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30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 21:31

Selon une étude de StartHer et KPMG, seuls 12,5% des jeunes pousses ayant levé des fonds en 2018 sont dirigées ou co dirigées par une femme

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30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 15:25

Une entreprise qui paye ses employés plus de deux fois au-dessus de la moyenne des salariés français, qui essaye d'obtenir une augmentation de 6% de ses tarifs, qui a bien des difficultés pour assurer le service des équipements dont elle a la charge, qui ne sait plus construire les équipements qui produisent l'essentiel de ce qui constitue son objet social et dont la position est toujours quasi monopolistique. Quel tableau !

 

Cher lecteur, vous avez sûrement deviné. Il s'agit d'EDF

 

N'en déplaise à certains, la taille d'une entreprise et sa position de monopole ne sont pas nécessairement corrélées avec son efficacité et sa capacité à générer de bons résultats.
 

On constate en effet que l'EDF, avec des équipes de techniciens et d'ingénieurs chevronnées, subit des retards récurrents pour terminer l'EPR de Flamanville, ces retards étant causé tout dernièrement par des soudures défectueuses. Il s'agit de canalisations entre les échangeurs générant la vapeur et les turbines de la centrale. Le béotien que je suis dans le domaine du nucléaire, ose supposer que les centrales nucléaires des générations précédentes nécessitaient des soudures d'un même niveau de qualité entre ces deux sections. Je note au passage que la température de la vapeur dans les centrales nucléaires ne dépasse pas 350°C, alors qu'elle dépasse 500°C dans les centrales thermiques au gaz.

Ce chantier a déjà 8 ans de retard. C'est en février 2018 que ces défauts ont été rendus publics par l'ASN, le gendarme du nucléaire. L'ASN met en cause la compétence des soudeurs (sous-traitants) et celle des contrôleurs de la qualité (EDF)

 

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9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 21:46

Alors qu'un grand débat a été mené sur le plan national où tous pouvaient contribuer, un autre débat a cours avec les partenaires sociaux sous la houlette d'un haut-commissaire. Et pourtant ce débat concerne tout le monde et on peut s'interroger sur la légitimité de ces partenaires sur cette question : il s'agit de réformer une fois de plus notre système de retraite en perdition.

 

Ce système a été institué en 1945 alors qu'à l'époque, les personnes en activité qui arrivaient en fin de carrière n'avaient pas de retraite. La solution trouvée est bien simple : ce sont les cotisations réglées par les personnes en activité qui allaient financer les retraites des personnes âgées. A ce moment là, le rapport entre le nombre de personnes en activité et le nombre de personnes retraitées était de l'ordre de 5/1. La durée de vie moyenne ne dépassait pas 62 ans, on partait à la retraite à 65 ans et on commençait à travailler tôt, souvent avant 20 ans, une petite proportion de jeunes poursuivant des études supérieures. Donc les cotisations étaient peu élevées et la retraite d'un niveau apprécié.

 

Depuis la création de ce système il y a plus de 70 ans, la situation a complètement changé et un effet de ciseau continu a mis le système en perdition ; de plus, en 1981, une décision politique a été prise à contresens de l'évolution démographique et qui s'avère catastrophique pour la survie du système : l'âge de départ à la retraite a été porté à 60 ans, augmentant d'un coup le montant des retraites à verser et diminuant le montant global des cotisations perçues. C'est un effet de ciseau brutal qui s'est ajouté à l'évolution continue de la démographie et de la baisse de la durée de la vie active.

Année après année, la durée de vie moyenne augmente, augmentant le nombre de personnes touchant une retraite et le montant global à verser ; ainsi en 2018, l'espérance de vie moyenne à la naissance est de plus de 82 ans et l'espérance de vie à 65 ans est de plus de 86 ans ! En parallèle, les jeunes poursuivent de plus en plus tard des études supérieures, retardant le moment où ils commencent à travailler et donc à cotiser, ce qui amoindrit la population active.

 

Pour la plupart des pays avancés comme le nôtre, en vue de maintenir un régime de retraite viable et compatible avec la durée de plus en plus longue de la vie après le départ à la retraite, la solution évidente est de reporter au plus vite l'âge de départ à la retraite à 65 ans et par la suite à 67 ans ou même 70 ans. Ceci a en particulier, l'avantage d'avoir un effet structurant immédiat. Cette décision devrait être couplée avec des mesures renforcées pour les personnes ayant eu un métier pénible et/ou une carrière très longue, leur permettant un départ largement prématuré. La peur des politiques de mettre en place une telle mesure est proprement scandaleuse ; elle confirme une absence de courage, de vision et une propension à reporter à plus tard les décisions difficiles.

Cette mesure permettrait de maintenir l'indexation de toutes les retraites au moins sur l'inflation et peut-être même sur l'augmentation moyenne des salaires, sans augmenter les cotisations. La politique actuelle de bloquer les retraites et d'augmenter les cotisations si nécessaire, est récessive – dans le sens où elle diminue la richesse de tout le monde. En fait, elle contribue à la situation de croissance faible à laquelle nous sommes confrontés depuis plusieurs années.

 

Un autre mesure dont l'effet se ferait sentir plus lentement, est de mettre en place de véritables fonds de pension qui prendraient le relais des retraites par répartition lesquelles sont d'un rendement global faible. On constate d'ailleurs que le rendement actuel des retraites par répartition est négatif, puisqu'un montant de cotisation donné conduit à une retraite dont le montant diminue, une fois l'inflation prise en compte. Les fonds déposés pour les retraites par capitalisation bénéficient en fait de la croissance globale de l'économie qui depuis le début de la révolution industrielle, a été plus rapide que l'inflation et donc plus rapide que le potentiel des retraites par répartition. Vous noterez que dans de nombreux pays, les retraites par capitalisation via des fonds de pension ou autres, obtiennent des résultats bien meilleurs que notre système ; la différence est absolument effarante selon la proportion de capitalisation par rapport à la répartition : ainsi les taux de cotisation à la retraite (employé plus employeur) en pourcentage du salaire mensuel moyen sont en Nouvelle-Zélande, aux Pays-Bas, en Allemagne et en France, respectivement 6 %, 12 %, 18 % et 27 %, avec 100% de capitalisation en Nouvelle Zélande et 100% de répartition en France, et un système mixte aux Pays-Bas et en Allemagne. En parallèle, la durée de vie active est de 40 ans en Nouvelle Zélande et 35 ans en France. Au bout, le montant des retraites est similaire dans les deux pays. Et les dépenses de retraite représentent 6 % du PIB en Nouvelle-Zélande et 13 % en France soit une différence de 160 milliards d'euros pour la France (*).

 

Qui a raison ? Que pourrions-nous faire de ces 160 milliards au lieu de les engloutir chaque année dans ce merveilleux système par répartition, modèle dont parait-il nous sommes si fiers mais que personne n'imite ?

 

(*) estimations de Xavier Fontanet, ancien PDG d'Essilor

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31 mars 2019 7 31 /03 /mars /2019 20:10

La décision de la commissaire européenne à la concurrence interdisant la fusion entre Alstom et la division ferroviaire de Siemens a provoqué de nombreuses réactions dans la presse et parmi les politiques français, notamment au gouvernement. Ce qui est remarquable est que les syndicats ont manifesté leur satisfaction à l'annonce de cette décision. N'ont-ils pas raison face à un projet de mécano industriel dont on peut douter qu'il crée réellement de la valeur et des emplois ?

 

Ce battage médiatique m'amène à quelques réflexions. L'on se bagarre curieusement sur la restructuration supposée nécessaire d'une industrie qui a plus de 150 ans d'âge et dont la production est déjà fortement concentrée. Cette industrie construit du matériel où l'innovation technique est très limitée et la croissance des ventes encore plus limitée. A l'évidence, une fusion entre deux entreprises concurrentes conduirait à des efforts de rationalisation, de réduction des coûts et très probablement à des réductions de personnel – en cela on peut qualifier l'attitude des politiques, notamment de ceux qui nous gouvernent, d'irresponsable.

De plus, même si les discours convenus prétendent qu'il s'agira d'une fusion entre égaux, bien naïfs sont ceux qui le croient. Il n'y a pas de fusion entre égaux, l'une des entreprises prend toujours le pas sur l'autre. C'est comme cela que Lafarge est devenue une filiale d'Holcim. Qui souhaite qu'Alstom devienne une filiale de Siemens ?

Plus grave, nous avons affaire à deux entreprises plus que centenaires, dont les cultures sont différentes ; en particulier les modes de management de projet dans les groupes allemands et français sont notoirement différents et même opposés : très rapidement ceci générera des blocages et des incompréhensions, de l'inefficacité, des pertes de temps et des difficultés pour agir rapidement.

 

Un élément remarquable qui devrait nous convaincre : les Etats-Unis ont très peu de présence dans ce domaine industriel et leur dernier constructeur de locomotive a été mis en faillite il y n'y a pas longtemps. Ils investissent plutôt dans des projets futuristes comme Hyperloop. Sommes-nous sur la bonne voie quand nous prêtons tant d'attention à cette industrie vieillissante, à la merci de nouvelles technologies, radicalement innovantes – pensons à Joseph Schumpeter, économiste auteur de la "destruction créatrice" ?

 

Le prétexte à ce projet de fusion est la menace supposée du mastodonte chinois qui fait déjà actuellement un chiffre d'affaires double de ce que ferait le groupe Siemens-Alstom réuni. Ce mastodonte fait plus de 90% de son chiffre d'affaires en Chine et contrairement à ce qui est souvent dit, ne remporte pas, loin de là, tous les marchés à l'export. Si ce groupe bénéficie d'aides d'État – ce qui est quasi certain, de financements de connivence de la part des banques chinoises, ce qui est également certain, la concurrence sur les marchés export est déloyale. De plus la Chine en Afrique notamment, prête abondamment de l'argent aux états impécunieux pour qu'ils achètent des équipements Chinois et lancent des projets d'infrastructures notamment ferroviaires. A l'évidence, ce n'est pas parce qu'Alstom et Siemens fusionneraient que cela changerait un iota de la situation. Pour cela, et c'est moins facile pour nos politiques, il faudrait batailler à l'OMC, au G20 et sur d'autres forums internationaux. En particulier, il faudrait continuer d'avancer avec les pays africains sur des relations équilibrées de partenaires, les aider à développer leur économie en totale autonomie ; ces derniers se rendront compte bientôt qu'ils sont en train de se faire coloniser économiquement par la Chine.

A l'opposé, la situation actuelle de concurrence entre Alstom et Siemens permet aux clients de choisir entre des solutions différentes et pas seulement entre deux mastodontes Chinois et Européen.

 

Sur ce plan, les clients du monde entier, bien au-delà des pays européens hors Allemagne et France qui ont bataillé contre la fusion – ce que la presse et les politiques oublient de mentionner, seront heureux de constater : merci Margrethe Vestager.

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26 février 2019 2 26 /02 /février /2019 22:19

Sans bruit médiatique, le physicien Gérard Mourou a reçu le prix Nobel de physique 2018 avec son ancienne étudiante, la Canadienne Donna Strickland ; c'est en honneur de leur invention, la technique laser de l'amplification à dérive de fréquence ou "chirped pulse amplification" (CPA) qui permet d'obtenir des puissances considérables à des niveaux crête de quelques petawatts (PW : 10 1015W) pendant des durées de l'ordre du femtoseconde (fs : 10-15 seconde ou un milliardième de microseconde).

Donna Strickland est ainsi la troisième femme à recevoir le prix Nobel de physique après Marie Curie en 1903 et Maria Goeppert Mayer en 1963.

 

La technique CPA est connu des radaristes depuis plus de 50 ans et appliquée aux lasers depuis 30 ans. Schématiquement cette technique consiste en la dilatation dans le temps d'une impulsion courte avec un réseau, suivie d'une amplification et d'une compression dans le temps avec un autre réseau. Le résultat est une impulsion de très grande puissance de durée infinitésimale.

 

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26 janvier 2019 6 26 /01 /janvier /2019 21:07

Fondée en 2008 par Richard Ollier, Giroptic a annoncé sa liquidation le 5 mars 2018. Et pourtant, en 2017, elle a vendu 20 000 caméras 360º, soit 10% du marché mondial.

Que s'est-il passé ?

 

Giroptic a commencé à faire parler d'elle le 4 juillet 2014 en annonçant sa nouvelle caméra 360cam sur la plateforme Kickstarter de crowdfunding. Cette caméra étanche, conçue pour la réalité virtuelle et capable de filmer à 360°, en haute définition, sans qu'un logiciel soit nécessaire pour fusionner l'image, était proposée en pré commande à $499 pièce. En 45 jours, Giroptic a levé 1,4 millions $ en pré commandes avec une promesse de livrer en décembre 2014, 95% des commandes provenant hors de France. C'est à ce moment que les soucis ont surgi : le produit était encore à l'état de prototype et il a fallu près de 2 ans pour commencer à livrer les clients, en avril 2016. Comme souvent, il y a très loin du prototype même fonctionnel au produit fini.

 

Lors de la campagne sur Kickstarter, l'équipe de Giroptic ne comprenait que 10 personnes. Fin 2015, ils étaient 30 et en avril 2016, 45 ! Simplement, l'industrialisation a été "très" difficile et il apparait que la mise au point et l'organisation de la production ont été longue à mettre en place. De plus, il a fallu maintenir le contact et tranquilliser les quelques 4000 clients de la première heure, une communauté – selon les termes de Richard Ollier, sur laquelle Giroptic s'est appuyée pour affiner les caractéristiques du produit ! Il est certain qu'une campagne Kickstarter comme celle qu'a menée Giroptic, permet d'accéder à une foule de clients réels et motivés – puisqu'ils ont payé leur pré commandes, et dont l'opinion est très précieuse. Autre super avantage : ces clients sont situés dans le monde entier et cela permet d'être très rapidement présent sur une foule de marchés.

 

Mais le risque est élevé, si on n'arrive pas à satisfaire ces clients de la première heure - early adopters, dans des temps raisonnables. Ils ne tarderont pas alors à se manifester sur la "toile" en critiquant les retards, et peut-être les carences d'assistance et les problèmes de qualité ou de conformité aux attentes notamment en termes de performances. L'attente jusqu'à avril 2016 a dû sembler très longue à tous ces clients.

 

Malgré cela, Giroptic a su convaincre une belle brochette d'investisseurs en levant 4,5 millions $ le 15 décembre 2015. Il s'agissait de : Partech Ventures, 360 Capital Partners, SOSV, Finorpa, Pascal Cagni (fondateur de C4 Ventures), Oleg Tscheltzoff (fondateur de Fotolia), le rappeur Aloe Blacc. Pourtant, à ce moment-là, la production des 360cam n'avait pas réellement commencé, mais il devait y avoir une présérie et un besoin pressant de financement supplémentaire pour démarrer la production avec des sous-traitants très probablement exigeants, demandant des acomptes car ils n'avaient aucun historique de confiance avec Giroptic.

 

Mais cela n'était pas suffisant, et en pleine accélération de la production, Giroptic a dû une nouvelle fois rechercher des fonds sous la forme d'obligations convertibles avec l'accélérateur SOSV, les 1er septembre 2016 et 11 décembre 2017.

La pression de la concurrence est devenue très forte en 2017, avec des produits venant d'acteurs beaucoup plus gros qui ont lancé la caméra Theta (Ricoh), la Gear 360 (Samsung) ou la Cam 360 (LG). Giroptic a annoncé d'urgence un autre produit qui se montait directement sur un smartphone, l'iO 360 à un prix de 250 €, supérieur à la concurrence, mais semble-t'il avec des performances insuffisantes.

Et quelques semaines après, en mars 2018, Giroptic a annoncé sa liquidation.

 

A priori, on peut penser que le principal problème de Giroptic a été un lancement prématuré de ses produits, avec des problèmes de jeunesse et un retard dans les livraisons.

 

Mais en fait, cette histoire se résume essentiellement en un manque de ressources financières : les fonds levés de l'ordre de 6 millions € font vraiment pale figure, face à des concurrents aux moyens bien supérieurs qui ont inondé le marché alors que Giroptic se débattait pour lancer sa production avec des équipes à peine constituées, des moyens limités et des difficultés pour établir une logistique d'approvisionnement.

 

Quelle autre stratégie pour Giroptic ?

 

Malgré ses moyens limités, Giroptic avait l'ambition d'aborder le marché mondial grand public, face à des acteurs puissants, coréens et autres japonais. C'était certainement un pari improbable. Une autre stratégie était-elle possible ?

On peut imaginer que Giroptic aurait dû se positionner nettement sur le haut de gamme, là où la concurrence est plus limitée, avec une clientèle sans doute plus exigeante mais appréciant des performances de plus haut niveau.

Cela parait souvent la voie pour créer un marque de qualité, capable de vendre à des prix élevés, et qui peut par la suite descendre à la fois en prix et en performances tout en conservant une solide image. Un bel exemple de ce type de stratégie est celui de Devialet dans les équipements audio haut de gamme

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18 janvier 2019 5 18 /01 /janvier /2019 16:29

Une catastrophe naturelle de plus a touché la région de l'Aude dans la nuit du 14 au 15 octobre 2018. Les politiques se sont manifestés très vite pour faire part de « l'émotion et de la solidarité de toute la nation ». Ces inondations rappellent celles des 12-13 novembre 1999 qui avaient occasionné, dans la même région, 25 décès, 200 000 personnes sinistrées et 610 M€ de dommages selon Les Echos. Cette fois-ci, le bilan provisoire est de 11 morts et la crue de l'Aude approche le record de 1891. En fait, dans cette région, les crues torrentielles sont fréquentes, avec une périodicité au moins décennale.

 

Les PAPI et Vigicrues Flash

Des programmes d'action de prévention des inondations PAPI sont en cours pour investir dans des réalisations diverses pour réduire l'effet des crues dans la région : construction de digues, re-calibrage des cours d'eau, suppression de piliers de ponts, création de bassins de rétention,... De 2006 à 2014, 81 M€ ont été ainsi investis par les collectivités avec l'aide de l'État. Et les collectivités se plaignent de la lenteur d'exécution de ces investissements et que les crédits tardent à être consommés.

 

Un dispositif d'alerte Vigicrues Flash se met en place pour les mairies. On note en passant qu'une alerte reçue par une mairie un dimanche soir a peu de chance d'atteindre les premiers intéressés, les habitants de la commune. Ce dispositif paraît très insuffisant comparé aux possibilités techniques actuelles de joindre les personnes concernées. Pourquoi, n'y aurait-il pas un dispositif d'envoi en nombre de textos à tous les habitants de la commune (qui souhaiteraient être abonnées?)

 

En fait tous les plans évoqués ne visent que les effets secondaires de ces intempéries exceptionnelles. Cela fait penser à Fukushima : on construit des digues pour empêcher les inondations. Manque de chance, le prochain tsunami — le prochain orage dans le cas de l'Aude, est plus violent que prévu et les digues sont inopérantes.

 

Des ouvrages conjurant les catastrophes récurrentes

Et pourtant il nous arrive que, face à des conditions naturelles catastrophiques et récurrentes, on finisse par réaliser des ouvrages qui suppriment ces conditions et remédient largement aux causes sinon en limitent les effets.

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Un bel exemple est celui du Riou Bourdoux dans la vallée de l'Ubaye, qui au XIXè siècle, suite aux orages, envahissait régulièrement la vallée de boues schisteuses noires qu'on ne pouvait stopper. Le déboisement intense de la montagne que les gens du pays pratiquaient à l'époque, pour augmenter les surfaces cultivées et consacrées à l'élevage, ne faisait qu'empirer la situation. Jusqu'au jour où l'Ubaye a failli être barrée par le torrent de boue. Alors de grands travaux ont été entrepris : reboisement de tout le versant, construction de petits barrages en escalier tout le long du torrent. Ces petits barrages empêchent la boue d'être entrainée et de poursuivre sa descente vers la vallée. Le reboisement systématique de la montagne a permis d'éviter que les pluies se transforment quasi instantanément en torrent : l'eau des pluies d'orage est retenue par la végétation et s'écoule lentement. Depuis la réalisation de ces travaux, il y a 150 ans et leur entretien par les Eaux et Forêts, on ne parle plus du Riou Bourdoux, sauf pour y faire des randonnées.

 

J'observe qu'on semble avoir oublié cette leçon plus haut dans la vallée de l'Ubaye, car les torrents de Faucon et du Bourget, envahissent régulièrement les terres autour leur lit et passent au-dessus de la route principale qui parcoure la vallée. Les maires accordent des permis de construire dans les zones inondables et il semble que le style des petits barrages du Riou Bourdoux n'ont pas encore été adoptés pour ces torrents.

 

Un exemple d'une toute autre dimension est la construction du barrage de Serre-Ponçon en 1960, après plus d'un siècle d'études. Sa réalisation a été longuement différée parce que les techniques et technologies n'existaient pas encore pour résoudre les difficultés d'une construction sur un terrain incertain et peu solide. Ce barrage a vraiment transformé la vallée de la Durance en domptant le fleuve, régularisant les crues torrentielles de l'amont, éliminant les inondations et en irriguant les terres agricoles sur plus de 100 km. Et grosse cerise sur le gâteau, le lac de Serre-Ponçon est devenu un espace de loisir et de vacances dont le succès grandit chaque année.

 

Clairement, dans chaque cas ci-dessus, on s'est attaqué à la source des catastrophes pour en supprimer les effets de manière durable et avec des conséquences bénéfiques.

 

Pourquoi ne lance-t'on pas un projet de ce type pour supprimer définitivement les conséquences des crues torrentielles et régulariser le débit des cours d'eau dans l'Aude ?

On peut certainement imaginer la construction d'une série de barrages en amont des zones habitées qui pourraient être largement vidés hors de la saison des orages, qui constitueraient des tampons lors des orages avec un débit limité. En parallèle, il serait bon de poursuivre des actions de reboisement des versants pour augmenter la capacité d'absorption des terrains et réduire l'érosion. Et la cerise sur le gâteau serait au moins une production d'électricité à la place de crues désordonnées et dévastatrices.

 

Il semble que l'Etat n'ait pas le courage de lancer ce type de projet et préfère continuer à soigner les effets, alors que les gens du pays peuvent légitimement considérer qu'ils sont abandonnés, au moins partiellement. Le choc des inondations et des destructions massives n'est pas seulement économique, il atteint aussi le moral et la volonté des gens de rester où il sont, dans ces terres auxquelles ils tiennent.

C'est alors à la région et aux collectivités locales de se mobiliser, de lancer des études, d'interpeller EDF pour qu'elle s'attelle à des études concrètes.

Mais vont-ils y aller ou attendre la prochaine catastrophe ?

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31 décembre 2018 1 31 /12 /décembre /2018 20:26

Le 13 novembre 2018, Blablacar annonce qu'elle rachète pour un montant non dévoilé la filiale de cars longue distance de la SNCF, Ouibus – appelée idBus lors de son lancement en 2012. A regarder les chiffres cités dans cette annonce, on peut s'interroger sur la valeur de ce montant  : en 2017, Ouibus a perdu 35 M€ sur un chiffre d'affaires de 55 M€, en achetant littéralement 12 millions de voyageurs soit 40% du marché, ce qui constituait parait-il, un énorme succès. Je ne peux que féliciter tous ces voyageurs qui ont su bénéficier de ces prix cassés.

Ouibus a accumulé 165 M€ de pertes de 2013 à 2017 et au moins 25 M€ en 2018. Mais c'est une goutte d'eau dans l'océan des 40 milliards € de pertes de la SNCF que l'Etat s'est fait un plaisir de reprendre en 2018 pour les mettre à la charge de tous les contribuables français d'aujourd'hui et des décennies futures

 

Il est aussi annoncé que SNCF achève de modifier le modèle économique de Ouibus en confiant 90% de l'activité à des sous-traitants et des "franchisés". Franchement, on peut espérer que notre cher groupe public n'a pas dépensé un centime dans l'achat de cars et qu'elle n'a pas recruté de chauffeurs. On peut comprendre que ce modèle économique convienne à Blablacar : cette dernière n'est qu'un intermédiaire de mise en relation, elle ne possède aucun véhicule, ce sont les automobilistes qui les fournissent et en sont les chauffeurs. Avec des bus détenus par ces sous-traitants et conduits par leurs chauffeurs, c'est cohérent.

Il est cependant douteux que la stratégie des prix cassés soit poursuivie : l'intérêt de Blablacar n'est certainement pas de remplir les cars à tout prix, ce ne sont pas les siens. On peut imaginer que Blablacar s'appuiera sur sa plateforme et son réseau européen : c'est le message actuellement diffusé. Mais comment développer une offre transnationale avec des sous-traitants et franchisés qui sont certainement présents très majoritairement dans une seul pays ? alors que les deux grands concurrents que sont Transdev et Flixbus sont déjà solidement implantés dans la plupart des pays d'Europe. Il a bien été annoncé que Ouibus n'a développé une activité qu'en France, donc avec des sous-traitants français

L'abandon du nom Ouibus est déjà annoncé et je ne serais pas étonné que l'on ait du mal à trouver un nouveau nom et que cette activité va doucement disparaître, ce qui permettra à la SNCF de sauver la face ! il parait donc logique que le montant du rachat soit proche de 1 € et la boucle est bouclée.

 

Un abandon prévisible

 

Mon fidèle lecteur peut relire l'article du 13 juin 2015 à http://le.gargaillou.over-blog.net/2015/06/la-guerre-des-bus-aura-t-elle-lieu.html : l'échec de Deutsche Bahn face à Flixbus après moins de 3 ans de guerre des bus en Allemagne laissait prévoir celui de SNCF face à ce même Flixbus et Isilines, filiale de Transdev.

Toute la communication prédisant que les cars Macron prendraient le marché du covoiturage s'est avérée fausse dans l'esprit des stratèges de la SNCF : en fait avec Ouibus en France, SNCF a vite considéré que c'était un concurrent des TGV qui se manifestait. Se débarasser de Ouibus devenait nécessaire avec la mise en oeuvre des TGV "lowcost" Ouigo 

Toutefois dans de nombreux pays, les cars longue distance se sont développés, créant une nouvelle offre économiquement viable parallèle aux trains. C'est le cas en Espagne, au Royaume-Uni, en Allemagne. Explication : la SNCF a de tels coûts fixes, qu'il lui est impératif de remplir tous ses trains au maximum et de ramasser la plus grande part de marché possible, là où ses trains circulent. Dans les autres pays, les concurrents ont appris à s'adapter. A quand la restructuration drastique que l'on ne cesse de différer ?

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19 décembre 2018 3 19 /12 /décembre /2018 17:55

M2I Life Sciences fondée en 2012 par l'intégration de la plateforme de R&D Holis Technologies à Lacq et du site de production Solvay Organics (SORF) à Salins de Giraud, développe des solutions alternatives aux insecticides conventionnels pour protéger les cultures et les forêts.

 

Selon Olivier Guerret, vice-président du Groupe M2I, lors d'une intervention récente, les solutions élaborées à partir des phéromones émises par les insectes femelles nuisibles sont l'avenir pour une agriculture durable à la fois respectueuse de la diversité et de l'environnement et capable de bons rendements. Les phéromones sont des parfums que les insectes femelles émettent pour attirer les mâles. Lorsque cette émission est forte, les mâles sont confus et ne fécondent pas les femelles, ce qui stoppe leur reproduction et leur prolifération.

 

Reproduites fidèlement en laboratoire, les phéromones sont encapsulées et stockées dans l'eau pour éviter toute diffusion avant le largage sur les terrains à traiter ; les capsules sont spécialement conçues pour assurer une diffusion sur 80 jours, une durée suffisante pour bloquer la contamination par les insectes saisonniers. Le procédé n'éradique pas complètement les insectes, avec un taux d'environ 99%, ce qui préserve la diversité de l'environnement. Mais le résultat est très satisfaisant pour assurer de bonnes récoltes ou maintenir les forêts en bon état sanitaire.

 

Le premier traitement que M2I a lancé avec succès est celui du carpocapse des pommiers. Les développements se poursuivent sur la noctuelle de la tomate, le lobesia de la vigne et le processionnaire du pin.

 

A l'opposé des insecticides qui s'accumulent année après année et polluent bien au-delà des surfaces traitées, les phéromones sont efficaces à des niveaux mille fois plus faibles et disparaissent après leur diffusion.

 

Ces technologies de bio contrôle paraissent pleines d'avenir. Leur utilisation est encore relativement freinée par des règlementations qui les assimilent à des insecticides. Mais c'est en train d'évoluer au moins en France, et par extension en Europe.

 

On peut souhaiter une belle réussite à M2I et surtout une ambition qui devrait s'étendre vite à toute la planète.

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30 novembre 2018 5 30 /11 /novembre /2018 16:11

Il est aisé d'observer qu'avant la révolution industrielle, les capacités de construction de logements, de bâtiments publics, de châteaux, églises et autres monuments étaient limitées : l'on utilisait généralement les matériaux disponibles sur place, la pierre des carrières et le bois des forêts avoisinantes. Faire venir des matériaux particuliers de loin comme le marbre de Carrare ou le bois de cèdre du Liban, était extrêmement coûteux et rare. Par exemple, la présence de nombreux châteaux dans la Vallée de la Loire est bien sûr liée à l'agrément et à la douceur du climat de la région mais elle a surtout été réussie grâce à l'existence de carrières de calcaire au grain fin et à la couleur crème clair, un calcaire facile à tailler et élégant.

 

Avec la révolution industrielle et le développement des moyens de transport et des inventions comme celle du ciment par Louis Vicat ou du béton précontraint par Eugène Freyssinet, la construction métallique et surtout en béton s'est développée rapidement. Cela a permis l'expansion des agglomérations, des bâtiments industriels, des réseaux routiers et ferrés, des ports, des aéroports,...

 

Cette expansion rapide et bénéfique sous bien des aspects, a cependant un coût élevé pour notre planète : les matériaux de construction classiques — le béton, l’acier, et l’aluminium — sont, dans leur fabrication, leur transport et leur mise en oeuvre, la source de 20% des émissions de CO2 dans le monde entier. La fabrication du ciment à elle seule, contribue à 5% des émissions de CO2

 

Si les matériaux de construction deviennent taxés en fonction de leurs émissions de CO2, ce qui paraît normal compte tenu de leur très forte contribution à l'effet de serre, leur coût va augmenter de manière radicale. Il deviendra vite impératif de mettre en œuvre d'autres matériaux. Naturellement tous les cimentiers cherchent à réduire leur dépendance au charbon et à améliorer le rendement de leurs installations. Ce ne sera sans doute pas suffisant.

 

Se présentent à nous plusieurs solutions qui seront complémentaires :

 

Le "ciment vert" que la jeune pousse Hoffmann Green Cement Technologies va commencer à produire dans la première usine pilote de ciment vert inaugurée en novembre 2018, à Bournezeau en Vendée. Elle met en œuvre une technologie développée par le chimiste David Hoffmann et l'entrepreneur Julien Blanchard qui permet de produire du ciment à partir d'argile et d'additifs qui entraînent une activation alcaline de l'argile. Au lieu d'une cuisson longue à 1400°C nécessaire pour produire le ciment traditionnel, le ciment vert nécessite seulement une cuisson flash de 5 secondes à 750°C. Un béton fabriqué avec ce ciment aurait la même résistance à la compression qu'un béton classique mais une meilleure tenue au feu jusqu'à 1 100°C contre 600°C pour le béton classique.

Il en résulte que la production de ciment vert émettrait 4 fois moins de CO2 que le ciment traditionnel.

 

Le bois qui est largement sous-exploité notamment en France, parce qu'il est prétendument moins compétitif. En fait, il est évident, que toutes les entreprises de construction, la plupart des architectes et les fournisseurs de matériaux sont imprégnés par la culture du béton et du métal. Toutes leurs organisations, leur savoir-faire et leurs techniques sont orientés vers son usage. D'autres pays comme les pays nordiques ou l'Amérique du Nord mettent en œuvre la construction en bois depuis de longues années et certainement avec des coûts compétitifs. Avec l'augmentation de la taxe carbone, le bois va devenir plus compétitif, nous deviendrons plus vertueux, et les usages du bois pour la construction décolleront dans notre cher pays. Naturellement, il faudra mieux organiser l'exploitation des forêts pour leur assurer un avenir durable.
Deux difficultés ont limité l'utilisation du bois : sa durabilité limitée et ses propriétés mécaniques parfois incertaines. Il semble que ces dernières deviennent de mieux en mieux appréciées, à la vue du nombre croissant d'immeubles en bois de plus en plus hauts.

 

Le béton de terre est constitué d'argile, de sable, de gravier et d'eau où l'argile joue le rôle de liant, le gravier et le sable le squelette interne et l'eau le lubrifiant. Il est utilisé depuis longtemps sous le nom de pisé ou de torchis. L'ajout d'éléments comme la chaux, la potasse ou la soude, ou de fibres végétales améliorent ses caractéristiques mécaniques. Sa mise en oeuvre est peu consommatrice en énergie mais sa résistance est limitée

 

Le CFS, Carbon Fiber Stone est un nouveau matériau développé par la jeune pousse TechnoCarbon qui présente un ensemble de qualités innovantes qui devraient selon ses créateurs lui permettre de pénétrer une grande part du marché de la construction. Ce matériau combine le granit et la fibre de carbone, un composite plus léger et plus résistant que l'aluminium ou l'acier. Sa fabrication ne rejetterait pas de CO2, la version BioCF bientôt sur le marché, peut même en capturer !

 

 

 

 

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