Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 23:30

Le lancement de la dernière nouveauté d'Apple donne lieu à une couverture médiatique absolument étonnante. Bien sûr les rumeurs diffusées bien avant le lancement officiel ont contribué à « conditionner » les médias, les journalistes et le public. Quels merveilleux alliés que ces médias qui vont contribuer à garantir le succès rapide du produit tout en réduisant l'investissement nécessaire en communication pour Apple. C'est ainsi qu'Apple risque fort d'avoir encore une année de rêve en termes de ventes et de résultat !

 

Mais cela n'a pas toujours été le cas : un article récent du Guardian (du 20/01/2010) repris dans l'édition du 28 janvier 2010 de Courrier International évoque l'histoire d'Apple qui a été faite de hauts et de bas. A l'évidence, la qualité de l'ergonomie des produits est une constante ; on peut ajouter que l'ergonomie a toujours eu la priorité sur la technologie, au point que les premiers produits ont souvent été victimes de performances techniques insuffisantes, les ingénieurs consacrant semble-t-il leurs efforts à l'ergonomie. Steve Jobs n'avait-t-il pas résumé la stratégie en disant qu'Apple concevait des ordinateurs pour chacun d'entre nous ? J'ai personnellement découvert le Macintosh en 1986 dans la société où je travaillais aux Etats-Unis : l'ensemble du département marketing était équipé de Macs, en toute indépendance, au grand dam des informaticiens qui de leur côté, consacrait une grande énergie à faire tourner un série de VAX, des super mini devenus 5 ans plus tard des monstres obsolètes. Avec ce Mac de première génération, j'ai pu réaliser des plans dignes d'un architecte pour une extension de ma maison à Cleveland, avec lesquels j'ai obtenu des services de la ville un permis de construire ! Bien sûr sans aucune formation sur le programme utilisé.

 

Il y a cependant un facteur important que l'auteur du Guardian, Charles Arthur ne fait qu'effleurer et qui paraît fondamental dans les succès des produits Apple des dix dernières années et qui coïncide avec le retour de Steve Jobs en 1997. Avant 1997, Apple a constamment lancé des produits entièrement nouveaux sur de nouveaux marchés. Il s'agissait à la fois de créer la demande (le marché) et de convaincre les clients d'acheter les produits. C'était une stratégie à haut risque qui a failli conduire Apple à sa ruine. Deux exemples à noter : le Newton, premier assistant personnel sans clavier, le Macintosh portable, premier ordinateur portable. Ces produits sont apparus trop tôt et n'ont pu plaire qu'à une minorité du public, alors que la concurrence n'offrait rien d'équivalent et que les performances techniques n'étaient pas au rendez-vous.

 

Depuis 1997, une stratégie totalement différente a été mise en oeuvre : sur des marchés que la concurrence avait déjà créés et où existe une demande latente et prête à accueillir de nouveaux produits plus performants et plus innovants, Apple a lancé des produits qui ont écrasé la concurrence grâce à leur ergonomie supérieure. Apple a aussi bénéficié des technologies développées pour ces mêmes concurrents et arrivées à maturité grâce à des séries produites plus longues, lui permettant de concevoir des produits techniquement performants à faible coût. Cela n'avait pas été le cas avant 1997 ! C'est ainsi que l'iPod puis l'iPhone sont arrivés sur des marchés qu'Apple n'a pas eu besoin de créer, où les utilisateurs avertis ont très rapidement compris ce qu'apportaient ces produits et que les concurrents n'avaient pas. Il est à prévoir que les efforts fournis par Amazon pour promouvoir le Kindle et par Sony pour vendre sa tablette vont profiter à l'iPad d'Apple qui va instantanément apparaître comme supérieur tant par son ergonomie que par la gamme étendue d'applications.

 

Dans la lignée de cette stratégie, imaginer quel sera le produit suivant d'Apple, c'est identifier un nouveau marché qui peine à décoller et où quelques produits à l'ergonomie limitée tentent de convaincre les utilisateurs à grand renfort de promotion.

 

Etre le premier pour créer un marché apparaît ainsi très risqué ! Il vaut mieux laisser à d'autres l'investissement initial et arriver derrière avec un produit infiniment supérieur. Mais le clef est bien dans la capacité de réaliser l'« infiniment supérieur ».

Partager cet article
Repost0
4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 22:05

Dans un rapport sur la transmission familiale des entreprises remis le 30 octobre 2009 à Hervé Novelli, Secrétaire d’État chargé notamment des PME, Olivier Mellerio codirigeant de la joaillerie Mellerio, entreprise familiale depuis 1613, soutient que seule une entreprise sur dix fait l’objet d’une transmission familiale en France. Pourtant il note que l’entreprise familiale reste majoritaire en nombre (83 %) et contribue de façon conséquente à la richesse du pays (environ 50 % du PNB).

 

A partir de ce constat, O. Mellerio considère que ce « phénomène ne peut, sur longue période, qu’entraîner des conséquences durables sur la position concurrentielle de la France par rapport à ses voisin » et ajoute « Mais, après tout est-ce si grave ?». Il note cependant qu'aucune statistique nationale ne répertorie les entreprises familiales.

 

La population qu'O. Mellerio a étudiée est constituée des entreprises de plus de 1 million € de chiffre d'affaires et de plus de 10 salariés. Pourtant les chiffres qu'il avance sont repris d'une étude KPMG de 2007 qui elle considérait un échantillon bien différent de 240 entreprises dont le chiffre d'affaires est compris entre 7,5 millions € et 100 millions € ! Il est aisé de comprendre que la proportion de transmissions familiales sera plus faible pour les entreprises de 7,5 à 100 millions d'€ de chiffre d'affaires que pour les entreprises plus petites.

 

A cela s'ajoute le fait que les transmissions familiales se produisent en moyenne tous les 30 ans – soit l'écart entre générations –, les autres types de transmission s'effectuant tous les 10 à 15 ans. Cette différence explique d'une part la faible proportion de transmissions familiales observées pendant une période donnée et d'autre part la permanence d'une forte proportion d'entreprises familiales. Par ailleurs, les entreprises créées dans les 30 dernières années sont naturellement en grande majorité des entreprises familiales, ayant leur fondateur à leur tête ! Tout simplement le cycle de vie des entreprises familiales est différent de celui des autres.

 

Il s'avère que parmi les très nombreuses propositions formulées dans le rapport d'O. Mellerio, la plus pertinente est à l'évidence la mise en place de statistiques de suivi des entreprises familiales. On pourra alors identifier avec précision les évolutions et comparer les performances respectives des entreprises familiales avec les autres.

 

Est-il vraiment certain que les entreprises ayant fait l'objet d'une transmission familiale, c'est-à-dire dirigées par la 2è, 3è génération ou plus sont plus performantes que les autres ? qu'elles se développent plus vite ? Un adage fréquemment cité indique que « le fondateur crée et développe, les enfants maintiennent et les petits enfants dilapident ». J'ai constaté personnellement dans la famille de mon père une illustration parfaite de cette adage : mon grand-père avait créé 3 entreprises (un cinéma, une bijouterie et une affaire de matériaux pour la chimie et la construction), ses enfants ont chacun poursuivi l'exploitation d'une des entreprises qui ont ensuite disparu l'une après l'autre sous la houlette des petits enfants !

 

L'étude de cas de réussites dans la transmission familiale conduit à penser que l'élément essentiel réside dans la vision et la stratégie du dirigeant fondateur :

- si une croissance forte est possible et souhaitée, le dirigeant doit savoir introduire d'autres actionnaires et abandonner une partie de son pouvoir.

- très tôt, le dirigeant doit faire en sorte que la génération suivante soit attachée à l'entreprise, adhère à sa culture et souhaite s'y impliquer. 

- le dirigeant doit organiser très tôt la transmission opérationnelle en accompagnant celui des héritiers qui a les meilleures qualités pour reprendre. Ce facteur est particulièrement sensible, dans la mesure où une condition nécessaire du succès est que l'héritier qui prend la relève devrait le faire volontairement et parce qu'il en a envie et s'en sent capable, et non, comme il arrive parfois, comme une obligation ou même un "sacerdoce".

- le dirigeant doit également préparer la transmission de l'actionnariat familial.

Une fois ces éléments en place avec succès, on peut observer que le processus peut se poursuivre de génération en génération.

 

Les aménagements fiscaux, financiers et autres proposés par O. Mellerio sont intéressants. Mais rien ne remplacera le soin avec lequel le dirigeant fondateur établira – si il le souhaite, la poursuite de l'entreprise au sein de la famille.

 

 

Partager cet article
Repost0
24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 22:49

Le conseil d'administration d'Accor a validé le 15 décembre 2009, le projet de scission entre le pôle services prépayés (notamment ticket restaurant) et le pôle hôtelier du groupe. Ce projet était essentiellement porté par Colony Capital et Eurazéo, deux sociétés de capital-investissement qui possèdent ensemble 30% du groupe.

 

L'idée centrale de ce projet est que les flux importants de trésorerie provenant du pôle services et servant à financer l'hôtellerie ont conduit à une gestion laxiste de l'ensemble. Une scission permettrait d'introduire une plus grande rigueur de gestion et chaque pôle une fois isolé bénéficierait d'une valorisation en Bourse plus favorable que le groupe actuel avec intégration des 2 pôles. Le PER actuel du groupe est de 10, les promoteurs du projet espèrent une valorisation des pôles séparés entre 11 et 14, sur la base de la performance de concurrents qui se sont déjà recentrés sur un métier. Une meilleure valorisation leur donnera un accès plus facile à un financement en fonds propres de leur développement.

 

Et plus important, la presse s'est fait l'écho de l'accueil favorable que les fondateurs du groupe, Gérard Pélisson et Paul Dubrule ont réservé à ce projet : les entrepreneurs créateurs du groupe sont en phase avec les capital-investisseurs. Ces derniers sont semble-t-il présents pour le moyen/long terme dans le capital et non pour le court terme comme on a coutume de les présenter.

 

Seul le représentant du FSI (le fonds souverain à la française, élément clef de la nouvelle politique industrielle) actionnaire à hauteur de 7,5% du groupe s'est opposé à ce projet de scission, sans qu'on puisse savoir ses motivations.

 

On peut imaginer que le FSI considère que les sociétés issues de la scission seront plus fragiles que le groupe intégré ou encore que l'emploi sera moins préservé. Mais on répliquera d'une part qu'il y a une probabilité importante qu'un prédateur aurait fait tôt ou tard exactement le même calcul que Colony Capital et Eurazéo en lançant une OPA sur le groupe pour le démanteler et vendre les pôles séparément avec un excellente plus value – ce qui aurait sûrement fragilisé le groupe ; d'autre part si une meilleure valorisation est obtenue une fois les pôles séparés, le développement des nouvelles sociétés sera facilité et l'emploi préservé.

Décidément, on se demande quel rôle veut et peut jouer le FSI en possédant une participation très minoritaire dans un groupe comme Accor ; est-ce vraiment faire bon usage de l'argent public ? Cela pose encore et toujours la question de l'intérêt d'une politique industrielle dont le moins qu'on puisse dire est que ses objectifs sont obscurs et peu transparents.

Partager cet article
Repost0
2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 08:02

Va-t-il falloir que, comme pour la candidature de Jean Sarkozy, la communauté internationale se moque de la gouvernance du pouvoir actuel pour que cela le conduise à réviser sa position ? Il apparait que la vente de T&D à qui que ce soit – les complices Alstom et Schneider, Toshiba ou GE – va dans tous les cas tout simplement affaiblir cette entreprise et renforcer ses concurrents. C'est absolument l'opposé de ce que prétend faire le pouvoir avec sa supposée politique industrielle, mise en place du FSI, etc,,,, etc... Alstom et Schneider propose de la démanteler et bien sûr Toshiba ou GE vont renforcer leurs positions. La cession d'Areva T&D tourne vraiment à la farce. La solution que le pouvoir ne veut pas envisager et qui est la seule qui conforte Areva et le développement long terme du groupe, est d'annuler la vente, d'ouvrir le capital et de faire appel au marché pour renforcer les fonds propres d'Areva.

 

M. Sarkozy qui regrette maintenant que Péchiney ait été vendu à Alcan, sera amené à regretter la décision de vendre T&D. Mais comment peut-il prendre de bonnes décisions alors qu'il est entouré de conseillers incompétents en stratégie qui n'ont aucune expérience industrielle comme Henri Guaino ? Alors qu'il écoute des grands patrons tels Martin Bouygues ou Patrick Kron qui voient d'abord leur intérêt personnel et celui de leur propre groupe ? Par contre, il est sûr qu'il n'écoute pas Anne Lauvergeon qui pourtant défend becs et ongles la bonne stratégie pour son groupe.

Est-ce cela la politique industrielle ?

 

L'Etat et le Président de la République prétendent donner des leçons aux entreprises, contrôler leur gouvernance, les pousser à se renforcer avec des capitaux propres et à se développer. Dans cette affaire, ces donneurs de leçons sont incapables de faire pour une belle entreprise détenue par des capitaux publics ce que les entreprises privées sont invitées à réaliser.

 

On laisse par ailleurs un dirigeant nouvellement nommé à la tête d'une autre entreprise publique – Henri Proglio – qui a manifestement lui aussi l'oreille du Président de la République, évoquer le démantèlement d'Areva, alors que la stratégie de groupe intégré mis en place par l'Etat, a plusieurs années d'avance sur ce qu'essayent de faire maintenant ses concurrents. Cela montre bien que cette fameuse politique industrielle vogue au gré des influences et n'est sûrement pas conduite dans l'intérêt de la France sur le long terme. Le Premier Ministre a eu d'ailleurs parfaitement raison de remettre à sa place M. Proglio. Et l'Etat actionnaire montre effectivement avec EDF qu'il est incapable de contrôler la stratégie de ce groupe qui auparavant contribuait pour plusieurs milliards aux exportations. Un taux d'utilisation des centrales nucléaires tombé à 80% conduit maintenant à des importations d'électricité. Ce taux d'utilisation – un des plus faibles du monde – ne va pas aider les acteurs du nucléaire à vendre la compétence et l'expertise française dans ce domaine. A M. Proglio, s'il est aussi bon qu'on le prétend, de redresser rapidement cette situation consécutive à de nombreuses grèves et à des problèmes techniques notamment à Tricastin, montrant d'une part que la qualité des relations de la direction avec les salariés d'EDF a bien besoin d'être améliorée et d'autre part que la supériorité technique d'EDF n'est pas si impériale que semble le croire le lobby nucléaire. C'est une priorité impérative pour M. Proglio de traiter ces questions avant de s'occuper d'Areva. Il devrait aussi démissionner du Conseil de Véolia, car EDF a besoin absolument de tout son temps actuellement.

Partager cet article
Repost0
9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 23:36

 (in English below French text)

Le 3 novembre, Berkshire Hattaway, la holding de W. Buffett a annoncé le rachat de l'ensemble de Burlington Northern Santa Fé (BNI), deuxième opérateur de fret ferroviaire américain. Au cours des 40 dernières années, W. Buffet s'est certainement taillé la réputation d'être l'investisseur de long terme le plus avisé de la planète. On peut se demander pourquoi racheter BNI ?


On notera d'abord qu'il avait commencé par acheter 11% de BNI en 2006, puis 22%. Ce qui lui a donné d'amples possibilités pour évaluer la stratégie de l'entreprise de l'intérieur, avant de se décider pour une prise de contrôle. A $100 par action, W, Buffett paye 18,2 fois le bénéfice par action prévu pour 2010 ($5,51), ce qui est un ratio particulièrement élevé pour une compagnie ferroviaire, les concurrents ayant actuellement un PER de 13. Et ce n'est pas dans les habitudes de W. Buffett d'acheter alors que les cours paraissent haut.


W. Buffett a déclaré que les trains allaient devenir plus compétitifs que les transports routiers avec l'augmentation du prix du carburant, considérant que l'impact du prix du carburant est 4 fois plus élevé pour les camions. Il a ajouté que le fret ferroviaire avait un potentiel supérieur dans l'avenir. Aux Etats-Unis, le transport combiné mer-rail-route est pleinement opérationnel, le rail ayant une part importante du transport à partir des ports jusqu'à proximité des centres logistiques. Et ¼ du transport de BNI est constitué du charbon qui alimente 10% des centrales électriques américaines.


Il apparaît que le pari que fait W. Buffett est que l'économie américaine va continuer à croître à un rythme significatif, que la future demande en énergie va être surtout satisfaite avec le charbon et que le rail est le moyen de transport qui a le plus de potentiel.


Il semble que le gouvernement français ait une approche comparable lorsqu'il annonce 7 milliards € d'investissement pour améliorer les infrastructures ferroviaires et l'organisation du transport par RFF. Le transport combiné rail-route sera le grand bénéficiaire de cet effort, alors que sa part du transport a baissé de 15 milliards t/km à 10 milliards t/km en quelques années. Mais, la concurrence des opérateurs se développant à grands pas, quel est celui qui va profiter de ce potentiel ?
 

Sous un autre angle, et c'est le plus important, ces deux approches reflètent une prise de conscience que le fret ferroviaire est bien plus écologique que le transport routier, même si l'énergie utilisée est partiellement produite à partir de combustibles fossiles. Sur le long terme, c'est un pari gagnant.

 

On November 3rd, Berkshire Hattaway, a W. Buffett holding, announced that it was buying 100% of Burlington Northern Santa Fe (BNI), the second largest US railroad. For the last 40 years, Buffett stands out as the world smartest long term investor. One may wonder why now he chooses BNI ?


Buffett started by buying 11% of BNI in 2006, and later he acquired up to 22%. This gave him the ability to evaluate company strategy from the inside, before the move to take it over. At $100 a share, he paid 18.2 times estimated 2010 earnings of $5.51. That is a high premium for a railroad company when competitor's PER is currently at around 13. And it is not Buffett's custom to buy when prices are high.


Mr. Buffett said that trains stand to become more competitive against trucks as fuel prices rise ; higher diesel fuel price increases costs for rails, but it also raises costs for its competitors : truckers, roughly by a factor of four ; there will be a lot more business than there was in the past. In the US, intermodal shipping is fully operational, rail already has a large share of shipping between ports and distribution centers.The coal burnt in 10% of US power stations already makes up 25% of BNI tonage.


W. Buffett bets that the US economy will continue to grow at a significant rate, that future demand in energy will be mostly satisfied by coal et that rail transportation stands to have the best potential.


It appears that the French government has a similar approach when announcing 7 billion € investment to improve the railroad system and the organisation of transport by RFF, the national railroad infrastructure company. Intermodal shipping will be the largest beneficiary of this effort, although its share of the nation's shipping has dropped from 15 billions t/km to 10 billions t/km in a few years. European railroad competition is increasing in large steps. Which competitor will benefit from this potential ? 

From another viewpoint, and this is the most important, these two approaches show that both Buffett and the French government realize that railroads are much more ecological that trucks, even if its power comes in part from fossil fuels. In the long run, it is a winning bet.
 

 

Partager cet article
Repost0
20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 11:14
Aujourd'hui 20 octobre 2009, les clients (et non les usagers) de la SNCF vont à nouveau galérer pour se déplacer, alors que des employés menés par des syndicats irréalistes et corporatistes réclament que l'on sauve une entreprise en faillite depuis plusieurs années et tenue à bout de bras par les contribuables qui sont aussi ses clients : il s'agit aujourd'hui de la division fret de la SNCF.

Ce qui est encore plus étonnant est que l'on réclame une meilleure protection des avantages acquis comme le droit de voyager quasiment gratis et sans limite que l'on soit cheminot en activité ou à la retraite (soit 163 000 + 316 000 personnes). Si on fait l'hypothèse de 10 voyages par an par membre de chaque foyer, on estime le coût annuel de cet avantage à 1 milliard d'euros !

Selon une étude de l'Institut Société Civile, le chiffre d'affaires 2007 de la SNCF effectivement facturé à des clients a été de 19,2 milliards d'€. En parallèle, la SNCF a reçu 12,1 milliards d'€ de subventions directes auquel il convient d'ajouter 8,2 milliards d'effacement de la dette de la SNCF par l'Etat. C'est donc un total de 20,3 milliards d'€. Donc pour chaque € payé par ses clients, la SNCF coûte un € au contribuable.

Concernant le fret, d'une part les grèves à répétition ont fait fuir les clients, d'autre part la rigidité de l'organisation et les coûts salariaux excessifs font que cet activité n'est pas compétitive. Ces faiblesses structurelles ont conduit à une érosion continue des parts de marché du fret ferroviaire.

Bien sûr, le lobby SNCF a bloqué depuis longtemps le développement des voies navigables et c'est fort regrettable car ce moyen de transport est bien plus économique et écologique ( n'en déplaise à Mme Voinet qui a torpillé la liaison Rhin-Rhône ) ; en effet on ne peut considérer en France le transport ferroviaire comme écologique que parce qu'il est alimenté en électricité par les centrales nucléaires, ce caractère écologique étant contesté par un grand nombre. 

La concurrence n'est donc pas venue du côté du transport fluvial. D'autres acteurs ont pris la place, progressivement et inexorablement ; actuellement les acteurs privés du fret grignotent peu à peu le marché avec une meilleure qualité de service, des coûts inférieurs de 20 à 30% et ... des conducteurs de train, jeunes retraités de la SNCF d'à peine 50 ans dont nous contribuables finançons les retraites. Pendant ce temps, le déficit de Fret SNCF se creuse, toute réforme est bloquée et le contribuable règle la note.

Ce qui se passe actuellement pour le fret va se produire également pour le transport voyageurs : dès qu'il va être ouvert à la concurrence, les clients que nous sommes iront vers la meilleure offre en termes de prix et de services. En l'état, la SNCF a peu de chances de résister. A terme, les subventions astronomiques que versent l'Etat et les collectivités territoriales vont être remises en cause, en ce qu'elles dépassent la stricte compensation des charges liées à l'obligation de service public.

Il est hautement souhaitable qu'une justice sociale s'établisse, que cette entreprise se réforme enfin sous la pression peut-être d'une opinion publique qui devrait en avoir assez de cette entreprise qui soigne d'abord ses employés sur le dos du contribuable avant de se soucier de ses clients.
Partager cet article
Repost0
1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 06:40

Il y a parait-il plus de 50 000 entreprises qui seront à vendre dans les dix ans à venir ; parce que leur propriétaires prennent leur retraite et n'ont personne parmi leurs proches pour prendre la relève, là où autrefois, souvent les enfants reprenaient l'activité de leurs parents, de leur père.

Les LBO tant médiatisés concernent les entreprises importantes pour lesquelles les fonds propres nécessaires au rachat des entreprises dépassent de beaucoup les capacités d'un particulier. Ce cas est peut-être important en valeur des transactions mais est très minoritaire en nombre. Des dizaines de milliers de PME, TPE et fonds de commerce font l'objet de LBO chaque année, le repreneur-manager étant majoritaire et souvent seul avec son argent personnel, le complétant avec un emprunt. Ce mode de transmission joue un rôle clef dans la maintenance du tissu de nos entreprises lorsque les dirigeants songent à se retirer.

Le financement LBO est strictement similaire à l'approche du particulier qui achète son logement avec ses économies (fonds propres) plus un emprunt auprès de sa banque.

Plus globalement, on peut considérer qu'en finançant les LBO comme les emprunts immobiliers, les banquiers jouent un rôle majeur dans l'économie.

Les fonds d'investissement ne sont que des auxiliaires qui apportent des fonds propres plus importants dans le cas d'entreprises moyennes ou grandes.

Partager cet article
Repost0
28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 11:15


La question lourdement médiatisée du bonus des traders, qu'elle soit traitée d'une manière ou d'autre, ne résoudra pas le problème de la prise de risques des banques dans les activités de marché et d'investissement. Les bonus très importants versés aux traders ne sont que le reflet du fait que les banques trouvent beaucoup plus rentable de se développer dans les activités de marché que par exemple dans les activités de crédit aux entreprises ou aux particuliers. 

 

Si les activités de marché devenaient peu ou non rentables pour les banques, les rémunérations des traders tomberaient du même coup. 
Nos politiques se trompent donc de cible, leur objectif devrait être de faire en sorte que les banques reviennent essentiellement à leur rôle normal dans l'économie qui est de collecter des fonds pour les prêter et de faciliter ainsi le développement économique.

 

La solution ne serait-elle pas d'adapter le Glass-Steagall Act de 1933 à l'environnement français ? Cette loi américaine imposait l'incompatibilité entre les métiers de banque de dépôt et de banque d'investissement, séparant ainsi clairement deux métiers bancaires, d'une part les activités de prêts et de dépôts, et d'autre part les opérations sur titres et valeurs mobilières.

 

Sous la pression des républicains et notamment pour permettre la fusion de CityBank et de l'assureur Travelers, l'administration Clinton a abrogé cette loi en 1999. On ne peut s'empêcher de penser que si cette loi n'avait pas été abrogée, la crise financière récente n'aurait peut-être pas eu lieu.

 

Naturellement, on va nous dire que la France doit avoir des groupes bancaires puissants, capables d'opérer dans tous les domaines et de tenir la dragée haute aux banques du monde entier. Plus nos banques seront grosses, mieux cela sera. Et le coq gaulois s'en réjouira.

 

Mais on arrive à la situation du « too big to fail », trop gros pour faire faillite, qui est catastrophique pour les finances publiques et in fine pour le contribuable, sans que l'économie soit bien servie par ses banques.

 

Il conviendrait donc que nos politiques mangent leur chapeau et envisagent sérieusement d'obliger toutes les banques à séparer leurs activités de dépôt/crédit de leurs activités d'investissement.

Partager cet article
Repost0
27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 15:02

Certains peuvent s'interroger pourquoi Henri Proglio va très probablement être le prochain PDG de l'EDF. Ne serait-il pas simplement parce qu'il est franc-maçon et que l'Elysée a fini par abandonner en rase campagne après avoir subi l'assaut de tous les frères bien placés pour enfin accepter qu'il soit nommé ?

 

Cela doit être ce qu'on appelle la gouvernance de l'Etat et des entreprises publiques. Depuis toujours, l'EDF est un bastion franc-maçon. C'est parait-il ce qui a empêché la nomination de Francis Mer sous le gouvernement Raffarin.

 

Comment croire que l'Etat soit capable de conduire une politique industrielle pour la France alors qu'il est incapable d'exercer son pouvoir d'actionnaire dans l'intérêt général de la France dans les entreprises publiques comme semble être le cas de façon récurrente pour la nomination du PDG d'EDF ?

 

Ceci rejoint l'incrédulité exprimée par de nombreux Français quand le Président de la République annonce le projet de grand emprunt pour les investissements de l'avenir, les décisions d'investissement ayant de grandes chances d'être prises sous l'influence de tel ou tel. Déjà le comité chargé de réfléchir sur les grands axes est un comité de rencontre et cela rappelle les comités du plan de l'ancienne URSS qui ont eu la réussite que l'on connait.

 

Les entrepreneurs eux, quand ils investissent pour l'avenir, savent qu'ils prennent un risque, le risque ultime étant la perte de leur entreprise. Ils s'informent, font leurs études de marché, s'entourent d'experts de leur domaine et pèsent leurs décision avec le plus grand soin.

 

Quelle sera la rentabilité des investissements financés par le grand emprunt ? On peut espérer qu'elle sera au moins supérieure aux intérêts de la dette plus les frais de gestion (dont se nourrira la bureaucratie de l'Etat).

 

Pour l'Etat, il n'y a aucune sanction en cas d'échec de ses investissements et de sa politique industrielle (voir le Plan Calcul). Sauf que c'est toute la France qui a perdu.

 

Sur un autre plan, on constate l'influence néfaste du lobby nucléaire et notamment de l'EDF qui a empêché et empêche toujours l'émergence d'industries solides dans le domaine des énergies durables. La France a pris un retard considérable dans tous ces domaines : le solaire, l'éolien, les batteries, etc .... A titre d'exemple, PSA fait appel à Fujitsu pour les batteries de ses voitures hybrides et Renault s'appuie entièrement sur Nissan pour ses voitures électriques. Actuellement la totalité des batteries lithium-ion est produite par les fabricants japonais, coréens, chinois et Johnson Controls (USA), Sanyo, Sony et Samsung étant les leaders. Autre exemple : les opérateurs de parc éolien allemands appuyés sur une base installée domestique importante, investissent largement en France, ne laissant que des miettes aux opérateurs locaux.

 

Enfin récemment, on apprend qu'Areva est obligée de vendre sa division T&D (transport et distribution) pour pouvoir financer son développement dans le nucléaire. Il apparaît que cette vente va affaiblir financièrement le groupe qui grâce à cette division importante, avait la possibilité de lisser les effets cycliques du marché nucléaire constitué de très gros contrats aléatoires. Au lieu de continuer de bénéficier des flux de trésorerie récurrents (cash flows) provenant de T&D, après cette vente, Areva sera plus dépendante des banques pour atténuer les cycles. L'on observe ici que l'Etat est prisonnier de ses contradictions : a) incapacité de faire son devoir d'actionnaire pour financer le développement d'Areva parce qu'il est impécunieux b) refus de faire appel au marché boursier afin d'éviter de diluer sa participation, supposée stratégique. Le résultat : une entreprise leader affaiblie face à des concurrents comme Siemens ou Toshiba qui ont toute liberté de mettre en oeuvre une stratégie agressive de conquête des marchés.

 

Le fameux FSI semble pour l'instant jouer les pompiers au secours des entreprises en déclin afin de les maintenir sous perfusion un peu plus longtemps jusqu'à ce que l'échec soit irréversible et que les fonds publics soient dilapidés.

 

Nous arrivons à l'évidence avérée depuis des années que l'Etat est incapable d'avoir une politique industrielle durable et saine, de prendre des décisions ayant un sens industriel de long terme. Pendant plus de 10 ans, nos politiciens en avaient pris conscience. Des expériences désastreuses comme le plan calcul les en avaient convaincus. Il a fallu l'arrivée de Nicolas Sarkozy sous l'influence de M. Henri Guaino, homme de l'ombre et gaulliste de gauche sans expérience industrielle, pour que cette idée revienne à la surface.

 

Une fois pour toute, il conviendrait que l'Etat se cantonne dans un rôle de facilitateur et de régulateur et abandonne toute idée d'agir en tant qu'investisseur. L'expérience de l'URSS est là pour nous indiquer où un Etat investisseur peut aboutir.

Partager cet article
Repost0