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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 22:04

Fondée en mars 2014 avec un capital de 20 000 €, par Kilian Bazin, Charles Miglietti, David Nowinsky tous trois polytechniciens, et Baptiste Jourdan, un commercial charismatique de l'ESSCA d'Angers, Toucan Toco (*) a fait des bénéfices dès la première année avec des ventes de plusieurs centaines de milliers d'euros. En 2017, les ventes ont atteint 5 millions € avec 45 collaborateurs et en 2018. Toujours sans levée de fonds, Toucan Toco se lance dans d'autres pays européens, à Londres, Milan, Barcelone et Amsterdam, visant à recruter 30 collaborateurs, et projette d'aborder les Etats-Unis en 2019.

 

Ce parcours que bien des commentateurs seraient fondés à qualifier de super croissance, détonne dans l'environnement actuel : jusqu'à maintenant, Toucan Toco s'est développé sans levée de fonds, grâce aux bénéfices réinvestis, sans qu'il ait été nécessaire d'aller à la recherche de fonds propres extérieurs. Il est possible que cette stratégie engendre une croissance plus lente, mais ce n'est même pas certain ; en effet, les dirigeants peuvent consacrer tout leur temps et leur énergie au développement de l'entreprise, alors que les levées de fonds à répétition sont très chronophages et rapidement, la présence d'investisseurs au capital engendre des discussions, explications ou mise en question des stratégies qui elles aussi sont chronophages.

Les clefs de la réussite de Toucan Toco sont très probablement une équipe de dirigeants très soudés et complémentaires et une organisation "plate" où le savoir-faire est très partagé – une forme d'entreprise libérée. A cela s'ajoute une capacité à prendre place rapidement chez de nombreux grands comptes en s'invitant sur un projet ; ce projet initial s'étend ensuite à d'autres projets, ce qui a permis notamment de garder un bon contrôle des coûts commerciaux. Ainsi Toucan Toco a plus de 90 clients grands comptes dans des domaines très divers comme Renault, Total, Axa, BPCE, EDF, Ubisoft, Sanofi, Marques Avenue, PSA, Téréos, Marques Avenue, LVMH, Euler Hermes, Vinci, DCNS, BIC, SNCF, SEB, Moët Hennessy, La Banque Postale ou encore JCDecaux ! Maintenant, Toucan Toco va s'appuyer sur les filiales de ces grands comptes et leurs partenaires à l'étranger pour grandir à l'international.

 

Au départ, Toucan Toco s'est lancée dans le "Data journalism", c'est-à-dire l’analyse et la visualisation de données de sujets grands publics pour une diffusion dans les journaux. Ce concept est apparu rapidement comme ayant des débouchés dans de nombreux domaines de l'entreprise : ressources humaines, marketing, forces de vente, direction financière,...

En fait, Toucan Toco invente une nouvelle forme d'informatique décisionnelle (BI) qui s'adresse directement aux utilisateurs qui ne sont pas des spécialistes de la datascience et du traitement des données. Ainsi un manager ou un opérationnel peut piloter un projet et prendre facilement des décisions avec un outil simple adapté à sa propre histoire, c'est le "Data StoryTelling". Toucan Toco a pour vocation de "démocratiser l’accès à l’information pour les néophytes et leur rendre le pouvoir de décision".

 

Les développeurs de Toucan Toco font appel aux méthodes agiles. Selon Kilian Bazin, la méthode agile est un processus itératif et adaptatif où les équipes travaillent dans une série de cycles courts, incorporant le retour d’information rapide pour livrer des solutions adaptées aux besoins des clients.

 

La stratégie commerciale est d'équiper des intégrateurs et des consultants partenaires, experts de métiers différents, pour leur permettre de créer des applications chez leurs clients. L'objectif avoué selon Baptiste Jourdan, est de décupler le chiffre d'affaires à effectif constant.
Côté marketing, les dirigeants publient beaucoup, communiquent sur Twitter et LinkedIn vers leurs clients, prospects et les journalistes qui les suivent.

 

Vingt ans après l'essor de l'informatique décisionnelle (avec Business Objects et Cognos), assiste-t'on à l'émergence d'une nouvelle industrie de la décision ? Je serais prêt à le parier.
 

(*) Le toucan toco est le plus grand des 42 toucans et vit en Amérique du Sud. Il se remarque par son énorme bec incurvé, très long et très gros et son plumage noir

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23 février 2018 5 23 /02 /février /2018 20:04

La jeune pousse israélienne OrCam fondée en 2010 par Amnon Shashua et Ziv Aviram vient de lever 30,4 millions $ auprès d'investisseurs comme Israel’s Clal Insurance et Meitav Dash qui auraient ainsi acquis 3% du capital : il en ressort que la valorisation de la société serait de un milliard de dollars.

 

Mobileye

Amnon Shashua et Ziv Aviram sont bien connus des investisseurs : ce sont aussi les fondateurs de Mobileye qui a été rachetée en mars 2017 par Intel pour la somme modeste de 15 milliards de dollars. Créée à Jerusalem en 1999 et mise en Bourse sur le Nasdaq en 2014, Mobileye est une super étoile dans un ciel israélien de 6 000 startups.

Elle a développé des produits d'assistance à la conduite de véhicules et anti-collisions : « Sauver des vies. Protéger votre flotte. Réduire vos coûts. » tel est le message affiché sur son accueil Internet. Ces produits peuvent s'installer sur la plupart des voitures et des poids lourds : une caméra associée à un système d'analyse de la route détecte les dangers, identifie les situations à risques et déclenche des alertes permettant au conducteur d'éviter un accident.

Plus de 15 millions de véhicules seraient déjà équipés d'un tel dispositif.

Naturellement, Mobileye travaille d'arrache-pied à l'amélioration de sa technologie, avec les véhicules autonomes en ligne de mire. Elle compte sur les ressources d'Intel pour l'industrialiser à grande échelle, s'appuyant sur des partenariats avec des équipementiers comme Valeo, Delphi, Continental, Magna, et des constructeurs comme BMW, General Motors, Honda, Nissan, Tesla.

 

Et OrCam ?

OrCam manifeste aussi de grandes ambitions ; elle a annoncé qu'elle prépare également son introduction en Bourse, qu'elle va lever d'abord 100 millions $ et espère une valorisation de 1,5 à 2 milliards de dollars lors de l'introduction dans un an. Ces promesses ont de quoi réjouir tous ses investisseurs, y compris les derniers qui verront ainsi un quasi doublement de leur capital !

Mais est-ce bien raisonnable ? Un des éléments majeurs du potentiel de croissance d'une jeune pousse est la taille du marché auquel elle s'adresse, un autre est l'attraction que ce marché est susceptible d'avoir pour le produit. Pour Mobileye, la cible, c'est l'ensemble du marché des véhicules ; quant à l'attraction pour l'autonomie de tous les véhicules, elle s'impose à tous : un jour plus ou moins lointain, tous les nouveaux véhicules, qu'ils soient voitures, bus ou camions, peut-être même motos et autres deux-roues, seront autonomes. Une croissance phénoménale se profile devant nous, largement prévisible. Ce qui justifie amplement l'intérêt d'Intel, des équipementiers automobiles, des constructeurs et autres Google et Uber.

OrCam a une vocation sensiblement différente ; elle commercialise un produit : MyEye constitué d'une mini caméra fixée sur la branche droite de la monture des lunettes et reliée à un boitier doté d'intelligence artificielle et de capacité d'apprentissage, lequel boiter transmet des informations vocales par un écouteur à conduction osseuse ou par des écouteurs ordinaires. MyEye est capable de lire les textes que l'on pointe avec le doigt, de reconnaître et nommer les personnes dont il a appris le visage, et d'identifier certains produits et les billets de banque.

Avec ce produit, le marché ciblé est celui des malvoyants et des personnes lisant difficilement— on remarquera en passant que ce n'est pas celui des aveugles, car la personne doit posséder des facultés minimales de vision pour pouvoir pointer la mini caméra vers l'objet ou la personne à reconnaître ou bien le doigt vers le texte à lire.

MyEye est vendu 4 500 $, soit un prix qui le positionne en haut de gamme face à des produits similaires mais moins performants que sont les machines à lire, vendues entre 2 500 et  3 000 $ (machines lisant des textes à haute voix).

OrCam déclare que la population mondiale de mal voyants est de 253 millions, mais une large majorité des ces personnes, notamment dans les pays émergents, n'auront jamais les ressources nécessaires pour acheter MyEye. Il en ressort que le marché est bien plus limité que celui de Mobileye et MyEye se place sur un marché où il y a déjà des alternatives : machines à lire et applis gratuites ou très abordables, pour smartphone reconnaissant des objets comme Aipoly Vision.

 

Il apparait que les investisseurs enthousiasmés par les perspectives d'OrCam, voient les choses d'une manière très optimiste, encouragés par la réussite des fondateurs et leur talent pour faire grandir Mobileye. Ils risquent fort d'être bien déçus, à moins que nos entrepreneurs aient dans leurs cartons un produit avec un potentiel beaucoup plus large. Ce qui ressort en aucun cas des annonces faites jusqu'à ce jour par OrCam.

 

 

 

 

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31 janvier 2018 3 31 /01 /janvier /2018 22:35

Buurtzorg est une association créée en 2006 en Hollande par 4 infirmiers de quartier.

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 21:56

Depuis un an, quatre constructeurs de camions électriques concurrents se sont largement manifestés : Daimler, Toyota, Tesla et une jeune pousse américaine, Nikola. Pour l'instant, Tesla et Nikola rivalisent d'annonces et de présentations de prototypes, la production elle est pour bien plus tard !

 

Daimler : 100% électrique

 

Daimler, sans faire de bruit, a déjà mis sur le marché deux camions électriques : le Fuso eCanter qui a été livré à des organismes caritatifs de New York, UPS aux États-Unis, à Deutsche Post, DB Schenker et Rhenus en Europe et à Seven-Eleven Co. au Japon et, en Europe seulement, l'Urban e-Truck de marque Mercedes-Benz capable de parcourir 200 km.

L’eCanter est un camion de 7,5 tonnes et 3,5 tonnes de charge utile, atteignant 80 km/h en pointe ayant une autonomie de 100 km. Il est produit en petite série à Tramagal au Portugal et à Kawasaki au Japon et sera lancé à grande échelle en 2019. Ces deux camions visent avant tout le marché des livraisons urbaines et aux grandes surfaces de distribution, où les distances sont courtes et le 100% électrique est bien sûr très apprécié, à la fois par l'absence d'émissions de CO2 et par le peu de bruit.

 

En décembre 2017, pour ne pas rester en reste face à Tesla et Nikola, Daimler a dévoilé un vrai poids-lourd de 23 tonnes et 11 tonnes de charge utile (2 tonnes de moins que le diesel) : le Vision One, dont l'autonomie atteint 350 km, conçu par Mitsubishi Fuso qui est la division de Daimler pour l'Asie.

 

Toyota investit l'hydrogène

 

De son côté Toyota a démarré en octobre 2017, le Project Portal : les essais en conditions réelles d'un semi-remorque de classe 8 à piles à combustible, entre les ports de Los Angeles et de Long Beach et les entrepôts de la région. Ces essais font suite à une phase de développement où le poids lourd a parcouru 6 000 km. Le concept de Toyota met en oeuvre 2 piles à combustible, une petite batterie de 12 kWh qui entraînent une chaîne de traction de 670 chevaux avec une autonomie de 320 km.

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31 décembre 2017 7 31 /12 /décembre /2017 22:34

Un article publié en octobre 2015 par la revue Nature fait débat depuis cette date : Heartbeat of the Sun from Principal Component Analysis and prediction of solar activity on a millenium timescale V. V. Zharkova, S. J. Shepherd, E. Popova & S. I. Zharkov,

Nature est reconnue mondialement comme une des références au plus haut niveau de la recherche. Les articles que Nature publie sont toujours revus avec un très grand soin avant la publication et font autorité dans le monde entier de la recherche, notamment pour le réputé classement de Shanghaï des universités.

Valentina Zharkova et son équipe de la Northumbria University (Royaume Uni) ont développé un modèle reproduisant avec précision l'activité cyclique du soleil – les fameuses taches solaires.

Depuis les découvertes de Galilée au XVIIème siècle, des cycles de 11 ans ont été observés au cours desquels le nombre de taches solaires varie entre un minimum et un maximum. Ce modèle est fondé sur l'existence de deux dynamos auto excitatrices, similaires à celles qui sont à l'origine du champ magnétique terrestre.

 

Le modèle prédit une baisse importante de l'activité solaire

 

D'autres physiciens solaires l'ont prédit avant eux : à l'aide de son modèle, l'équipe de Valentina Zharkova a conclu que nous allions observer une baisse importante de l'activité solaire allant jusqu'à la disparition temporaire des taches dans les décennies à venir, précisément à partir de 2030, pendant 3 cycles solaires.

Ceci a été rapproché de la période de 1645 à 1715 pendant laquelle aucune tache n'a été observée. Cette période a été baptisée par les astronomes : minimum de Maunder. Cette absence d'activité a été corrélée avec une période de refroidissement du climat appelée "petit âge glaciaire".

 

Ce refroidissement est susceptible d'atténuer le réchauffement climatique causé par la production humaine de gaz à effet de serre (GES) ; selon certains, ce refroidissement pourrait même faire plus que compenser le réchauffement climatique.

La grande crainte de nombreux politiques, experts climatiques et écologiques est que, tablant sur cette prévision de refroidissement, les efforts de réduction des émissions soient relâchés. Depuis le protocole de Kyoto, les Etats ont beaucoup de difficultés à s'accorder sur les efforts à faire puis à s'engager à les réaliser et enfin à les accomplir de manière concrète. L'attitude récente des Etats-Unis, l'un des deux premiers producteurs avec la Chine, de GES de la planète, est loin de calmer les craintes.

Dans ces conditions, on ne peut qu'approuver les efforts faits pour minimiser l'importance de ce futur refroidissement.

 

L'incertitude sur l'évolution du climat

 

Avec les moyens à notre disposition, on ne peut que constater que l'évolution réelle du climat reste très incertain :

1- quel sera l'importance réelle et la durée du minimum d'activité solaire révue par l'équipe de Valentina Zharkova ?

2- à quelle réduction effective de production de GES arrivera t'on dans les décennies à venir ?

3- combien y aura t'il d'éruptions volcaniques comme celle du Mont Pinatubo aux Philippines en juin 1991, qui projeta 20 millions de tonnes de dioxide de soufre et de débris à plus 20 000 m d'altitude en quelques heures et quel sera leur effet ?

 

Tout ce qu'on peut souhaiter est de poursuivre nos efforts pour limiter l'impact de l'homme sur notre planète. Et il n'y a pas que le climat : l'épuisement des ressources qu'elles soient minérales, animales ou végétales, la disparition des espèces et la réduction de la bio diversité, la pénurie d'eau, l'accumulation de déchets, notamment dans les océans.

Comme l'a bien fait remarquer Valentina Zharkova lors d'un entretien :

"Le Soleil nous permet de gagner du temps pour stopper ces émissions de carbone. Le prochain minimum pourrait donner une chance à la Terre de réduire les effets négatifs du réchauffement climatique."

 

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29 décembre 2017 5 29 /12 /décembre /2017 22:01

Un récent article de Roger-Pol Droit, philosophe et chroniqueur au Monde des livres, aux Échos, au Point, à Clés, intitulé "Tu as vu ? l'École s'effondre..." sonne l'alarme : les résultats des jeunes Français de CM1 sont en baisse au dernier classement PIRLS (Progress in International Reading Literacy Study) publié le 5 décembre 2017 par l'IEA. Créé en 2001, ce classement évalue tous les 5 ans les compétences en lecture et en compréhension de textes des jeunes de 50 pays.

 

Depuis 2001, le déclin des jeunes Français est régulier ; alors que la plupart des pays présentent des résultats stables ou en amélioration, le score français est en baisse continue depuis 2001 : 525 en 2001, 522 en 2006, 520 en 2011 et 511 en 2016 et la chute s'accélère. En parallèle, ceux qui ont obtenu les meilleurs résultats, la Russie et Singapour ont progressé le premier de 528 à 581 et le second de 528 à 576, entre 2001 et 2016. Sauf exception (notamment la Belgique), les pays d'Europe et d'Amérique du Nord obtiennent des scores réguliers dans la fourchette 537-555, toujours supérieurs à la France, la Finlande se distinguant par des scores supérieurs à 560.

 

Un grand soin parait avoir été apporté à cette étude : pour chaque pays, les échantillons représentatifs ont été d'environ 4 000 élèves de 150 à 200 écoles. Au total, 319 000 élèves, 310 000 parents et 16 000 enseignants ont participé. Au delà de produire la meilleure information possible pour améliorer l'enseignement et l'apprentissage de la lecture, l'objectif de PIRLS est d'aider les jeunes élèves à devenir des lecteurs accomplis.

 

L'IEA ?

 

L'IEA (International Association for the Evaluation of Educational Achievement (*)) est une association de droit belge, dans laquelle coopèrent des instituts de recherche, des ministères de l'éducation, des enseignants et des analystes de plus de 60 pays dont les pays d'Europe, la Russie, les Etats-Unis, le Canada, la Chine, le Japon, Singapour, l'Arabie Saoudite, les pays du Golfe, etc. L'objet de l'IEA est l'étude, la compréhension et l'amélioration de l'éducation dans le monde entier. Depuis 1958, l'IEA conduit à travers le monde, des études comparatives des systèmes scolaires et de la maîtrise des élèves dans les domaines des maths, de sciences, de la lecture, de l'éducation civique, de l'informatique.
Son siège est à Amsterdam et son centre de recherche d'une centaine de spécialistes à Hambourg.

Chaque membre institutionnel est responsable a) du financement des études dans son pays et de la contribution du pays à l'activité de l'IEA et b) de la diffusion des résultats des études auprès des politiques, des chercheurs et des éducateurs.

Le membre pour la France est le ministère de l'éducation nationale. Je remarque que, par exemple, le membre finlandais est le Finnish Institute for Educational Research à l'Université de Jyväskylä et le membre allemand, l'Institut allemand de recherche internationale en éducation.

 

J'observe qu'il n'y aucun Français parmi les experts de l'IEA, les membres du comité permanent, du groupe technique opérationnel et du comité des publications, pas plus que parmi les membres honoraires. Il semble que le ministère considère les enquêtes PISA dont on parle ci-dessous, comme étant une meilleure référence.

Les études de l'IEA visent à évaluer l’acquisition de connaissances fixées par les programmes scolaires, alors que les enquêtes PISA évaluent les compétences ou aptitudes jugées nécessaires pour mener une vie d’adulte autonome. On peut donc considérer que les enquêtes PISA seront plus affectées par l'environnement social des élèves que les études de l'IEA d'où des différences importantes selon l'origine des élèves ...

 

Et les résultats de TIMMS ?

 

En novembre 2016, ont été publiés les résultats d'une autre étude de l'IEA : TIMMS (Trends in Mathematics and Science Study), qui évalue les performances des élèves de 8ème (9-10 ans, "grade 4"), de 4ème (13-14 ans, "grade 8") et de terminale (Advanced) en mathématiques et en sciences, tous les 4 ans depuis 1995.

Il est plus difficile de comparer les résultats entre pays qu'avec PILS, car la participation varie d'une étude à l'autre ; ainsi en 2015, la France a participé à TIMSS grade 4 avec 48 autres pays et à TIMSS Advanced avec 9 autres pays seulement.

Pour TIMSS grade 4, la variabilité des scores est très supérieure à celle observée avec PILS : de 353 (Koweit) à 618 (Singapour). Avec 488, la France est la lanterne rouge des pays européens qui ont en moyenne un score de 526, le score moyen global de TIMMS étant de 500. Les 5 pays d'Asie orientale du classement (Singapour, Hong Kong, Corée du Sud, Taïwan, Japon) se détachent des autres pays par plus de 20 points !

L'an dernier, lors de la publication des résultats, les politiques français se sont rejetés les uns sur les autres la médiocrité de ces résultats, notamment sur ces fameux programmes que l'on refait périodiquement, désorganisant le système.

En fait TIMSS a clairement identifié un problème majeur de l'enseignement des maths à l'École primaire : c'est la façon d'enseigner les maths qui est en cause ; les enseignants français avouent être beaucoup moins à l'aise en maths ou sciences que leurs collègues européens et ceci particulièrement en ce qui concerne la compréhension ou l‘aide à apporter aux élèves.

Ne faudrait-il pas regarder du côté de la formation des maîtres ?

 

Et bonne chance à Cédric Villani et à Charles Torossian, inspecteur général de l'éducation nationale, à qui le ministre Jean-Michel Blanquer a confié le 19 octobre 2017, une mission pour améliorer l'enseignement des maths !

 

Et PISA ?

 

PISA (Programme for International Student Assessment (**)) est une enquête internationale organisée par l'OCDE depuis 2000, tous les 3 ans et dont le but est d'évaluer les systèmes scolaires dans le monde entier en faisant passer des tests de compétences et de connaissances aux élèves de 15 ans. Comme pour la plupart des membres de l'IEA, ce sont les ministères de l'éducation qui prennent en charge les enquêtes de leur pays et contribuent au financement de l'organisation internationale de PISA.

En 2015, le dernier test a été passé par 540 000 élèves de 72 pays (dont 6 000 Français), dans les domaines de la science, des maths, de la lecture, de la capacité à traiter des problèmes en groupe et des connaissances financières.

En maths, les résultats des élèves français sont en baisse depuis le début des enquêtes : 511 en 2000, 495 en 2012, 493 en 2015.

PISA met particulièrement en avant que le système scolaire français est le plus inégalitaire de l'OCDE : ainsi en sciences, 118 points séparent le résultat de l’enfant de milieu favorisé (558) de celui d’origine très modeste (441) dans PISA 2015.

 

PISA, PILS et TIMMS : des résultats similaires

 

Bien que comme on l'a noté plus haut, les enquêtes PISA, PILS et TIMMS ne visent pas à évaluer les mêmes éléments (d'un côté les compétences ou aptitudes jugées nécessaires pour mener une vie d’adulte autonomes, de l'autre les acquis scolaires) elles sont complémentaires en ce qu'elles s'adressent à des élèves d'âges différents (respectivement 15, 10 et 10-14-18 ans), pour l'essentiel dans les mêmes domaines : science, maths et lecture. Le fait que ces études donnent des résultats similaires pour la France ne fait que confirmer la situation médiocre de l'École française.

 

Que faire ?

 

Longtemps les résultats de ces enquêtes n'ont pas vraiment été traités en France. Depuis 5 ans, les media s'en sont emparés, obligeant les politiques à réagir. En parallèle, leur sérieux n'est plus contesté.

 

Il semble que notre nouveau ministre de l'Education Nationale soit conscient de la situation et de l'urgence d'un redressement.

Plusieurs étapes paraissent avoir déjà été franchies comme l'abandon de la méthode globale d'apprentissage de la lecture et le retour à la méthode syllabique ...

La mission de Cédric Villani sur l'apprentissage des maths devrait déboucher sur un plan d'amélioration de la formation des maîtres pour enseigner les maths à l'École primaire.

 

Dans de nombreux pays, il apparait qu'on sait maintenir ou améliorer la qualité globale de l'enseignement, tout en permettant aux élèves en difficulté de progresser. C'était l'objectif du ministre Jean-Pierre Chevènement quand il a fixé l'ambition de porter 80% de chaque classe d'âge au niveau du bac. Cet objectif a été complètement manqué : le niveau du bac a baissé progressivement à un point que ce diplôme n'a plus guère de rapport avec ce qu'il était dans les années 80. Cette constatation ressort notamment de l'étude récente "Crise de l'École française" de l'Institut Diderot.

C'est certainement le facteur structurel qui doit être corrigé avec le plus d'énergie.

 

(*) Association internationale pour l'évaluation des performances scolaires

(**) Programme d'évaluation internationale des élèves

 

 

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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 21:53

Nombre d'entre vous, lecteurs, ont entendu parler de la stratégie "Océan bleu" ou ont lu le best-seller de deux professeurs à l'INSEAD, Renée Mauborgne et W. Chan Kim : Blue Ocean Strategy. Cet ouvrage publié en 2005 a eu un succès considérable : traduit en 43 langues, 3,5 millions d'exemplaires ont été vendus. C'est en tous cas une excellente opération marketing !

 

La thèse est relativement simple : afin de générer une activité en croissance et rentable, une entreprise doit sortir de l'océan rouge où toute la concurrence se bat avec des produits et des prix proches et créer un océan bleu. Cet océan bleu s'établit dans un espace de marché nouveau avec des différenciations radicales notamment avec des coûts et un couple innovation-valeur totalement nouveau. Le Cirque du Soleil, Apple ou Cisco sont des exemples marquants d'entreprises ayant su créer des océans bleus.

 

Ce qui est encore plus remarquable est que ces entreprises ont su créer des océans bleus durables. Comment ont-elles fait ? Elles n'ont d'ailleurs pas attendu R. Mauborgne et W. C. Kim pour créer leurs océans bleus et elles ont probablement intégré dans leur démarche stratégique globale la création et le maintien des océans bleus.

La mise en place d'un océan bleu efficace, croissant et rentable, procède déjà d'une dose importante de bonne exécution stratégique. Mais que l'on réussisse à maintenir bleu l'océan et fasse en sorte que la concurrence ne l'envahisse pas, que l'océan ne devienne pas rouge, cela relève d'une expertise nouvelle, que nos auteurs n'ont pas abordé dans leur ouvrage emblématique. Peut-être réservent-ils leurs idées sur ce thème à leurs étudiants ?

 

On peut imaginer que, plus l'océan est bleu, c'est-à-dire plus le marché est vaste et attractif, plus le couple innovation-valeur est avantageux, plus il attirera les concurrents et plus il sera difficile de conserver les avances initiales. Comment faire pour qu'un océan bleu reste vraiment bleu ?

Frédéric Fréry, professeur à l'ESCP, a livré il y a quelque temps une analyse qui nous dévoile certaines pistes : la nouvelle offre créée pour l'océan bleu doit être bien sûr attractive pour les clients mais surtout répulsives pour les concurrents ; supposer que les concurrents ne sont pas capables de faire la même chose que vous et se reposer sur cette idée serait une pure folie. Une stratégie gagnante est de provoquer des situations où les concurrents pourraient vous imiter mais que pour une raison particulière se refusent à le faire. Par exemple, que la stratégie qu'ils seraient amenés à mettre en oeuvre va à l'encontre d'un stratégie qui a été gagnante jusque là pour eux ; que le modèle économique que l'on a construit soit perçu par les concurrents comme peu rentable ou peu crédible.

Dans cette ligne, on peut penser à Nokia qui n'a pas su remettre en question son activité de téléphones à touches avec laquelle elle était leader mondial, a ainsi laisser Apple envahir le marché avec ses iPhones.

 

Ce que nous dit F. Fréry me semble essentiel : il s'agit non seulement de créer de l'innovation-valeur pour un nouveau marché mais aussi en quelque sorte de créer le "décor" qui trompera les concurrents. A vous de jouer dans vos entreprises !

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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 21:43

En janvier 2017, Boston Scientific rachète le spécialiste français des valves cardiaques pour 404 millions € ; en octobre 2017, Stryker Corp. rachète Vexim pour 162 millions €. Créé en 2006 par le chirurgien Christian Renault avec l'apport de Truffle Capital, Vexim développe des implants non invasifs pour soigner les fractures des vertèbres en 30 minutes et ainsi éviter les risques de paralysie.

Que se passe-t'il ? Personne n'a l'air de s'en faire. D'ailleurs la BPI est de mèche puisqu'elle a aussi vendu ses parts à Stryker.

 

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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 20:13

Les consommateurs d'UFC Choisir ont mis récemment au pinacle des smartphones, les produits de Fairphone, loin devant ses concurrents, Samsung, Apple et les autres

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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 20:07

Vexim a été créée en 2006 par un chirurgien Christian Renault

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