout un ecosystème se développe autour du transport à hydrogène, avec des possibilités de production sans effet de serre. Il contribuera certainement dans les décennies à venir à réduire la production de CO2 tout en satisfaisant les besoins de transport et de mobilité.

 

En post scriptum, on notera que quatre artisans taxis parisiens se sont équipés en 2014 de Tesla S. Les caractéristiques de la Tesla S en font un véhicule adapté au métier : autonomie de 480km, coffre de large capacité. Le prix de ces voitures : 95 000 € ne facilite pas les choses. Mais le surplus de coût par rapport aux taxis traditionnels serait compensé par l'économie en carburant et en maintenance. N'ayant pas de nouvelles de l'expérience de ces artisans, on ne peut en tirer de conclusions ...

 

 

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 21:27

Algolia, fondée en septembre 2012 par Nicolas Dessaigne et Julien Lemoine, qui viennent d'Exalead, un moteur de recherche racheté par Dassault Systèmes, s'impose comme le spécialiste des outils de recherche pour les sites Internet, les sites marchands et les applications pour mobiles. Il a maintenant plus de 1200 clients dans plus de 100 pays.

 

D'abord accompagné par The Family en France, Algolia s'est installée à San Francisco – tout en gardant une équipe à Paris, et a intégré l'accélérateur Y Combinator en janvier 2014. Algolia a d'abord levé 1,5 millions $, en octobre 2013 auprès des fonds Index Ventures, Point Nine Capital et Alven Capital et d'investisseurs privés comme d’Ilan Abehassera, fondateur de Producteev et Thibaud Elzière, fondateur de Fotolia ; elle a ensuite levé 1,2 M$ auprès de Storm Capital en juin 2014, puis 18,3 M$ en mai 2015. Cette levée de fonds menée par Accel Partners, comprenait des investisseurs existants comme Alven Capital, Point Nine Capital et Storm Capital et de nouveaux partenaires comme Lead Edge Capital. L'objectif annoncé est d'accélérer le développement des produits, l'expansion internationale et le recrutement pour accompagner une croissance rapide.

 

A l'origine d'Algolia, le constat que les champs de recherche intégrés aux sites Internet sont lents et peu pertinents : ils font pâle figure face aux moteurs de recherche comme Google.

Algolia a conçu un API qui permet d'obtenir des résultats de recherche sur un site Internet ou avec une application pour mobile en moins de 10 millisecondes en moyenne : les résultats apparaissent aux utilisateurs au fur et à mesure qu'ils tapent sur leur clavier. La perception des utilisateurs en est considérablement améliorée, ce qui augmente notamment la conversion en ventes des recherches sur les sites marchands. En vue de fournir des résultats instantanés aux utilisateurs des sites de ses clients, Algolia a mis en place un réseau de 12 centres de données avec des temps de réponse inférieurs à 50 millisecondes.

A titre d'exemple, après la mise en place d'Algolia, le site Growthhackers a constaté que le volume de recherche avait augmenté dans un rapport 4, que les utilisateurs avaient visité 2 fois plus de pages et passé 5 fois plus de temps sur le site.

 

Jusqu'où va aller Algolia ? Considérant le nombre de sites Internet, surtout les sites marchands, dans le Monde : voilà sa clientèle potentielle !

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 20:51

La maison connectée est considérée comme l'une des applications ayant le plus fort potentiel sur le marché en pleine explosion des objets connectés. Fondée en mai 2011 à Boulogne-Billancourt, Netatmo bénéficie de cet engouement et vient de lever 30 millions € auprès de ses premiers investisseurs – Iris Capital, le fond Ambition Numérique de la BPI, et de Pascal Cagni via son fond C4 Ventures et du groupe Legrand, spécialiste du matériel électrique. Selon le dirigeant de Legrand, cette participation a pour objet de renforcer la stabilité de l'actionnariat de Netatmo, de créer des produits en commun et d'en faciliter l'interopérabilité. L'objectif de cette levée de fonds est de soutenir la croissance rapide de l'activité et le développement de nouveaux produits pour la maison connectée.

 

Frédéric Potter, fondateur de Netatmo, n'en est pas à sa première aventure entrepreneuriale : en 1998, avec Jean-Pierre Dumolard, un ancien de Matra et Nortel, il a repris une activité de l'opérateur longue distance Kaptech, avec une équipe de spécialistes de la commutation et des logiciels de télécommunication, qui a été appelée Cirpack. Cirpack est un fournisseur de solutions de télécommunications en voix sur Internet (voix sur IP) pour les opérateurs et les grandes entreprises. Nos deux fondateurs, qui étaient majoritaires et associés avec les fonds Siparex Ventures, Iris Capital et Endeavour L.P, ont vendu Cirpack à Technicolor (ex Thomson Multimedia) en avril 2005. Cirpack avait alors 45 clients et 60 employés. Frédéric Potter a ensuite participé à la création de Withings avec Eric Carreel et Cédric Hutchings.

 

Netatmo a été créée avec un apport de 2 millions €, puis a levé 4,5 millions en janvier 2013. Dès janvier 2012, une filiale américaine a été créée puis une filiale à Hong Kong en janvier 2013. La jeune entreprise est très présente sur le marché américain et a gagné à plusieurs reprises des prix au CES (Consumer Electronics Show) de Las Vegas.

 

Après le lancement en 2012 d'une station météo contrôlée par téléphone mobile commercialisée dans plus de 100 pays, Netatmo a introduit un thermostat connecté, dessiné par Philippe Starck et une caméra de surveillance reliée à Internet et capable de reconnaître les visages (Welcome).

Le thermostat dont la gamme de réglage s'étend de 5º à 30º par pas de 0,5º est entièrement contrôlable à distance via une application téléchargeable sur l'App Store, Google Play ou Windows Phone Store et peut servir à réguler une chaudière au fioul, au gaz ou à bois avec des scenarii programmables. Selon Netatmo, ce thermostat permettrait d'économiser 37% sur le coût du chauffage.

 

Selon les dirigeants de Netatmo, les ventes doubleraient actuellement tous les ans, les dépenses de R&D se monteraient à 20/25% du chiffre d'affaires, et les effectifs, actuellement de 100 personnes, passeraient à 150/180 d'ici un an. 80% des ventes sont actuellement réalisées à l'export, dans 175 pays ; Netatmo vise d'atteindre 94% des ventes à l'international grâce à une croissance forte en Chine et aux Etats-Unis.

 

A l'évidence, les dirigeants de Netatmo ont convaincu leurs investisseurs de leur capacité à poursuivre un développement échevelé, dans le monde entier et à réaliser des nouveaux produits à une cadence accélérée qui seraient à chaque fois des innovations de rupture, capables ainsi de s'imposer sur tous leurs marchés. Ils ambitionnent de détenir rapidement des positions de leader, ce qui facilitera l'adoption des produits.

 

On notera un élément qui, à terme, risque de limiter le potentiel : les dirigeants de Netatmo paraissent très attachés à conserver la majorité des parts. Il est certain que cela rend plus aisée la prise de décisions, mais cela limite le recours aux ressources en fonds propres nécessaires pour financer une croissance rapide.

 

A quand l'introduction en Bourse ? Si tout va bien, et que la conjoncture soit favorable, cela est prévisible dans 2 ou 3 ans ...

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 23:46

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 15:21

Carbon3D fondée en 2013 par Joseph DeSimone et localisée à Redwood City dans la Silicon Valley a pour ambition de réaliser des systèmes d'impression 3D qui soient véritablement des outils de production de série et non plus seulement de prototypage et de fabrication en petites quantités.

L'objectif est de réduire les coûts de production dans un rapport de l'ordre de 1/30 par rapport aux solutions actuelles.

 

Le principal obstacle à une véritable industrialisation de l'impression 3D est la vitesse de réalisation des pièces. Actuellement, cette vitesse est encore similaire à celle que l'on obtient par l'usinage avec des machines à commande numérique qui typiquement réalisent une pièce à la fois, souvent en plusieurs heures, la durée étant directement liée à la complexité de chaque pièce.

On est très loin de la vitesse de production en plasturgie ou injection de métal qui sort des pièces de haute précision et en bonne matière – comme l'ABS -PC ou l'aluminium, à des cadences de l'ordre de la seconde. Les temps machine – qui fonctionnent en automatique, par pièce étant très faibles, le coût des pièces se rapproche de celui de la matière, surtout quand les séries sont longues. Plus les séries sont longues, moins les temps de lancement et de mise au point et les outillages n'ont d'influence sur les coûts unitaires. On observera au passage que, dans ces conditions, le marché des matières premières (plastiques, métal) étant mondial, les coûts de production ont tendance à se rapprocher entre notre pays et les pays lointains, justifiant souvent des relocalisations.

 

Les ambitions de Carbon3D sont tout à fait intéressantes mais de là à se substituer aux techniques de l'injection plastique et métal, il y a encore beaucoup de chemin à faire.

 

Depuis sa création, Carbon3D a réussi à intéresser de nombreux investisseurs de poids ; elle a déjà effectué 3 levées de fonds (11 mill. $ en décembre 2013, 30 mil. $ en mars 2015, 100 millions $ en août 2015, total 141 millions $) dont la dernière rassemble Google Ventures, Reinet Investments, Yuri Milner, F.I.S. (Fidelity Information Services), Northgate Capital avec les précédents fonds : Sequoia Capital (*), Siver Lake Kraftwerk et Autodesk Spark Investment Fund.

 

La technologie Carbon3D

 

La promesse de Carbon3D est fondée sur une technologie dont son fondateur Joseph DeSimone dit avoir eu l'idée en regardant la scène du T-1000 du film Terminator II où on voit un cyborg émerger en liquide métal. En mars 2015, lors d’une conférence TED à Vancouver, Carbon3D a présenté un prototype de machine CLIP permettant en théorie de multiplier par 25 à 100 la vitesse d'impression et d'améliorer la qualité des objets produits.

 

Les innovations de Carbon3D s'appuient sur l'utilisation de résine, de lumière et d'oxygène pour donner la technologie CLIP (continuous liquid interface production). Concrètement, la machine polymérise la matière en projetant des rayons UV dans un réservoir de résine à travers une fenêtre perméable à l'oxygène. Selon 3DVF.com, CLIP est une variante des techniques DLP/SLA : un projecteur vidéo projette une image sur une résine photosensible qui se solidifie. Un support se soulève lentement, et l'objet se forme petit à petit, collé au support. La partie inférieure du bac de résine est perméable à l'oxygène de l'air, qui réagit avec la résine de telle sorte que les trente premiers microns de résine restent liquide, et l’objet solide ne se forme que plus haut, en continu.

 

CLIP fonctionne ainsi en continu et non en "couche par couche" comme les autres techniques d'impression 3D. Elle pourrait créer des élastomères extrêmement souples, 25 fois plus rapidement qu’une impression Polyjet 3D et 100 fois plus vite qu’en stéréolithographie. avec une meilleure résolution et une structure plus proche des objets injectés.

 

L'état du marché

 

En 2014, selon un cabinet spécialisé (Wohlers), le marché de l'impression 3D se montait à

3,6 milliards € avec une croissance de 35 % par an. Le segment de l'impression 3D des métaux (20 % du marché) est celui qui croit le plus vite. Cinq grandes catégories de technologies se disputent ce segment : a) couches successives de poudre métallique agglomérées par un liant organique projeté par une rampe d'impression multijets puis frittage agglomèrant les grains métalliques (ExOne, VoxelJet, SLS de 3D Systems, Digital Metal de Fcubic/Höganäs), b) le procédé SLM : laser balayant la surface et fusionnant les grains métalliques (Concept Laser, EOS, Phenix Technologies de 3D Systems, Realizer, Renishaw, SLM Solutions, Prodway...), c) le procédé SLM : faisceau d'électrons fusionnant les grains métalliques (Arcam...), d) projection de poudre métallique au travers d'une buse concentrique à un faisceau laser qui la fusionne sur un substrat ou la couche précédente (Optomec, Trumpf, Beam...), e) le fabricant de matériels de soudage Sciaky propose des machines permettant de déposer un fil de titane qui est soudé sur la couche précédente. Le marché est en pleine évolution, les technologies étant encore largement aux stades de développement.

 

Carbon3D elle, se positionne pour l'instant sur le marché de l'impression des plastiques et élastomères. A l'évidence, vu les enjeux et le potentiel considérable, vu l'intérêt soulevé dans de nombreuses industries, les très nombreuses jeunes pousses qui se créent, lançant des défis majeurs aux leaders actuels du secteur, il faut s'attendre à de grands mouvements. Je suis prêt à parier que d'ici moins de 18 mois, d'autres acteurs annoncent des machines rapides et précises en concurrence frontale avec Carbon3D.

Les clefs sur un marché bouillonnant comme celui-ci sont bien sûr : la qualité de l'équipe, la capacité de mobiliser des fonds pour investir plus vite et plus fort que les autres et ne pas se tromper de technologie.

Cette course échevelée est passionnante. On peut penser que le marché devenant plus mature, des niches s'établiront, à côté des produits de masse, par exemple pour le grand public. Il y aura toujours de la place pour de nombreux acteurs.

 

(*) Sequoia qui était le seul investisseur dans WhatsApp, un service de messagerie sur téléphone mobile racheté par Facebook en 2014 pour un montant estimé à 19 milliards $, a aussi investi dans Stripe, Airbnb et Dropbox.

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 06:59

In'Tech Medical créée en 2000 vient de faire parler d'elle en rachetant l'américain Turner Medical (Athens, Alabama), ce qui d'un coup la fait quasiment doubler de taille et l'implante solidement sur le marché nord américain.

 

En 1999, le groupe américain Medtronic qui a racheté plus tôt Sofamor-Danek, fabricant d'implants et d'instruments de chirurgie pour la colonne vertébrale, ferme le site de Rang-du-Fliers (62) où il y a 120 employés. Deux cadres, Jean-Luc Malpièce et Alain Degrave, créent In'Tech Medical avec les équipes de Rang-de-Fliers et s'appuyant sur la clientèle de Medtronic, développe rapidement la jeune société : dès 2002, il y avait 100 employés. D'autres sites de production sont rachetés : en 2004 à Annecy avec 32 personnes et à Memphis (Tennesse) avec 8 employés et en 2008 à Toulon (52 personnes). Le développement a été financé par les fonds propres, des emprunts bancaires et la participation du fonds d'investissement TSR Capital qui détient maintenant 70% du Capital. Les confondateurs ont laissé la place à un autre cadre Laurent Pruvost, ancien directeur commercial et ils détiennent chacun 10% du capital.

 

In'Tech est spécialisée en instruments chirurgicaux et en implants pour l'orthopédie, la hanche et le genou, le rachis et la traumatologie. Elle cible des marchés de niche comme la chirurgie mini invasive du rachis (la colonne vertébrale). Elle a longtemps opéré avec des cahiers des charges établis en partenariat avec des chirurgiens puis à partir de 2006, un département R&D a été créé qui conçoit des produits en propre. Elle estime le marché sur lequel elle intervient à 900 millions $ et ses concurrents sont surtout américains.

 

Turner Medical

 

Il y a plus de 35 ans, John Turner créa Turner Machine, une entreprise d'usinage de précision. Depuis six ans, son fils Bill orienta la société devenue Turner Medical, exclusivement vers les instruments et implants pour l'orthopédie. Certifiée ISO 13485 et homologuée par la FDA, va permettre à In'Tech Medical de mettre en place aux Etats Unis un Prototype Garage.


 

Le Prototype Garage


 

Le Prototype Garage, lancé par In'Tech Medical début 2015, est une cellule autonome de prototypage rapide. Il est dédié à la réalisation de prototypes de haute qualité, équivalente à de la production de série, afin de servir une clientèle qui a des besoins urgents de produits d'aussi bonne qualité que les produits catalogue réalisés en série. Selon Laurent Pruvost, il y a actuellement une demande en croissance exponentielle de ce type de prototypes en instruments et implants prêts pour les opérations chirurgicales. L'objectif du Prototype Garage est de les fournir via une cellule intégré des solutions rapides et à un coût compétitif.

 

Les perspectives


Les ventes d'In'Tech Medical ont progressé de 32 millions € en 2013 à 39 en 2014, avec déjà une portion significative aux Etats Unis. Turner réalisant un chiffre d'affaires de 21 millions $, le groupe va dépasser les 60 millions € cette année avec plus de 500 employés dont 185 chez Turner et environ 50% des ventes combinées des deux sociétés aux Etats Unis.

Avec l'acquisition de Turner Medical, la croissance continue avec une dynamique impressionante, beaucoup d'innovations et une grande proximité de la clientèle des chirurgiens spécialisés.

In'Tech Medical surfe aussi sur le vieilliement général des populations et la croissance de la demande en implants orthopédiques.

Encore une jeune entreprise pleine d'avenir du secteur médical dont la France apparait s'être fait la spécialité. 

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 10:41

Selon Techcrunch, Blablacar aurait levé la semaine du 1/09/2015 160 millions $ auprès du fonds américain Inside Venture Partners.

Fondée en 1995, Inside Venture Partners a collecté plus de 13 milliards $ et investi dans plus de 250 entreprises de croissance dans les domaines du logiciel, Internet et services informatiques.

En fait, il s'agissait de 200 millions $ auprès  de Inside Ventures Partners, Lead Edge Capital et le suédois Vostok New Ventures.

 

Ce montant de 200 millions $ a été obtenu en valorisant Blablacar 1,5 milliards $ : les précédents investisseurs et les fondateurs doivent être bien contents car la dilution de leur investissement a été minimale.

Blablacar est ainsi une des rares jeunes pousses françaises ayant une valorisation supérieure à 1 milliard $ !

 

Cette levée de fonds est destinée au développement international qui est déjà bien avancé avec une présence dans 19 pays : France, Allemagne, Portugal, Bénélux, Espagne, Royaume-Uni, Italie, Pologne, Serbie, Roumanie, Croatie, Hongrie, Russie, Ukraine, et surtout Turquie, Inde et Mexique, et 20 millions de membres. Elle a déjà racheté l'allemand Carpooling et le hongrois Autohop ce qui renforce sa position dominante en Europe. Manifestement, Blablacar exécute avec une grande efficacité la stratégie de la réussite dans le monde numérique : être le numéro un et prendre l'avance la plus importante possible face aux concurrents, devenir incontournable.

 

On peut se demander au passage ce que vient faire la SNCF en se lançant dans le covoiturage avec le rachat de 123envoiture.com en 2013 appelé maintenant iDVROOM (lequel de mes lecteurs en a entendu parler ?). Cela va sûrement être un nouveau foyer de pertes financé par nos impôts et subventions diverses. Et son nouveau service de cars qui provoque des réactions de la part de ses partenaires en TER, les régions, va probablement subir de lourdes pertes (car comme dans le domaine du fret, ses coûts sont largement supérieurs à ceux de la concurrence) face à des spécialistes du transport en car longue distance.

Quand va-t'on arrêter de soumettre la France à la tyrannie de ce monopole à la gouvernance complètement dévoyée, aux coûts démesurés, qui refuse la concurrence sur son métier de base et se lance dans des aventures où elle n'a aucun avantage compétitif ?

 

Fondée en 2006, par Frédéric Mazzella, Francis Nappez et Nicolas Brusson, Blablacar a maintenant 350 employés dont 90 à Paris, rue Blanche dans des locaux voisins de Criteo. Il est certain que les 2 jeunes pousses sont très proches et que l'expérience et les contacts de Criteo auprès des investisseurs l'aide dans son développement.

Cette dynamique ne peut qu'aider d'autres jeunes pousses à fort potentiel à se faire connaître, à être encouragé d'envisager bien vite le Monde comme leur marché cible, et notamment l'Amérique du Nord où tout va plus vite et plus fort.

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 20:16

Depuis 10 ans, les chercheurs de Biophytis travaillent sur les maladies dégénératives liées au vieillissement, en s'appuyant sur des partenaires de haut niveau : l'Université Pierre et Marie Curie ("Jussieu" qui pour mémoire est depuis plusieurs années classée première française au hit parade de Shanghaï), l'Institut de la Vision, l'Institut de Myologie, l'Institut hospitalo-universitaire du Cardiométabolisme et de la Nutrition (ICAN).

Ils visent à développer des médicaments pour soigner les patients en phase dite intermédiaire pour lesquels il n'existe actuellement aucun traitement.

Les projets les plus avancés concernent la sarcopénie (plate-forme SARCOB) et la DMLA sèche (plateforme MACULIA), pour lesquels des traitements entrent actuellement en phase 2b de développement.

 

La sarcopénie ou dystrophie musculaire liée à l'âge se définit comme la diminution de la masse et de la force musculaire, associée à une baisse des performances physiques. On estime que 25% des personnes de plus 70 ans et 40% des plus de 80 ans sont atteints de sarcopénie dans le monde. Les personnes obèses et sarcopéniques risquent particulièrement de perdre leurs capacités fonctionnelles. 31% de la population américaine de plus de 60 ans serait obèse et sarcopénique soit environ 20 millions de personnes..

 

La DMLA ou dégénérescence maculaire liée à l'âge est une maladie irréversible de la rétine provoquée par une dégénérescence chronique et progressive de la macula, située au fond de l’œil, provoquant un affaiblissement important des capacités visuelles, notamment sur la vision centrale. La DMLA est deux fois plus fréquente que la maladie d'Alzheimer chez les plus de 60 ans. 80% des cas concernent la forme sèche de la DMLA ou atrophie géographique.

 

Biophytis projette de porter ses plateformes SARCOB et MACULIA jusqu’à la preuve d’activité clinique, la description du mécanisme d’action, la preuve d’innocuité des candidats médicaments et leur caractérisation sur des indications secondaires.

Une fois ce stade atteint, idéalement en 2017 pour ces candidats, Biophytis signera des accords de licence avec des laboratoires pharmaceutiques pour accompagner le développement réglementaire dans les pays cibles et assurer leur commercialisation.

La stratégie de Biophytis est ainsi de se concentrer sur le développement de nouveaux médicaments et de confier à des partenaires pharmaceutiques la mise sur le marché et la diffusion commerciale.

 

Créée en septembre 2006 par deux chercheurs, Stanislas Veillet et René Lafont, située à Romainville (93), Biophytis a été rapidement accompagnée par les fonds Seventure Partners, filiale de Natexis et CM-CIC Capital Privé et par un organisme de recherche partenarial (PRO) Metabrain Research. Elle s'est entourée d'un comité scientifique d'élite comprenant notamment José-Alain Sahel, directeur de l'Institut de la Vision et fondateur de plusieurs start-ups dont Fovéa Pharmaceuticals, GenSight Biologics et Pixium-Vision. Le conseil d'administration est composé notamment d'entrepreneurs expérimentés comme Jean-Gérard Galvez, ancien PDG d'ActivCard, et Marie-Claire Janailhac-Fritsch, fondatrice d'IRIS et de Lanatech et PCA de Guerbet.

 

Il est certain que Biophytis a su mobiliser tout un réseau de leaders et de personnalités autour de son projet qui lui assure un support solide dans l'éco-système des biotechnologies en France.

Cet éco-système est particulièrement présent en Bourse avec 60 sociétés cotées à Paris. Du fait de leur poids sur le marché, de nombreux analystes financiers les suivent, diffusent des études et favorisent l'information des investisseurs et du public.

Cela garantit que toute nouvelle introduction sera largement suivie et aura de bonnes chances de succès. Un "cercle vertueux" s'est ainsi constitué en France autour des "start-ups" de biotechnologie.

 

On aimerait que la même masse critique se constitue dans d'autres domaines d'avenir et en forte croissance comme les sociétés Internet. Pour l'instant, ce n'est pas du tout le cas, les jeunes pousses à fort potentiel comme Criteo, allant toutes s'introduire au NASDAQ à New York.

 

C'est ainsi que Biophytis a levé 10 millions € lors de son introduction en juillet 2015, dont 2 millions ont été souscrits par les investisseurs historiques. Biophytis était alors valorisée 33 millions €. L'objectif de cette levée est de poursuivre les développements cliniques des deux plate-formes SARCOB et MACULIA, visant des licences en 2017.

Un petit peu par surprise, BIOPHYTIS a procédé début août à une nouvelle levée de fonds, cette fois-ci privée auprès d’un investisseur nord-américain d'un montant total de 6 millions €. On peut estimer que cette levée de fonds est particulièrement positive, car elle témoigne de l'intérêt aux Etats-Unis pour ses développements et lui permet d'envisager une introduction rapide de ses produits sur le marché qui a de loin le plus fort potentiel.

A ce jour, fin août 2015, le cours de Biophytis a plus que doublé et le valeur de l'entreprise a été portée à 78 millions €.

 

Biophytis est vraiment une jeune pousse à suivre : ses développements vont permettre à la population vieillissante en croissance dans tous les pays, de garder longtemps une bonne autonomie, de continuer de vivre agréablement et, grosse cerise sur le gâteau : soulager tous les systèmes de santé.

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